Arte Magazine n°2015-22 23 mai 2015
Arte Magazine n°2015-22 23 mai 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2015-22 de 23 mai 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : intrusion, Jonathan Zaccaï se dédouble.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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2013 Getty Images 4 «U Documentaire Le tendre don juan Vedette et sex-symbol malgré lui, Marcello Mastroianni a incarné les fantasmes de toute une génération. Un portrait revient sur sa manière – unique – d’aborder son métier et… les femmes. Lundi 25 mai à 22.35 Mastroianni – L’Italien idéal Lire page 15 n brave garçon»  : voilà comment Marina Vlady se souvient, non sans affection, de Marcello Mastroianni, avec qui elle a partagé l’affiche de la comédie Jours d’amour en 1955. On peine à croire qu’avant de jouer dans La dolce vita, qui allait d’un coup l’ériger en star internationale et en sex-symbol, l’acteur renvoyait l’image d’un Italien moyen, beau garçon certes, mais surtout sympathique – un bon copain, en somme. C’est même pour cette raison que Federico Fellini lui avait proposé le rôle de Marcello Rubini, le journaliste désabusé qui accompagne Anita Ekberg dans sa folle nuit romaine  : parce qu’il cherchait quelqu’un d’«ordinaire». 6 N°22 – semaine du 23 au 29 mai 2015 – arte Magazine L’air de rien Ordinaire, Mastroianni s’est efforcé de le rester toute sa vie, et autant que possible, il y est parvenu. C’est aussi cela qui faisait tourner la tête des femmes, disent ses proches. Il séduisait comme il enchaînait les films, avec cet air de ne pas y toucher qui le rendait plus irrésistible encore. Rien d’étonnant à le voir s’insurger dans les interviews, l’œil malicieux, contre sa prétendue réputation de don Juan. Il ne l’avait pourtant pas volée  : polygame, il l’était, non pas compulsif, mais avec élégance et tendresse, ce qui l’aidait probablement à se faire pardonner – en particulier par sa femme, Flora Carabella, une comédienne rencontrée lors de ses débuts au théâtre, avec qui il a eu une fille et de laquelle il n’a jamais divorcé. Les histoires, nombreuses, qu’on lui prête sont interprétées par les plus belles actrices de l’époque  : Silvana Mangano, Anita Ekberg, Anouk Aimée, Claudia Cardinale, Ursula Andress, Faye Dunaway (photo), Catherine Deneuve bien sûr… sans compter les aventures «anonymes». Contrairement à la légende, cependant, il ne se serait jamais rien passé avec Sophia Loren, qu’il a pourtant embrassée dans douze films successifs ! Souvent quitté par ses amies, Mastroianni se croyait incapable de sentiment véritable, ce qui selon lui n’était pas étranger à son statut d’acteur. C’est cette même inquiétude qui était probablement à l’œuvre, bien masquée, dans ses amours et dans son métier. «Se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre qui n’est pas vous, c’est un jeu un peu curieux, un peu ambigu… C’est prendre la mesure d’un certain vide», disait-il avec la lucidité mélancolique qui le caractérisait. Jonathan Lennuyeux-Comnène
Cheikh Zayed «Un exeMPle d’hoMMe vertueux» Frédéric Mitterrand retrace le parcours du père fondateur des Émirats arabes unis, disparu en 2004. Un portrait fouillé, pour lequel l’ancien ministre de la Culture a collecté de nombreuses archives inédites. Le bâtisseur «Dans Le désert des déserts, l’explorateur britannique Wilfred Thesiger brosse un portrait extraordinaire d’un cheikh inconnu qu’il a rencontré dans les années 1940 à Al-Aïn, une oasis perdue. Il s’agissait du cheikh Zayed, bien avant que celui-ci ne devienne émir d’Abu Dhabi (1966) puis fondateur et président des Émirats arabes unis (1971). Lorsque je l’ai rencontré, dans les années 1980, j’ai été frappé par son charisme. Zayed était aussi un exemple d’homme vertueux. Grâce à lui, les Émirats sont différents des autres États du golfe Arabique  : les jeunes filles vont à l’école et les femmes disposent quasiment des mêmes droits que les hommes.» Le masque d’Anne-Aymone «Toutefois, Zayed n’a pas changé en profondeur la société émiratie, car il en avait une vision très traditionnelle, notamment du fait de son milieu d’origine. Encore aujourd’hui, le pouvoir de nombre de femmes se limite à la sphère privée. Par exemple, lorsque Anne-Aymone Giscard d’Estaing dînait avec la principale épouse de Zayed, elle devait porter un masque ! » Face à l’Occident «On connaît mal Zayed car l’arrogance et la négligence occidentales font que l’on s’intéresse peu à des personnages dont l’univers culturel est différent Documentaire N°22 – semaine du 23 au 29 mai 2015 – arte Magazine pitt rivers museum, oxford university Mardi 26 mai à 20.50 Cheikh Zayed une légende arabe Lire page 18 du nôtre. Lui comprenait que les choses puissent être différentes ailleurs. Il questionnait d’ailleurs beaucoup François Mitterrand sur le fonctionnement des sociétés occidentales. Mais ce que Zayed ne pouvait pas concevoir était la théorie de l’évolution selon Darwin  : il riait à chaque fois que François Mitterrand lui disait que nous descendions peut-être du singe. Cela le laissait totalement interdit. En plus d’être ouvert sur le monde, Zayed avait de grandes qualités d’empathie. Quand Chirac lui rend visite pour la dernière fois, le cheikh, mourant, est tellement heureux de le retrouver que cela en est profondément émouvant.» Rêves et réalité «Je ne suis pas sûr que les Émirats de 2015 correspondent aux rêves de Zayed. Selon moi, l’Abu Dhabi d’aujourd’hui ressemble à ce qu’il voulait en faire. Mais pour Dubaï, par exemple, c’est une autre affaire  : était-il prêt à endosser son gigantisme et sa démesure ? J’en doute.» Propos recueillis par Raphaël Badache 7



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