Direct Soir n°170 14 jun 2007
Direct Soir n°170 14 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°170 de 14 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Sandrine Bonnaire un sourire à Cabourg

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°170/Jeudi 14 juin 2007 6 EN COUVERTURE INVITÉE AU FESTIVAL DU FILM ROMANTIQUE DE CABOURG, QUI S’OUVRE AUJOURD’HUI, SANDRINE BONNAIRE MULTIPLIE LES TALENTS. ACTRICE ET DÉSORMAIS RÉALISATRICE, ELLE A PRÉSENTÉ À LA QUINZAINE DES RÉALISATEURS, À CANNES, UN PORTRAIT SENSIBLE DÉDIÉ À SA SŒUR AUTISTE. Sandrine Bonnaire Entre gravité et tendresse FTW.STARFACE
DR www.directsoir.net Pour son premier film, un documentaire présenté à Cannes lors de la quinzaine des réalisateurs, Sandrine Bonnaire a invité le public à poser un regard bienveillant sur sa sœur et à s’interroger sur le quotidien de ceux qui souffrent d’autisme. Elle s’appelle Sabine, ou la vie au jour le jour de sa sœur cadette. Ce documentaire, Sandrine Bonnaire l’a tourné entre juin 2006 et janvier 2007, en Charente, au sein de l’APEC (Agir pour la protection, l’éducation et la citoyenneté), une association qui anime des structures spécialisées dans la prise en charge des troubles mentaux. Endroit insolite pour un film ? Un lieu évident pour Sandrine Bonnaire, puisqu’il s’agit d’aider sa sœur et de donner à réfléchir sur ces maladies mentales. JEU DE MIROIRS Sandrine suit sa sœur, sans épargner le spectateur et sans détourner les yeux, souligne la critique, lorsque cette dernière se montre violente envers ellemême et les autres. Sandrine, derrière sa caméra, dévisage sa sœur pour raconter son quotidien. Les seconds rôles, à qui le film rend aussi hommage, sont les autres pensionnaires, les aide-soignants, les éducateurs. Sandrine a mêlé aux images actuelles d’autres vidéos, venues de plus loin, des bribes de moments intimes. Des vidéos de l’époque passée et regrettée, avant le décès de leur frère aîné. Le souvenir d’un voyage à New York en Concorde, d’une villa au bord de la mer. La disparition de ce frère aîné, c’est le point de départ de la descente aux enfers de Sabine. Suivront cinq années d’internement dans un hôpital psychiatrique. Comment parler de cela, partager ? Sandrine raconte le calvaire de sa sœur et se raconte aussi. PHOTO DE FAMILLE La réalisatrice présente sa sœur chérie, celle dont elle est la plus proches ; Sabine est de deux ans sa cadette. Que Sandrine Bonnaire parle de sa famille, cela étonne un peu, et pourtant, on est prêt à écouter, tant l’actrice est proche. Sa naturelle simplicité pourrait lui donner les traits d’un membre de la famille, ceux d’une cousine, un peu effacée, que l’on verrait rarement, mais que l’on recevrait toujours avec plaisir le dimanche à table. De ces repas de famille, Sandrine ne parle pas et pourtant elle est la septième de dix enfants. De ses proches, jusqu’alors on connaissait un peu le père, ajusteur – elle dit de lui « c’est un homme droit et lucide » – qui lui a permis de trouver un équilibre. A propos de sa mère, Sandrine est encore moins loquace. Elle raconte que cette femme, témoin de Jehovah, traumatisait ses enfants en leur annonçant régulièrement la fin du monde. ADIEU LE SALON DE COIFFURE De l’Auvergne où elle est née, Sandrine Bonnaire passe son enfance dans la région parisienne, à Grigny, dans l’Essonne. A la maison, la télé reste allumée en permanence, personne n’y prête attention, les plus jeunes enfants, dont Sandrine et Sabine, s’inventent des jeux. Sur les bancs de l’école, Sandrine aligne des journées sans fin et difficiles ; elle s’inscrit sans conviction dans un CAP de coiffure. Sandrine a quinze ans lorsqu’elle se rend, presque par hasard, à un casting organisé par le père d’un ami. Cela va la conduire à faire de la figuration sur le film de Claude Pinoteau, La Boum 2. Elle fera aussi une apparition dans Les sous doués en vacances, de Claude Zidi. Deux expériences, rien de plus pour Sandrine. En revanche, quelques mois EN COUVERTURE 7 Sa présence va éclairer le Festival du film romantique de Cabourg, qui s’ouvre aujourd’hui. Sandrine Bonnaire y retrouvera sa famille cinématographique. A Cannes, lors de la quinzaine des réalisateurs, l’actrice fétiche de Maurice Pialat a présenté son premier film, un documentaire personnel et poignant. Egérie du cinéma d’auteur, Sandrine Bonnaire choisit ces dernières années des films plus « grand public ». Elle reçoit le César de la meilleure actrice en 1985 pour Sans toit ni loi plus tard, elle accompagne une autre de ses sœurs à un autre casting. Maurice Pialat auditionne pour Les meurtriers. C’est Sandrine qu’il choisit, mais le film ne se fera jamais. L’histoire aurait pu s’achever là, mais Maurice, Pialat qui ne l’a pas oubliée, va lui offrir le premier rôle dans A nos amours. Grâce à sa prestation, Sandrine Bonnaire obtient le César du meilleur espoir féminin en 1984. Sa carrière est lancée. ACTRICE FETICHE DE PIALAT Après la première récompense de la profession, les propositions se multiplient. Sandrine Bonnaire joue dans deux films de Marc Angelo, un polar, Tir à vue (1984) et une comédie romantique, Le meilleur de la vie (1985). Elle retrouve ensuite Maurice Pialat en 1985, pour Police. Cette même année, Agnès Varda lui offre le rôle intense, violent, presque physique, de Mona, fille rebelle à la dérive, dans Sans toit ni loi. Sandrine se place à la hauteur des espoirs que l’académie des César avait placé en elle, son interprétation lui vaut une confirmation, le César de la meilleure actrice. Sandrine enchaîne les films. Elle sera dirigée par quelques-uns des plus grands réalisateurs français. Jacques Doillon dans La puritaine (1986), Claude Sautet dans Quelques jours avec moi (1988), la même année par Patrice Leconte dans Monsieur Hire, au côté d’un énigmatique et surprenant Michel Blanc. On n’avait pas tellement besoin de parler au fond. Je crois que c’est pour cela qu’il (Maurice Pialat) m’aimait bien, c’est que j’étais complètement pure dans le métier. Je n’étais pas contaminée à l’époque, j’étais totalement innocente. LA PALME D’OR CONTESTEE Tout au long de sa carrière, Sandrine Bonnaire s’est illustrée dans un registre plutôt sombre. Elle avoue elle-même que « son apparence doit évoquer la gravité ». L’un de ses plus beaux rôles, le plus retentissant peut-être, est celui qu’elle interprète dans Sous le soleil de Satan. En 1987, Maurice Pialat décide de porter à l’écran le roman de Georges Bernanos. La jeune Mouchette, adolescente perdue, meurtrière de son amant, prendra les traits de Sandrine, au côté de Gérard Depardieu transformé en abbé torturé, qui tente de résister à ses démons. Le film est sélectionné à Cannes, face à Chronique d’une mort annoncée, de Francesco Rosi, Les ailes du désir de Wim Wenders, ou encore La Famille de Ettore Scola. Yves Montant préside le jury qui attribue la Palme d’or au film de Pialat. Une Palme contestée. Le réalisateur reçoit son prix sous les sifflets. Avec le sourire et beaucoup de panache, Pialat prononce une petite phrase cinglante : « Je vous remercie pour tous ces sifflets que vous m’adressez. Et si vous ne m’aimez pas, je ne vous aime pas non plus ! » A l’époque, Michel Braudeau, journaliste au Monde, écrit : KCS PRESSE



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