Direct Soir n°157 25 mai 2007
Direct Soir n°157 25 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°157 de 25 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (222 x 292) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : Martin Scorsese le cinéma au coeur

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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R.FOKKS/CORBIS 14 EN COMPÉTITION SPÉCIAL FESTIVAL DE CANNES La déferlante américaine Hier, la Croisette a été submergée par le raz-de-marée Ocean’s 13. Offrant la montée des marches la plus vertigineuse de cette 60 e édition, le film de Steven Soderbergh a complètement éclipsé Alexandra d’Alexandre Sokourov et Secret Sunshine de Lee Chang-dong, pourtant programmés en compétition officielle. George, Brad, Matt, Andy, Don… tous étaient réunis à Cannes pour célébrer les retrouvailles des célèbres pilleurs de coffres-forts des casinos de Las Vegas. Dans ce nouvel épisode, la belle bande de truands est déterminée à user de toute son inventivité et de ses gadgets technologiques pour s’emparer de la collection de parures en diamants du patron de casino le plus mégalo du pays. Ce dernier est impeccablement campé par Al Pacino, invité surprise et numéro 13 de cet opus, mais absent de Cannes. Lors de la conférence de presse du film, ses turbulents camarades ne se sont d’ailleurs pas privés de s’amuser du caractère particulier de l’acteur de légende. A 44 ans, Steven Soderbergh étoffe ainsi un peu plus encore la distribution de rêve choisie pour Ocean’s 13, adaptation de L’inconnu de Las Vegas, comédie policière de Lewis Milestone. Surdoué, le réalisateur n’a plus à prouver ses talents de cinéaste. Le plus jeune lauréat de la Palme d’or (en 1989 pour Sexe, mensonges et vidéo) alterne à son gré films d’auteur et productions hollywoodiennes. Selon lui, « réaliser un long-métrage dit d’amusement est d’ailleurs plus compliqué que faire des œuvres sérieuses ». La recette n’a pas évolué depuis le premier épisode : un défilé des plus belles gueules d’Hollywood, costards de luxe INTERVIEW Harmony Korine, réalisateur de « Mister Lonely », sélection Un certain regard. Pourquoi avoir fait un film sur des sosies ? Je trouvais intéressante et étrange l’idée que des personnes puissent vivre dans la peau d’un autre. Beaucoup de gens se contentent d’acheter les disques, les films ou les livres de ceux qu’ils admirent. Eux, cela ne leur suffit pas. Vos sosies vivent en communauté dans un château d’Ecosse. Dans mes films, je me suis toujours intéressé aux personnes qui évoluent en dehors de la société, qui veulent créer leur propre monde. J’ai d’ailleurs moi-même grandi dans une communauté. L’équipe de rêve d’Ocean’s 13, hier à Cannes, devant le Palais des Festivals, avant la projection du film. et lunettes de soleil, sourires complices et allusions à peine voilées à la vie privée (Brad met en garde George sur sa ligne, et celui-ci lui conseille de se retirer et de faire des enfants). Des acteurs au metteur en scène, tout le monde cabotine, pour le plus grand plaisir du spectateur. Le débarquement américain à Cannes continue aujourd’hui, avec la présentation de La nuit nous appartient (We own the night) de James Gray. Sept ans après son précédent long-métrage, The Yards, le réalisateur propose à nouveau un drame familial à New York, et convie le même duo Pourquoi avoir fait appel à Denis Lavant pour incarner le sosie de Charlie Chaplin ? C’est un de mes acteurs préférés. J’ai d’ailleurs écrit ce rôle pour lui. Il aurait très bien pu faire du muet. La façon dont il bouge ses bras ou son corps offre une vraie beauté. En 1995, vous aviez été révélé à Cannes en tant que scénariste du film culte Kids, de Larry Clark. C’était fou. Je n’avais que 22 ans. Je vivais chez ma grand-mère, je n’avais pas d’argent, et tout d’un coup, je me suis retrouvé sur le tapis rouge. Pourquoi n’avoir pas tourné de films pendant huit ans ? Je sentais qu’il fallait que je fasse une pause, je n’étais plus content de qui j’étais. Puis, après plusieurs années, j’ai à nouveau eu des visions de cinéma. Quand elles sont devenues trop pressantes, je me suis dit qu’il fallait se remettre au travail. GAFFIOT/STEPH/POOL/VISUAL d’acteurs : Joaquin Phoenix et Mark Wahlberg. L’intrigue se situe à la fin des années 1980. Bobby dirige une boîte de nuit contrôlée par la mafia russe. Son frère et son père sont policiers. Alors que la tension monte entre les deux camps, il va devoir choisir entre famille de sang ou d’adoption. La trame est des plus classiques, mais James Gray parvient à lui insuffler une vraie noirceur. Et Joaquin Phoenix, acteur le plus doué de sa génération, se charge de lui donner une épaisseur toute shakespearienne. Alysson Paradis Actrice dans « A l’intérieur ». Film présenté dans le cadre de la Semaine de la critique. En salle le 13 juin. A l’intérieur est un thriller réaliste et radical, flirtant avec l’horreur. Quelle a été votre première réaction à la lecture du scénario ? J’ai eu un coup de foudre pour les deux jeunes réalisateurs, et le côté film d’horreur ne me dérange pas. J’aime le trash. Béatrice Dalle, qui cherche à vous tuer dans le film, est-elle aussi folle à la vie qu’à l’écran ? Pas du tout ! C’est la fille la plus calme que je connaisse. Elle dit qu’elle est « une pâquerette déguisée en piège à loup ». Je trouve cela très vrai. Béatrice est une belle rencontre. Car c’est une femme sensible et authentique. Je pense que notre respect mutuel se ressent dans le film. Vous vous appelez Paradis, mais ce film est une descente aux enfers… C’est normal, mes amis m’appellent Alysson Paradoxe ! Paradis : un nom difficile à porter pour vous ? Vanessa et moi sommes très proches, très copines. Mon nom a, pendant longtemps, été associé au sien, mais pour la première fois, grâce à ce film, les gens se rendent compte que je suis la fille de mon père avant d’être « la petite sœur de… » Qu’attendez-vous du Festival de Cannes ? Je suis contente pour les garçons car ils concourent pour la Caméra d’or. Autrement, j’hallucine, je trouve que les gens sont trop « à fond ». Je les plains. Moi, j’ai l’impression d’être Cendrillon. Hier, j’ai monté les marches : deux heures de maquillage, autant pour la coiffure. Et une robe sublime, mais je sais que c’est factice. Je suis très contente de retrouver mes tongs quand je rentre chez moi. AFP DR Directsoir N°157/Vendredi 25 mai 2007 Palme d’or à une trentaine de journalistes BRÈVES Gilles Jacob, président du Festival a décerné hier des médailles d’honneur aux journalistes originaires d’une vingtaine de pays, qui suivent Cannes depuis de nombreuses années. Le doyen est Angelo Maccario, journaliste italien de 80 ans, qui était présent en 1946 lors de la première édition. Egalement honoré : le Français Mario Gurrieri, 71 ans, sur la Croisette depuis 1959. Une occasion pour Gilles Jacob de « rendre hommage à la presse internationale qui a contribué depuis toujours au succès du Festival. » ■ Pour son premier passage derrière la camera, Sandrine Bonnaire filme sa sœur, Sabine, qui est « psycho-infantile avec des comportements autistiques ». L’actrice dénonce les défaillances de prise en charge de cette maladie. Le documentaire est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs. ■ Le film Une vieille maîtresse de Catherine Breillat, troisième et dernier candidat français à la Palme, est présenté aujourd’hui. Asia Argento, Fu’ad Ait Aattou, Roxane Mesquida et Claude Sarraute sont à l’affiche de cette adaptation du roman de Barbey d’Aurevilly. COUP DE CŒUR Lelouch se dévoile Claude Lelouch a utilisé un pseudonyme pour son dernier film. ■ Claude Lelouch et Hervé Picard ne font qu’un. Après les vives critiques faites à son dernier film Les parisiens, le réalisateur français souhaitait diriger sans « la pression du marché ou les contraintes marketing du métier ». C’est donc dans le secret et sous un pseudonyme qu’il a réalisé Roman de gare. Fanny Ardant partage l’affiche avec Dominique Pinon, Myriam Boyer, Zinedine Soualem et Michèle Bernier. L’équipe a monté les marches juste après les acteurs d’Ocean’s 13. Le film devait concourir pour la Caméra d’or. Mais le cinéaste a préféré dévoiler son identité afin de ne pas tomber dans ce qu’il appelle de « l’escroquerie ». Plus de quarante ans après la Palme d’or pour Un homme et une femme, Claude Lelouch défend son dernier film dans le cadre des séances spéciales Hommages du 60e.
DR DR www.directsoir.net Clotilde Hesme, Ludivine Sagnier et Louis Garrel, un tendre trio d’amoureux. Art, culture, société, poil à gratter... DVD Souris City, un Indiana Jones dans les égouts Souris City, des studios Dreamworks et Aardman, offre un beau mélange de scènes d’actions et d’humour farfelu. Les égouts de Londres recèlent des créatures étranges et visqueuses. Ce monde souterrain dans lequel sûrement personne n’aimerait vivre, Roddy, le rat des beaux quartiers de Londres, va y tomber. Lorsque Syd, un vulgaire rat d’égout, tente de s’incruster dans la luxueuse villa où résidait Roddy, celui-ci se fait prendre à son propre piège : il est évacué par la chasse d’eau vers un univers dont il ne soupçonnait même pas l’existence. Il découvre alors un petit monde poisseux et chaotique, plein de limaces, mais où les rats vivent en famille et non en cage. Roddy fait rapidement la connaissance de Rita, jeune et jolie rate dégourdie, courageuse et pleine d’entrain. Tous deux pourchassés par les INTERNET Cannes en ligne ■ Réagir sur l’actualité, la musique, la littérature, les jeux vidéo, la politique, le cinéma ou même le sexe ? C’est possible sur fluctuat.net. Ce site à vocation culturelle se présente comme une interface de blogs mais pas seulement. On y trouve aussi de nombreux dossiers, chroniques ou interviews. Actualité oblige, c’est le festival de Cannes qui inspire en ce moment les blogueurs. www.fluctuat.net hommes de main de l’infâme Crapaud, ils vont vivre des aventures dignes d’Indiana Jones. Dans les bonus, l’espace Dreamworks Kids offre une quantité d’activités pour les enfants : « Apprenez à dessiner Roddy », « Fabriquez une limace » et « Les mélodies de Souris City ». Souris City, de David Bowers et Sam Fell, Dreamworks Home Entertainment, 19,99 €. Avec Les chansons d’amour, Christophe Honoré signe son quatrième long-métrage. PROD DB DREAMWORKS/DR L’amour enchansons Renouvelant le genre de la comédie musicale, Christophe Honoré filme avec grâce le deuil et les sentiments. Alors que la Croisette n’a toujours pas fini de les fredonner, les Chansons d’amour sortent déjà en salle. Le film de Christophe Honoré, présenté à Cannes en compétition officielle, est une comédie musicale.Ou plutôt « un film avec des chansons », précise le réalisateur. Un choix qui s’explique aussi bien par son admiration pour le maître Jacques Demy,que par une amitié de longue date avec l’auteur et compositeur Alex Beaupain. Son complice musicien lui offre ici de belles mélodies pop, dans la lignée d’Etienne Daho.Les Chansons d’amour débutent sur une note légère. Julie (Ludivine Sagnier), Ismaël (Louis Garrel) et Alice (Clotilde Hesme) forment un trio amoureux. Il y a bien quelques jalousies, mais l’ensemble est plutôt joyeux. Comme le dit Ismaël, « la guerre des trois n’aura pas lieu ».Tout d’un coup,alors qu’on ne s’y attend pas,la mort s’invite au bal, et transfigure le film. CULTURE 15 CINÉMA Tout le talent du réalisateur est de traiter ce sujet grave en ne perdant pas son côté aérien.Qu’il évoque le deuil, les souffrances,l’amour avec les filles ou les garçons, il le fait avec grâce. Les chansons participent à cet enchantement,et servent à traduire les sentiments des personnages sans tomber dans la mièvrerie.Quant au casting, il est épatant, à l’image du virevoltant Louis Garrel, acteur fétiche et double du cinéaste. Grand cinéphile, Honoré s’amuse comme toujours à multiplier les références à Truffaut et à la Nouvelle Vague. Alors qu’auparavant, ce surdoué a pu parfois agacer, en étalant trop son intelligence, ici, tout sonne juste.Mieux,il nous bouleverse,comme seule une belle mélodie peut le faire. Après le succès de Dans Paris, Christophe Honoré confirme ainsi qu’un auteur peut aussi devenir un cinéaste populaire. SesChansons d’amour sont un tube en puissance. Les chansons d’amour, de Christophe Honoré. En salle.



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