Direct Soir n°216 5 oct 2007
Direct Soir n°216 5 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°216 de 5 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Patrick Modiano à la recherche de la jeunesse perdue

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°216/Vendredi 5 octobre 2007 8 EN COUVERTURE Si l’on habite près d’une gare, cela change complètement la vie. On a l’impression d’être de passage. Rien n’est jamais définitif. Un jour ou l’autre, on monte dans un train. La petite bijou (2001) l’éloigner du quai de Conti. C’est dans cette même ville de Bordeaux que grandit le héros des Boulevards de ceinture (Gallimard, 1972, Grand prix du roman de l’Académie française), sans connaître son père, qu’il retrouve finalement à Paris à 17 ans. Dans ce livre, Modiano raconte sa vie en négatif, un père qu’il n’a jamais connu et qu’il a perdu quand il a refusé de s’installer en Gironde. Dans Un pedigree, il écrit après avoir raconté cet épisode : « Et les jours, les mois passent. Et les saisons. Quelquefois je voudrais revenir en arrière et revivre toutes ces années mieux que je ne les ai vécues. Mais comment ? » COLLABORATION AVEC CATHERINE DENEUVE L’œuvre considérable de Patrick Modiano semble vouloir sans cesse de répondre à cette interrogation. Une œuvre qui ne se limite pas à la littérature. En 1974, il écrit les dialogues de Lacombe Lucien, le chef-d’œuvre de Louis Malle. Quatre TROIS ROMANS DE PATRICK MODIANO DR L’œuvre de Patrick Modiano est tout entière tournée vers l’enfance perdue. « VILLA TRISTE » ans plus tard, il obtient le prix Goncourt pour Rue des boutiques obscures. Sempé, Aubier, Jean-Paul Rappeneau, Françoise Hardy (pour qui il écrit des chansons). Avec tous ces profils prestigieux qu’il croise, il cherche et dessine des vies qui reviennent toujours sur les thèmes de cette jeunesse, qui le hante et qui souvent se brise. Il écrira en collaboration avec Catherine Deneuve une biographie de Françoise Dorléac, sœur de l’actrice et inoubliable demoiselle de Rochefort, brutalement disparue à l’âge de 25 ans dans un accident de voiture (Elle s’appelait Françoise, Canal +, 1996). ■ Paru en 1975 – l’auteur a 30 ans –, ce roman raconte la recherche d’un temps perdu dans une petite ville française, au bord d’un lac, près de la Suisse. Le narrateur revient sur les lieux d’un amour passé, où l’angoisse le saisit devant des lieux qui ont disparu avec le temps. Dans cet ouvrage, la quête de la stabilité et des repères se heurte aux mensonges d’un été perdu. DR L’AIMÉ DU PUBLIC A travers cette œuvre singulière, avec cette écriture qui raconte tout en pudeur et sait se taire, Patrick Modiano a conquis un public toujours plus nombreux. Il est presque impossible de sortir de ces lieux et de ces histoires, si personnelles qu’elles en deviennent universelles. Peut-être parce que, malgré une culture littéraire surprenante chez un homme qui n’a jamais fait d’études après son bac, la pudeur laisse toute sa place au lecteur. Un peu comme Louki, l’héroïne du Café de la jeunesse perdue, dont il raconte dès les premières lignes du roman : « Des deux entrées du café, elle empruntait toujours la plus étroite, celle qu’on appelait la porte de l’ombre. Elle choisissait la même table au fond de la petite salle ». C’est sur ces petites tables qu’il invite le lecteur à saisir le temps qui passe et s’arrête sur les drames qui nous construisent sans emphase. Inlassablement, il répond à son « Mais comment ? » En se souvenant de la phrase de Léon Bloy qu’il recopiait à Annecy : « L’homme a des endroits de son pauvre cœur qui n’existent pas encore et où la douleur entre afin qu’ils soient ». En écrivant un roman de ces « douleurs pour rien, de celles dont on ne peut même pas faire un poème ». Un roman qui, puisque Modiano a déjà reçu tous les prix littéraires, se situe au dessus de tous les autres ouvrages de la rentrée. « RUE DES BOUTIQUES OBSCURES » ■ Prix Goncourt 1978, ce roman raconte l’histoire d’un détective privé parti sur les traces d’un inconnu disparu depuis des années. L’ouvrage est traversé par les apparitions des témoins de la jeunesse du disparu. Au fur et à mesure qu’avance son travail, le détective s’identifie de plus en plus avec l’inconnu. DR C. HÉLIE/GALLIMARD C. SCHOUSBOE/DIRECT8 Philippe Labro. Extrait de Je connais des gens de toutes sortes (Gallimard, 2002) « Il ne traîne pas. Il ne flâne pas. Il ne rêve pas. Il travaille ! » ■ « Son regard perdu recherche toujours avec autant d’angoisse le pourquoi des relations humaines, la source des déchirements familiaux, la confrontation avec le cynisme ou la cruauté, les choix qui font et défont une vie d’adulte. Encore faudrait-il qu’il accepte le mot d’adulte, on le rencontre peu dans son écriture ou son vocabulaire ; pour lui, la frontière entre l’enfance et ce qui ne l’est plus reste indéfinissable et pourtant, magistralement, sans jamais rien démontrer, il parvient à la définir. Il trompera toujours autant son monde. Car ce géant aux apparences fragiles possède sans doute d’insondables ressources de volonté et d’opiniâtreté et ses faux airs de paresseux contrarié ou de dilettante éthéré dissimulent la permanente quête du mot qui convient, du rythme qui sied, de l’image qui frappe, de la petite tache de couleur dans le gris des choses ; il creuse sans cesse son sillon. Regardez-le traîner dans je ne sais quelle impasse du 18 e arrondissement ou quelle allée des Buttes-Chaumont. Il ne traîne pas. Il ne flâne pas. Il ne rêve pas. Il travaille ! Modiano, comme tout romancier, travaille tout le temps. » Philippe Labro est également l’auteur de Franz et Clara, qui vient de paraître dans la collection Folio. VU PAR « UN PEDIGREE » ■ Ce récit autobiographique, paru il y a deux ans, raconte la jeunesse de l’auteur, ses rencontres avec l’entourage de ses parents qui le délaissent et une vie qui prend peu à peu tournure, de cafés du Quartier latin en wagons de seconde classe bondés. L’auteur revient avec pudeur et lucidité sur ces événements, qui n’ont cessé d’alimenter son œuvre. DR
IllET TE



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