Direct Soir n°147 9 mai 2007
Direct Soir n°147 9 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°147 de 9 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Emmanuelle Béart sur tous les fronts

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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MICHAEL OCHS ARCHIVES/CORBIS - DR Directsoir N°147/Mercredi 9 mai 2007 10 ECONOMIE Après Marilyn Monroe, d’autres actrices, de Carole Bouquet à Nicole Kidman, ont succombé au N°5. « QUE PORTEZ-VOUS LA NUIT ? » « JUSTE QUELQUES GOUTTES DE N°5 », répond Marilyn Monroe à un journaliste, en 1954. Coco Chanel ne pouvait espérer meilleur slogan publicitaire pour que son parfumentre dans la légende. Si, pour l’actrice hollywoodienne, l’odeur peut remplacer un vêtement léger, pour la célèbre couturière déjà en vogue au début des Années folles, elle fait partie intégrante de la toilette. Dès 1920, Gabrielle Chanel, de son vrai nom, s’intéresse aux parfums. Lors d’une escapade dans le sud de la France, on lui présente Ernest Beaux, chimiste en parfums à Grasse, ville berceau de la parfumerie hexagonale. De cette rencontre naîtra une longue collaboration, jusqu’en 1954. Mademoiselle Chanel, comme l’appellent ses inti- 3 questions à… PATRICIA ROMATET DR Un parfum de femme à odeur de femme mes, souhaite un « parfum de femme à odeur de femme », qui rompt avec les senteurs habituelles. « Je veux donner à la femme un parfum artificiel, je dis bien artificiel, c’est-à-dire fabriqué. Je veux un parfum qui soit composé », précise-t-elle. Et quelle composition ! Durant toute l’année 1921, Ernest Beaux, ancien parfumeur de la cour dutsar de Russie, lui présentera diverses fragrances, obtenues grâce à la combinaison d’au moins 80 ingrédients. De tous les échantillons, elle retiendra, QUELS SONT LES FONDEMENTS DE LA RÉUSSITE DE CHANEL ? La marque a toujours défendu un niveau d’exigence extrêmement élevé, et n’a jamais dérogé à sa ligne de conduite ni à la clarté de son positionnement. Chanel a toujours travaillé des codes visuels qui sont clairs, reconnaissables et emblématiques : le noir et blanc, le matelassage, les chaînes, les perles… Dans le temps, Chanel a su choisir ses égéries, qui ont nourri la marque sans jamais l’abîmer. dit-on, le numéro 5.Au jasmin de Grasse que Coco Chanel fait ajouter, se mêlent néroli, ylang-ylang des Comores, vanille, vétiver bourbon et rose de mai. UN PARFUM RÉVOLUTIONNAIRE Chanel N°5 est une révolution dans le monde de la parfumerie. D’abord par son nom. Mademoiselle choisit avec audace un simple numéro. S’agit-il du cinquième échantillon proposé par Ernest Beaux ou de son chiffre fétiche ? « Je lance ma collection POURQUOI LES MAISONS DE HAUTE COUTURE FABRIQUENT-ELLES AUSSI DES PARFUMS ? L’activité des parfums permet d’abord de construire un univers de marque complet, d’enrichir le patrimoine et de créer une accessibilité avec un niveau de gamme inférieur à celui des accessoires de mode tels que les lunettes, les chaussures et les sacs. Ensuite, sur la dimension économique, le parfum est une source potentielle de marge élevée. Même si les coûts et la fréquence des lancements sont élevés, les parfums ne se soldent pas. « Chanel a su choisir ses égéries » Patricia Romatet, directrice associée du département Etudes et Conseil à l’Institut français de la mode CHANEL : N°5, le numéro un des parfums C’est le parfum le plus vendu au monde. Le N°5 de Chanel est aussi mythique que la maison de couture auquel il appartient. Son nom, son flacon, sa composition : la fragrance a gardé tout son éclat et son mystère au fil des années. le 5 mai, cinquième mois de l’année, laissons-lui le numéro qu’il porte et ce numéro 5 lui portera chance », aurait-elle expliqué pour justifier son étrange appellation. Son chiffre porte-bonheur jalonnera toute sa carrière. Cinq comme le cinquième signe du zodiaque, lion, son signe astrologique, ou comme les cinq félins qui veillent sur sa tombe à Lausanne. C’est aussi le 5 février 1954 que Coco choisit de revenir sur la scène de mode parisienne, après un exil de 14 ans. Mais c’est aussi grâce à son flacon que le N°5 fait la différence. Dessinée par Mademoiselle, la bouteille est simple, aux lignes droites. Aussi sobre qu’une fiole de laboratoire, elle est estampillée d’une étiquette simple, noire sur fond blanc. Dépourvu d’artifices, le N°5 s’impose par son élégance intemporelle. C’est un parfum à l’image de sa conceptrice. Depuis les années 1920, le flacon a été modifié huit fois, mais toujours avec la même exigence de pureté. BEAUCOUP DE MARQUES PROPOSENT DES PRODUITS À BAS PRIX, COMME DES PORTE-CLÉS PAR EXEMPLE. ASSISTE-T-ON DONC À UNE DÉMOCRATISATION DU LUXE ? Le modèle de Pierre Cardin qui a bradé son nom et sa valeur par une diversification extrême et sans contrôle est révolu. Les marques de luxe aujourd’hui ont toutes ou presque repris leur activité en direct et veillent de près à la qualité des déclinaisons de leurs produits quelle que soit leur nature : les petits accessoires sont aussi bien travaillés que les pièces phares. La concurrence des grands acteurs du luxe est devenue telle que chacun s’attache à défendre une identité qui lui soit propre et à l’inscrire dans une politique de long terme.
www.directsoir.net 143 000 C’est le nombre de parfums que les Français achètent en moyenne chaque jour, dont 39 000 pour les hommes. 16000 12000 8000 4000 0 (source : Fédération des industries de la parfumerie) En millions d’ € uros 9 281 1996 UN SUCCÈS IMMÉDIAT Le soir de la création du fameux parfum, Coco Chanel célèbre l’événement dans le meilleur restaurant de Cannes avec quelques amis. « Sous la nappe, elle dissimule un atomiseur et parfume subrepticement les femmes qui passent. L’effet est saisissant. Les dîneurs s’arrêtent, hument l’air, s’interrogent… De retour à Paris, elle rapporte dans ses bagages une multitude de petits flacons qu’elle offre à ses meilleures clientes. Lorsque celles-ci, conquises, en redemandent, Mademoiselle prétend qu’elle n’en a plus, qu’il ne s’agissait que d’un cadeau sans importance, déniché dans une petite boutique de Grasse qu’elle a oubliée. Dans le même temps, les salons de la rue Cambon embaument le N°5. Mademoiselle met tout son entourage sous dépendance. Et lorsque le parfum peut enfin être fabriqué en quantités importantes, le succès est immédiat ».* France 1997 1998 Export 10 016 10 540 11 026 11 892 1999 2000 12 749 2001 Coco Chanel voulait « un parfum qui soit composé ». LE N°5 DANS LE MONDE Le succès est tel que Mademoiselle Chanel souhaite offrir à son parfum le rayonnement qu’il mérite. Elle signe en 1924 avec Pierre Wertheimer, propriétaire de la société Bourjois, un accord pour une Société des parfums Chanel. L’homme d’affaires – dont la famille est toujours à la tête de la maison Chanel aujourd’hui – partira à la conquête des Etats-Unis pour étendre la notoriété du N°5. A la Libération de Paris, les GI’s se bousculaient devant la boutique, au 31 rue Cambon, pour rapporter à leurs femmes un flacon de ce célèbre parfum. Facilement mémorisable, ce chiffre en guise de nom présente l’avantage de ne nécessiter aucune traduction pour être identifié partout dans le monde. Considéré comme une icône du 20 e siècle, le flacon rejoint en 1959 les collections permanentes du musée d’art moderne de la ville de New York. Quelques années plus tard,Andy Warhol l’immortalise en réalisant une déclinaison de neuf sérigraphies. Nombreuses ont été les égéries de ce succès : de Suzy Parker à Nicole Kidman, en passant par Catherine Deneuve, Carole Bouquet ou Estella Warren. Sans oublier, bien sûr, Marylin Monroe.Aujourd’hui, il s’agit du parfum le plus vendu sur la planète. Une référence de Chanel N°5 s’achète dans le monde toutes les cinq secondes. Décidément, le destin de ce parfum semble très lié à ce chiffre mystérieux. *Chanel, mémoire du parfum, de Françoise Aveline, éditions Assouline. PARFUMERIE-COSMÉTIQUE : UN MARCHÉ EN PROGRESSION 13 458 13 680 14 088 14 412 15 229 ■ En dix ans, le marché de la parfumerie-cosmétique (produits capillaires, cosmétiques, de toilette et de parfumerie) a progressé en moyenne de 5% par an. 2002 2003 2004 2005 AFP 2006* *Estimation DR/CHANEL J. DABAGHIAN/REUTERS ECONOMIE 11 La fameuse petite robe noire La chaussure bicolore ■ Pour Mademoiselle Chanel, les souliers, comme elle les appelait, « sont le dernier point de l’élégance. Une femme bien chaussée n’est jamais laide ». L’idée du bicolore lui vient des chaussures de loisirs des hommes. Beige à bout noir avec un élastique sur le côté du pied, la sandale bicolore s’impose en 1957. Les escarpins puis les tennis auront aussi la griffe bicolore. Les couleurs évoluent. Le concept séduit des stars comme Catherine Deneuve, Romy Schneider, Jeanne Moreau, Jane Fonda, Brigitte Bardot… Depuis, les modèles ont changé mais sont toujours bicolores. Le sac matelassé ■ C’est en 1929 qu’apparaît la première version du sac à bandoulière, jusque-là réservé aux militaires sous la forme de besace. Il est signé Chanel. En 1955, Mademoiselle le perfectionne et crée un nouveau modèle connu sous le nom de « 2.55 », auquel elle donne du gonflant et Le camélia se porte désormais en bijou. Les défilés de la maison perpétuent la recherche de l’élégance. La montre J12 ■ En 1987, Chanel se lance dans l’horlogerie, avec un modèle au nom évocateur, « La Première ». Il s’agit d’une montre rectangulaire à pans coupés, qui rappelle le bouchon du flacon du N°5 ainsi que la forme de la place Vendôme. Autre modèle de référence, la « J12 ». Créée en 2000, il s’agit de la première montre Chanel de sport, unisexe, en céramique et à mouvement automatique. En quelques années seulement, la J12 est devenue une icône que Jacques Helleu, son créateur, décline aussi avec des diamants et des chronomètres. ET AUSSI… ■ « Décidément, elles sont trop mal habillées ! Je vais toutes les mettre en noir pour leur apprendre le goût », expliquait mademoiselle Chanel. Considéré jusqu’au début du XX e siècle comme la couleur du deuil, des domestiques ou du clergé, le noir devient avec Chanel la couleur de l’élégance. En novembre 1926, elle publie dans Vogue France le croquis d’une robe noire : un simple fourreau en crêpe, ras-du-cou, manches longues et coupé sous le genou. Le succès est retentissant. Aujourd’hui, le modèle est un grand classique, un passe-partout que toute femme conserve pendant des années. de la tenue. Il devient donc matelassé en losanges. Le double C apparaît en surpiqûres. Derniers détails : le fermoir rectangulaire à tourniquet et la bandoulière en chaîne-gourmette et cuir. Le 2.55 est toujours un grand classique de la maroquinerie, une légende. DR/CHANEL En Chanel jusqu’au bout des pieds. Le camélia ■ Fleur préférée de Mademoiselle, le camélia est devenu l’un des symboles de Chanel. En Asie, cette fleur sans parfum est un symbole de pureté et de longévité. Et elle le savait. Dans ses appartements, il y avait des camélias sur les paravents en provenance de Chine et sur les lustres en cristal. En France, au début du siècle, cette fleur était portée à la boutonnière des dandys et sur les tenues des courtisanes. Dès 1913, Mademoiselle orne la ceinture de sa marinière d’un camélia. Elle l’utilise ensuite pour habiller ses robes. A partir de 1993, la joaillerie le prend comme modèle pour ses créations. DR/CHANEL



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