Direct Soir n°197 10 sep 2007
Direct Soir n°197 10 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°197 de 10 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Mahmoud Abbas batir la paix au Proche-Orient

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°197/Lundi 10 septembre 2007 6 EN COUVERTURE MAHMOUD ABBAS, 72 ANS, PRÉSIDENT DE L’AUTORITÉ PALESTINIENNE, EST L’UN DES MEMBRES FONDATEURS DE L’OLP. LORSQU’IL SUCCÈDE À YASSER ARAFAT EN 2006, IL DOIT SAUVER LE PROCESSUS DE PAIX, MAIS SURTOUT L’UNITÉ PALESTINIENNE. UNE MISSION DIFFICILE POUR UN HOMME DÉTERMINÉ, PRAGMATIQUE ET DISCRET. Mahmoud Abbas Un Président pragmatique R. STRASSER/GAMMA
M. DOHRM/ABACA www.directsoir.net En rencontrant aujourd’hui Ehud Olmert, le Premier ministre israélien, afin de préparer la grande conférence sur la paix au Proche-Orient prévue à l’Automne, Mahmoud Abbas présente un statut paradoxal. Affaibli sur la scène palestinienne depuis le mois de juin, il est plus que jamais l’interlocuteur privilégié de la diplomatie internationale. Le Hamas s’empare de Gaza lors d’émeutes qui ressemblent à un coup d’Etat. 113 morts et une succession d’incidents obligent Mahmoud Abbas à limoger son Premier ministre, Ismaël Haniyeh, leader des radicaux du Hamas, et à reprendre à zéro les négociations avec les Israéliens, les Américains, les Européens et les pays arabes. M. Abbas s’est toujours opposé à la lutte armée contre l’Etat hébreu et n’entend pas en faire son mode de gouvernance. Le 4 juillet dernier, il déclarait : « Ce qu’a fait le Hamas est un crime contre la nation et un putsch militaire. Les responsables de ces actes sont Ismaïl Haniyeh et d’autres de ce mouvement. » Et d’ajouter : « Lorsqu’ils auront admis leur responsabilité dans ce putsch et changeront la situation sur le terrain, alors nous réfléchirons [à un possible dialogue], mais pour le moment il n’y aura pas de dialogue avec eux. » En attendant, le président de l’Autorité palestinienne essaie d’obtenir une amélioration de la situation en Cisjordanie où il s’est replié. UNE ENFANCE PALESTINIENNE Le réalisme le pousse à prendre des mesures difficiles, comme il y a quelques jours, lorsqu’il édicte une nouvelle loi électorale clairement dirigée contre le Hamas, dans l’optique d’élections législatives anticipées. Face aux armes, il veut restaurer l’Etat de droit. En éternel pragmatique, Mahmoud Abbas sait qu’il tient dans ces moments critiques une chance historique de faire avancer la cause palestinienne en transformant la Cisjordanie en mini-Etat. Et pour cela, il sait que la seule solution est de travailler avec les Israéliens. Mahmoud Abbas est né en 1935 à Safed, en Galilée, aujourd’hui en territoire israélien. Après une enfance marquée par les affrontements entre Juifs et Arabes, il doit fuir en 1948. La première guerre israélo-arabe fait rage, le jeune Etat hébreu lutte pour conquérir et contrôler le territoire que l’ONU lui a accordé quelques mois plus tôt. Les pays arabes luttent pour conserver le contrôle de la région. Un affrontement qui se fait au prix de l’exode forcé de ceux qui deviendront, et restent à ce jour, les réfugiés palestiniens. La famille Abbas se retrouve à Damas, en Syrie. C’est là que Mahmoud fait ses études, avant de suivre un doctorat d’Histoire à Moscou. De retour dans la région, l’homme discret et brillant prend vite de hautes responsabilités dans la diaspora palestinienne réfugiée dans le Golfe. On le retrouve quelques années plus tard parmi les fondateurs de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), en 1959, aux côtés de Yasser Arafat. Les deux hommes partageront l’exil en Jordanie, au Liban et enfin en Tunisie. Pendant ces années, Abou Mazen (nom de guerre de Mahmoud Abbas) prend conscience qu’il faut négocier avec les Israéliens et sortir de la seule confrontation armée. Pas à pas, rationnellement, il engage le dialogue. Une logique de cercles concentriques. D’abord avec les EN COUVERTURE 7 Mahmoud Abbas ne croit pas à l’affrontement. L’homme est patient et calme. Il refuse une guerre absolue entre son parti, le Fatah, et ses adversaires radicaux du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza. Le président de l’autorité palestinienne reste fidèle à son idéal palestinien et à sa doctrine personnelle : le pragmatisme. Pas à pas, rationnellement, « il engage le dialogue avec l’ennemi. » Mahmoud Abbas, au premier rang, signe les accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. Au deuxième rang, de gauche à droite : Yitzhak Rabin, Bill Clinton et Yasser Arafat. Ce qu’a fait le Hamas est un crime contre la nation et un putsch militaire. Israéliens antisionistes et l’extrême-gauche, puis avec des cercles de plus en plus larges et légitimes, comme des députés travaillistes. Son objectif est de parvenir à dialoguer avec les franges les plus dures et religieuses de la société israélienne. Il est déjà persuadé que, malgré sa complexité, celleci n’aspire qu’à la sécurité et à la tranquillité. Le véritable tournant s’opère au début des années 1990. Yasser Arafat, qui vient de soutenir Saddam Hussein pendant la première guerre du Golfe, sent qu’il est affaibli et que le processus israélo-arabe de Madrid s’enlise dans des logiques qui dépassent de loin la cause palestinienne. LA TRAVERSÉE DU DÉSERT Mahmoud Abbas, respecté par les Israéliens comme les Américains, commence alors à nouer une série de contacts secrets. Ceux-ci déboucheront sur les accords d’Oslo – la poignée de main historique entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin –, mais surtout sur la première ébauche du plan de paix entre Israéliens et Palestiniens. Abou Mazen revient en Palestine en 1995, à 60 ans. Il devient alors Secrétaire général de l’OLP. A partir de là, il voit la situation se dégrader lentement. Mais, fidèle à luimême, il préfère croire en la raison et fuir la confrontation, et va s’effacer au profit de Yasser Arafat. Ce dernier, pris dans les paradoxes de l’identité palestinienne en devenir, hésite. Il ne renonce pas complètement à la lutte armée et durcit peu à peu le ton face aux successeurs de Rabin. A tel point que Mahmoud Abbas confessera quelques années plus tard que la rencontre de Camp David en 2000 était vouée à l’échec. Et alors que le vieux raïs se lance dans la politique du pire en orchestrant et en soutenant la deuxième Intifada, Mahmoud Abbas attend son heure. Quand Jérusalem et Washington refusent de dialoguer avec Yasser Arafat, le Quartette (ONU, Etats-Unis, Russie, Union européenne) l’impose comme Premier ministre et élabore avec lui la fameuse « feuille de route », qui prévoit la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Alors, l’hostilité du Hamas et du Djihad islamique (mouvements radicaux partisans de la lutte armée) se cristallise sur lui. Hostilité alimentée par Yasser Arafat qui cherche à le déstabiliser. AFP



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