Direct Soir n°139 5 avr 2007
Direct Soir n°139 5 avr 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°139 de 5 avr 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Nicolas Sarkozy s'engage pour la culture

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir t Jeudi 5 avril 2007 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW MARIE-CLAUDE PIETRAGALLA Danseuse citoyenne Marie-Claude Pietragalla cumule les talents. Danseuse étoile, directrice de ballet, puis chorégraphe, son spectacle « Conditions humaines » est un succès. Conditions humaines rend hommage aux mineurs et s’insurge contre l’exploitation de l’homme. L’engagement est-il une nécessité pour créer ? Ce spectacle a une dimension citoyenne. Je n’ai pas voulu figer cette création dans le temps mais poser des questions de société, utiliser le passé pour rebondir sur le présent. En tant qu’artiste, je garde mes convictions politiques mais j’ai un devoir civique. Je prends position en apportant un décalage artistique, une part de poésie, d’imaginaire. La chorégraphie est-elle la suite logique de votre parcours de danseuse ? Le destin l’a voulu comme ça. J’avais envie de commencer mon travail d’écriture, de chorégraphe et d’avoir ma propre vision de la danse. Ça ne coulait pas de source, car je suis partie avant d’avoir l’âge fatidique imposé aux danseuses. C’était donc une vraie volonté. Ça m’est arrivé comme une évidence. Mon équilibre, je le trouve en dehors de l’institution. Je n’oublie pas d’où je viens mais la question est la suivante : l’artiste est-il là pour être retenu par des rênes ? Est-ce cela la danse ? Est-ce difficile pour une ancienne danseuse étoile de s’imposer en tant que chorégraphe ? Oui, il est très difficile d’avoir fait une carrière d’interprète et de passer ensuite à la création. Cela dérange beaucoup d’avoir plusieurs casquettes. Pour certaines personnes, il ne faut pas aller jouer dans la cour des créateurs. Mais je n’en veux pas aux gens. Dans chaque corporation, ce n’est pas évident, mais cela forge le caractère de ses envies. D’autre part, dans notre société, être une femme n’est pas simple de toute façon. Quelle est votre définition de la danse ? La danse, c’est l’art du mouvement, le premier langage de l’homme. Je la définis comme le théâtre du corps, la narration à travers le corps. Les gestes arrivent quand il n’y a plus de mots. C’est ce qu’il y a de plus clair. Il est impossible de détourner son sens. C’est l’art du sensible. Ma démarche, comme ce fut le cas pour Maurice Béjart, est de sortir la danse des lieux sacralisés, pour réunir toutes les couches sociales. La danse doit être ouverte et aller vers les gens, devenir un lieu de mixité. Les gestes arrivent quand il n’y a plus de mots Repères P.ROBERT/SYGMA/CORBIS AMÉLIE FOUCAULT BATTISTINI/SIPA A quoi ressemble le monde de la danse aujourd’hui ? Il y a de grands talents, mais j’estime qu’il n’est pas souhaitable d’évoluer dans un courant unique. C’est ce qui se passe en ce moment. C’est un monde qui fonctionne en vase clos. Il est de bon ton de suivre une certaine esthétique. Pour ma part, je pense qu’il faut créer la mode plutôt que de la suivre. Pour autant, il y a du sacré dans la danse, il ne faut pas le nier. Il est possible de vivre dans la déconstruction mais pas dans la négation. Que retenez-vous de vos deux rôles au cinéma dans Quand je vois le soleil et Constantin ? Au-delà de ma passion pour le cinéma, je travaille mes chorégraphies comme le fait un réalisateur, avec des plans, des séquences, un synopsis. J’aime la façon d’œuvrer du cinéma. L’idée du mouvement par rapport à la caméra. La danse n’est pas encore filmée comme j’aimerais qu’elle le soit. Il faut être dans une autre dimension que la seule représentation afin d’offrir un point de vue qui permette d’entrer dans le personnage. R. DELALANDE/JDD/GAMMA Quels sont vos projets ? Un nouveau spectacle,Sade ou le théâtre des fous, né d’une rencontre avec Pierre Cardin, amoureux de la culture et de la danse. Une création en collaboration avec Julien Derouault, évoquant le marquis de Sade sur une musique de Laurent Garnier. Sade a interrogé et bouleversé de nombreuses idées sur l’éducation, la religion, les relations entre le Bien et le Mal. Il n’était que nature et pulsions et cette idée reflète le concept du théâtre du corps. Conditions humaines, par la compagnie Pietragalla. En tournée dans toute la France jusqu’au 13 mai. Danseuse étoile Marseille Sa compagnie Le 22 décembre 1990, à l’issue d’une représentation de Don Quichotte, Pietra est sacrée danseuse étoile. Dès lors, elle est dans toutes les grandes distributions. Elle interprète les plus grands rôles classiques et travaille aux côtés de Roland Petit, Maurice Béjart, Rudolf Noureev. En 1998, elle succède à Roland Petit à la tête du Ballet national de Marseille et de son école de danse. Ce sont cinq années de tumulte : le répertoire est à reconstruire et les relations avec la compagnie s’avèrent difficiles. En février 2004, les danseurs demandent, à 87,5%, la démission de leur directrice. PROFIL Dès 1973, à 9 ans, Marie-Claude Pietragalla entre à l’école de danse de l’Opéra de Paris. A 16 ans, elle y est engagée dans le corps de ballet. Sacrée étoile, elle laisse sur la scène l’empreinte d’une danseuse de caractère qui n’hésite pas à revendiquer ses origines corses. Chevalier des Arts et des lettres (1994), chevalier de l’ordre national du Mérite (1997), la chorégraphe Pietra impose depuis presque vingt ans son style. Une deuxième casquette qui lui a longtemps valu les foudres de l’institution. Pietra monte sa compagnie en 2004. « C’est un luxe d’être indépendante. Les possibilités de travail sont incroyables. Chacun apporte son univers : les musiciens, les comédiens, les artistes classiques, contemporains et hip-hop. Il y a un échange permanent. » PASCAL ELLIOT
THÉÂTRE DES NOUVEAUTÉS DENISE MOREAU-CHANTEGRIS Directrice, présente en coproduction avec le Théâtre du Palais-Royal et Flèche Productions Si vous n’avez pas vu Frou-Frou les Bains (Molière du Meilleur Spectacle Musical) NE MANQUEZ SURTOUT PAS la nouvelle comédie de PATRICK HAUDECŒUR Épatant ! LE POINT Un rire généreux …vraiment très drôle ! FIGAROSCOPE Rire garanti LE PARISIEN Spectacle hilarant. LE FIGARO Sublime ! Admirable de loufoquerie et de drôlerie… Un divertissement branquignolesque ! PARISCOPE pianos numériques mise en scène JACQUES DECOMBE avec Patrick Haudecœur, Philippe Beglia, Isabelle Spade, Jean-Pierre Lazzerini, Guillaume Laffly, Véronique Viel, Bob Martet, Sara Giraudeau, Patricia Grégoire, Edouard Pretet. LOC. THEATRE : 01 47 70 52 76 et agences - www.theatredesnouveautés.fr.tc Licence spectacle 5477/saison 2007 Publicité Chalmandrier RCS PARIS B 572 123 792



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