Direct Soir n°117 6 mar 2007
Direct Soir n°117 6 mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°117 de 6 mar 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Royal rencontre Merkel

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Mardi 6 mars 2007 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW ANNE ROUMANOFF Une femme dans le vent Anne Roumanoff fête ses vingt ans de carrière, riches de personnages délirants, inspirés d’une société qu’elle aime caricaturer. Pour cet anniversaire, l’humoriste présente un nouveau spectacle : « Anne a 20 ans » *. Quand vous est venue l’envie de devenir humoriste ? A l’époque, on ne décidait pas de devenir humoriste, on devenait comédien. Quand j’ai entendu l’humoriste Sylvie Joly à la radio, je l’ai imitée le soir même et j’ai fait marrer mes parents et leurs amis. Humoriste, c’était un peu ringard.Aujourd’hui, c’est l’inverse. Il existe une industrie du rire et certains acteurs font les comiques pour viser un rôle plus sérieux dans un film. Ils choisissent l’humour par arrivisme. Rire de son physique, ce n’est pas donné à tout le monde… Quand on est humoriste, il faut savoir pratiquer l’autodérision. C’est la base. C’est un thème que j’ai beaucoup exploité, mais que j’ai tendance à laisser de côté. Je suis davantage portée sur des thèmes de société. Est-il facile, sur scène, de faire rire sur les malaises de la société ? On ne fait pas rire avec le bonheur. Si vous dites : « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », vous ne faites rire personne. La société actuelle, avec tous ses problèmes, est un terreau magnifique pour les comiques. La difficulté n’est pas d’identifier les problèmes, mais plutôt de rendre drôle ce qui ne l’est pas. Une comique qui a fait Sciences-Po, ce n’est pas courant. Que vous a apporté ce diplôme ? J’ai fait Sciences-Po de manière assez superficielle, histoire d’avoir un diplôme si je n’arrivais pas à être actrice. C’était d’ailleurs très humiliant pour moi le jour où j’y suis retournée pour une interview : on m’a montré les appréciations des profs qui me décrivaient « bavarde, indisciplinée ». Je m’intéresse plus à la société maintenant qu’à l’époque. Quel regard pensez-vous pouvoir apporter à la politique ? Longtemps, je n’ai pas vu l’intérêt de faire des sketches sur la politique. Pour dire qu’ils sont tous nuls ? Les Guignols de Calnal+ font déjà cela très bien, les imitateurs aussi. Je joue dans mon nouveau spectacle un personnage ivre, à qui je fais dire énormément de J’ai fait Sciences-Po histoire d’avoir un diplôme si je n’arrivais pas à être actrice Repères J.-C. ROCA-MF/ABACA DR choses. Je fais aussi un sketch sur un thème peu porteur : la délocalisation. Une ouvrière qui devient aide-soignante dans une maison de retraite et qui déblatère contre les Chinois. En gros, le sujet importe peu, c’est surtout la manière dont on le traite qui est source de comique. Vous fixez-vous des limites ? Chaque humoriste se fixe ses propres limites. On a la chance d’être dans un pays où l’on peut dire à peu près tout ce qu’on veut. Même sur le plan sexuel. On me dit souvent : « C’est bien parce que vous n’êtes pas vulgaire. » Mais, moi, je trouve que parfois je vais un peu N. CHAUVEAU/ABACA loin. Je peux avoir un doute sur certaines de mes blagues sur le racisme. Quand je joue un personnage un peu raciste, je me demande parfois si ces fameux rires qu’on entend ont le même décalage que mon personnage. Est-ce gratifiant de faire rire les gens sur n’importe quoi ? Ce n’est pas n’importe quoi, les textes sont travaillés. Comparer les religions, ça m’intéresse. Je n’ai pas abandonné l’idée. J’aime aussi aborder plusieurs thèmes dans un même sketch. Je parle par exemple d’une vendeuse de chez H&M, qui ne glande rien, et j’aborde la précarité, la jeunesse. Le public est devenu très exigeant avec l’humour, du fait de la multiplication des humoristes. Il faut avoir des personnages très creusés. Il faut faire les choses sérieusement, sans se prendre au sérieux. * Anne a 20 ans, à Paris à partir du 26 juillet, au théâtre des Bouffes-Parisiens (2 e). www.anneroumanoff.com « La classe » Son dernier livre Rire contre le racisme En 1987, Anne Roumanoff intègre l’émission La classe, sur France 3. Autour de comiques reconnus (Bézu), l’émission de Guy Lux (à d.) animée par Fabrice (à g.) fait découvrir aux Français des nouveaux talents, comme Michèle Laroque, ou encore Lagaf’et Jean-Marie Bigard. BORIS EHRGOTT AVEC XAVIER PLASSON PARCOURS Après quelques passages dans des cabarets, Anne intègre l’équipe de La classe, l’émission de Guy Lux, de 1987 à 1994. En 1988, Bernadette, calme-toi !, son premier spectacle, occupe l’affiche du théâtre des Blancs-Manteaux pendant huit mois. De 1991 à 1996, elle fait partie de l’équipe de Rien à cirer, avec Laurent Ruquier, émission diffusée le dimanche matin sur France Inter. Ses spectacles précédents, A la Roumanoff et Follement Roumanoff ont été vus chacun par plus de 250 000 spectateurs. Belle, mince et sexy, et puis quoi encore ? Anne Roumanoff préfère « la chirurgie esthétique sans opération » grâce aux « piqûres d’abeilles ». Et propose des recettes pour un régime grossissant. Entre fiches pratiques et sketches de scène, Anne Roumanoff caricature la société. Belle, mince et sexy et puis encore (Hors Collection, 9,90 €). Anne Roumanoff sera sur la scène du Palais des sports de Paris pour la 4 e édition de Rire contre le racisme, le 19 mars. A ses côtés, Michel Boujenah, Mouss Diouf, Dany Boon, Florence Foresti, Elie Semoun, Mamane, Booder, Bruno Salomone, Arthur et Patrick Bruel. MERIA-OG/DIRECT8
Allianz@)



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