Direct Soir n°174 20 jun 2007
Direct Soir n°174 20 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°174 de 20 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Dominique Strauss-Kahn veut moderniser le PS

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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S. ORTOLA/REA Directsoir N°174/Mercredi 20 juin 2007 6 EN COUVERTURE Dominique Strauss-Kahn « Disponible » pour la rénovation APRÈS LES ÉCHECS SOCIALISTES AUX ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLE ET LÉGISLATIVES, DOMINIQUE STRAUSS-KAHN VEUT RÉNOVER SON PARTI, AU RISQUE DE PROVOQUER DES GRINCEMENTS DE DENTS. ET POUR DYNAMISER LE COURANT SOCIAL-DÉMOCRATE AU SEIN DU PS, L’ANCIEN MINISTRE DE LIONEL JOSPIN SEMBLE RÉSOLU À ADOPTER UN TON QUI DÉRANGE.
S. ORTOLA/REA www.directsoir.net Al’issue d’une interview donnée à Jean-Michel Apathie hier matin sur RTL, Dominique Strauss- Kahn se laisse aller à quelques confidences « off ». Critiquant un PS sclérosé, il a décidé de démissionner à la rentrée du bureau national du parti. « Cela ne m’amuse plus de passer deux heures pour savoir où on va mettre la virgule sur un communiqué que personne ne lira » ironise-t-il. Pour DSK, l’urgence est grande : l’heure est à la refondation. L’APPEL À LA RÉNOVATION Depuis la défaite de Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle, l’ancien ministre de l’Economie ne cache pas ses intentions et prêche sans relâche pour la rénovation du PS. « Je suis disponible », faisait-il savoir le soir du 6 mai sur le plateau de France 2, avant de livrer son premier diagnostic : « Depuis cinq ans, nous ne nous sommes pas renouvelés, en nous laissant bercer par les illusions des victoires aux régionales et aux européennes de 2004. Les Français ne veulent plus de solutions qui ont vingt ans. La rénovation sociale-démocrate que j’ai initiée ne l’a pas encore emporté dans le camp socialiste. Il faut maintenant mettre en œuvre ce renouveau, c’est la condition de l’espoir. » L’ENTREPRISE DE SÉDUCTION Durant toute la campagne des législatives, DSK s’est employé à faire valoir son message. Lancé dans un tour de France des circonscriptions pour soutenir les candidats socialistes aux élections législatives, il en a profité pour engager le dialogue avec les sympathisants. A chaque réunion, il déplore les réponses décalées « apportées par le PS » et cite fréquemment la « leçon de réalisme » reçue d’un ouvrier de la Marne, qui lui témoignait sa crainte de voir son entreprise être délocalisée si le SMIC passait à 1500 euros. Cependant, le challenger de Ségolène Royal à la primaire socialiste de novembre 2006 – il avait recueilli 20,83% des suffrages contre 60,62% pour la candidate à la présidentielle – sait qu’il doit convaincre. Un mois après la défaite au second tour de l’élection présidentielle, l’accueil qui lui est réservé par les militants reste mitigé. Les banderilles qu’il a décochées à la candidate du PS n’y sont pas étrangères. DSK ne se décourage pas et affirme : « mai 1981 est venu de loin, d’Epinay, et même de 1969, de la défaite et de la volonté de reconstruction. Il y avait une stratégie, un projet, un parti. Je vis la situation comme en 1969 : tout doit être remis à plat, sans tabou. Il faut tout reconsidérer. » L’ÉCONOMISTE DU PS Avant de batailler en première ligne, Dominique Strauss-Kahn s’est longtemps contenté de rôles secondaires au sein du parti socialiste. Bien que son cursus universitaire lui permette en 1981 de prétendre entrer dans un cabinet ministériel. Titulaire d’une licence de droit, diplômé de Sciences-Po, d’HEC et agrégé de sciences économiques, il choisit contre toute attente d’endosser le rôle d’expert économique de Lionel Jospin, alors tout juste élu premier secrétaire du PS. En 1986, il décroche son premier mandat de député en Haute-Savoie avant, deux ans plus tard, de devenir député du Val-d’Oise. C’est finalement au cours de l’année 1991 qu’il fait son entrée au gouvernement, désigné par François Mitterrand pour être ministre délégué à l’Industrie et au commerce extérieur. Un passage de courte durée qui s’achève avec la défaite des socialistes aux élections législatives de 1993. LE TEMPS DES ÉPREUVES Suite à la dissolution de 1997, il signe son retour comme ministre de l’Economie et des finances du gouvernement Jospin. Très apprécié des milieux économiques, il mène notamment à bien le passage de la France dans la zone euro. Mais le 2 novembre 1999, il encaisse son premier coup dur. Suspecté d’avoir bénéficié d’une rémunération de complaisance dans l’affaire de la Mnef, il est contraint de démissionner de ses fonctions ministérielles. Sa carrière politique s’interrompt brutalement. Les critiques s’abattent sur lui, venues aussi bien des rangs de l’opposition que de son propre camp. DSK est confronté à l’acharnement des juges, qui multiplient contre lui griefs et incriminations. Sa vie est bouleversée. LE RETOUR EN POLITIQUE Le calvaire prend fin en 2001, lorsque le tribunal correctionnel de Paris le lave de tout soupçon. Il peut dès lors reprendre sa carrière politique. Mais il reste EN COUVERTURE 7 Réélu député du Val-d’Oise, Dominique Strauss-Kahn veut participer à la rénovation du parti socialiste. Fervent partisan de la social-démocratie, il souhaite parvenir à réconcilier la gauche avec l’économie. S’il est susceptible de succéder à François Hollande, il a fait part, hier, de son souhait de quitter le bureau national du parti socialiste, lassé par les querelles. Bouffée de lassitude ou nouvelle stratégie ? « Les gens veulent une gauche du réel » J’ai mis du temps, au fond, à identifier en France la force du courant social-démocrate. Il a fallu notre échec de 2002 pour que j’admette que j’étais le seul à pouvoir porter ce courant au sein du PS. Dominique Strauss-Kahn. cependant en retrait. En compagnie de Jean-Christophe Cambadélis et de Pierre Moscovici, il fonde le groupe Socialisme et Démocratie. C’est finalement la défaite de Lionel Jospin au premier tour de l’élection présidentielle de 2002 qui le propulse sur le devant de la scène : « J’ai mis du temps, au fond, à identifier en France la force du courant social-démocrate. Il a fallu notre échec de 2002 pour que j’admette que j’étais le seul à pouvoir porter ce courant au sein du PS. » Peu à peu, il s’applique à casser l’image de dilettante qui lui colle à la peau depuis toujours. Car si ses compétences sont largement reconnues et appréciées, sa volonté d’aboutir soulève quant à elle quelques points d’interrogation. « C’est vrai, avoue-t-il, je ne rêve pas depuis tout petit d’être Président, comme beaucoup de fous dans ce milieu. » En cela, sa candidature lors de la dernière primaire socialiste lui a permis de vaincre de nombreux sceptiques. Avec sa compagne Anne Sinclair, durant les universités d’été du PS, le 28 août 2005 à La Rochelle. LE PASSAGE À L’OFFENSIVE Aujourd’hui, bien qu’il affirme ne souhaiter aucun rôle formel (« l’organisation d’un parti m’intéresse modérément »), Dominique Strauss-Kahn entend prendre toute sa place dans la rénovation du PS. Il n’hésite pas à mettre les pieds dans le plat. S’il assume sa part de responsabilité dans l’échec de la présidentielle 2007 – « On est tous responsables à la mesure des responsabilités qu’on a exercées » – il s’est montré très critique à l’égard du premier secrétaire du PS, François Hollande. Invité de RMC/BFM-TV le 14 mai dernier, il déclare que « François Hollande est le principal responsable de la défaite présidentielle ». Hier encore sur RTL, il estimait que François Hollande n’était pas le mieux placé pour conduire l’opération de rénovation. Ces commentaires au vitriol lui ont valu des reproches. Pour autant, il assure ne rien regretter « C’est dans l’intérêt de la gauche, fait-il valoir. Si on ne pousse pas à cette mise en cause, je crains qu’elle n’ait pas lieu ». MOUSSE/ABACAPRESS



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