Direct Soir n°202 17 sep 2007
Direct Soir n°202 17 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°202 de 17 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 283) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Bernard Kouchner franc-parler au quai d'Orsay

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°202/Lundi 17 septembre 2007 6 EN COUVERTURE LA SURPRISE DE L’OUVERTURE À GAUCHE EST DÉSORMAIS PASSÉE. POUR LES MINISTRES, LE TEMPS DU LYRISME EST ACHEVÉ, CELUI DES DOSSIERS COMMENCE. FIDÈLE À SES CONVICTIONS, DANS UN STYLE QUI LUI EST PROPRE, BERNARD KOUCHNER DOIT SUIVRE UNE FEUILLE DE ROUTE AMBITIEUSE. Bernard Kouchner Sur tous les fronts N. QUIDU/GAMMA
ABACA www.directsoir.net Devant le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, Bernard Kouchner n’a pas écarté, hier soir, la possibilité d’une frappe sur l’Iran en réponse ultime au programme nucléaire de Mahmoud Ahmadinejad. Ces déclarations tranchantes, saluées ce matin par Israël, qualifiées d’« extrémistes » par l’Iran, corroborées par le secrétaire d’Etat américain à la Défense, Robert Gates, sont venues clore l’une des semaines les plus denses du ministre des Affaires étrangères depuis son arrivée au Quai d’Orsay. Accompagnant lundi dernier le président de la République au sommet informel franco-allemand de Meseberg, il a observés les raidissements d’Angela Merkel face aux nouvelles méthodes de la diplomatie française. Qu’il s’agisse du mini-traité européen, de la libération des infirmières bulgares, de la politique énergétique européenne ou du difficile respect par la France des critères de Maastricht. A peine cette conférence était-elle achevée qu’il s’envolait vers le Proche- Orient, région du monde qui exige aujourd’hui le plus de doigté diplomatique. Une intervention sur une question locale implique des répercussions en chaîne sur toutes les problématiques régionales : qu’il s’agisse des relations entre Israël et les Palestiniens, de l’énergie nucléaire en Iran, de la guerre civile en Irak, de l’ambiguïté de la Syrie face au terrorisme et notamment celui du Hezbollah, de la complexité du paysage politique libanais, de la déstabilisation possible de l’Egypte par les Frères musulmans, ou des questions énergétiques dans les monarchies arabes travaillées par l’intégrisme wahabite. LE TERRAIN D’ABORD Au cours de son périple, qui l’a mené de la Cisjordanie au Liban en passant par Israël, la Jordanie et l’Egypte, il a enchaîné les rencontres (Mahmoud Abbas, Tzipi Livni, Abdallah de Jordanie, Hosni Moubarak) et s’est efforcé non seulement de s’imprégner de la situation avant l’assemblée générale de l’ONU prévue à la fin du mois, mais aussi d’impliquer la France sur l’échiquier géopolitique du Proche-Orient où la diplomatie américaine est parfois hégémonique. C’est ainsi qu’il a obtenu de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, la participation de la France à la grande conférence sur la paix au Proche- Orient voulue par les Etats-Unis et prévue pour le mois de novembre, et à laquelle la participation de la France n’était pas, semble-t-il, envisagée. Bernard Kouchner s’est voulu optimiste pendant son voyage. « J’ai profondément ressenti que quelque chose se passait entre Israéliens et Palestiniens », déclarait-il mercredi dernier. Au-delà des paroles apaisantes, le ministre des Affaires étrangères a aussi mis l’accent sur des questions très concrètes comme la création – souhaitable selon lui – d’un Etat palestinien à court terme, impliquant en particulier la destruction du mur dressé par Israël et le démantèlement des colonies juives implantées en Cisjordanie. Sur le dossier libanais, qui lui tient particulièrement à cœur, il a appelé à la réalisation d’un consensus de la classe politique locale autour du prochain Président, EN COUVERTURE 7 Le Proche-Orient, la Colombie, l’Iran, le Darfour, l’Union européenne, les Etats-Unis… Depuis son arrivée au Quai d’Orsay, Bernard Kouchner multiplie les interventions sur les dossiers les plus délicats. L’ancien « french doctor » est en pleine action. « Ni « faucon », ni « colombe », la direction bicéphale des Affaires étrangères se veut finalement ouverte et pragmatique » Ne nous perdons pas dans des grilles d’analyse trop complexes. Nous savons qu’il n’y a qu’une seule approche qui vaille : celle du terrain, épreuve redoutable, là où se construit la diplomatie française. Devant les ambassadeurs, le 27 août, à Paris qui doit être élu à partir du 25 septembre. Servi par l’actualité, alors qu’il arrivait à Beyrouth jeudi dernier, l’opposition antisyrienne annonçait son ralliement à une solution de compromis avancée par les tendances proches de Damas et de Téhéran. Son commentaire est sobre : « Une petite avancée ». A peine revenu à Paris, il recevait vendredi son homologue irakien, Hoshyar Zebari. La visite du ministre Bernard Kouchner à Bagdad le 19 août, a été qualifiée d’« historique » par le président irakien Jalal Talabani. RÉPARTITION DES RÔLES L’arrivée de Bernard Kouchner à la tête de la diplomatie française en mai dernier avait beaucoup agité les esprits. Au PS naturellement – sa famille politique d’origine –, mais aussi parmi les sarkozystes historiques. Les uns pensaient qu’ils seraient un ministre fantoche, tandis que les autres craignaient l’abandon des vues diplomatiques exposées par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne. Ces critiques se sont tues depuis. Le tandem qu’il forme avec le président de la République est aussi atypique qu’actif sur la scène internationale. L’opinion publique s’est manifestement bien accommodée de cette situation puisque Bernard Kouchner continue à bénéficier auprès d’elle d’une cote de popularité exceptionnelle (75% selon le tableau de bord Ifop-Paris Match de septembre). L’opposition a cessé de fonder sa critique de Bernard Kouchner sur la « trahison » du parti socialiste, et réserve désormais ses flèches à la pratique diplomatique elle-même, régulièrement qualifiée d’« atlantiste ». Seul élément salué par la gauche, notamment par Pierre Moscovici (PS) ou Paul Giacobbi (PRG) : la poursuite des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, en décalage avec les promesses de la campagne. La conférence des ambassadeurs, qui marquait la rentrée diplomatique, a permis de mieux comprendre les rapports entre Nicolas Sarkozy et son ministre. Le 27 août, le président de la République y a présenté les grandes lignes de la diplomatie française pour le quinquennat. Il en a ensuite défini les modalités et l’organisation dans la lettre de mission remise à Bernard Kouchner le même jour. PRIORITÉS DIPLOMATIQUES Parmi les défis de la diplomatie française, Nicolas Sarkozy a défini trois objectifs prioritaires : prévenir une confrontation entre l’Occident et l’islam, « voulue par les groupes extrémistes comme al- Qaida qui rêvent d’instaurer […] un kha- W. KHUZALE/POOL/EPA/SIPA



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