Aktis n°18 oct/nov/déc 2014
Aktis n°18 oct/nov/déc 2014
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de oct/nov/déc 2014

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire

  • Format : (150 x 210) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 989 Ko

  • Dans ce numéro : de nouvelles voies de traitement pour les brûlures radiologiques.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 6 - 7  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
6 7
I PUBLICATIONS Tamarat R. et al. « Stem cell therapy  : from bench to bedside » Radiation Protection Dosimetry (2012) p 1-7. Foubert P.et al. « Strategies to enhance the efficacity of endothelial progenitor cells therapy by Ephrin b2 pre-treatment and co administration with smooth muscle progenitor cells on vascular function during wound healing processin irradiated or not conditions » Cell Transplantation, 2013 sept 10. 6 ta ta aAktis n°18 – octobre-décembre 2014 patient a confirmé ce résultat. Dix autres personnes victimes d’accidents de gravités similaires depuis 2005 ont bénéficié du même traitement avec le même résultat. Limites Cependant, l’utilisation des CSM comporte des limites. En premier lieu, le protocole de production des CSM d’une qualité utilisable en clinique nécessite 15 jours de culture et donc autant de temps d’attente avant d’intervenir sur la lésion. Ensuite, les CSM sont obtenues à partir d’un prélèvement invasif et douloureux de moelle osseuse. Troisième limite  : à l’issue de la culture, les cellules obtenues peuvent être écartées par les contrôles de qualité en raison d’anomalies du caryotype, ou parce que la zone de prélèvement de la moelle osseuse s’avère avoir été dans le champ d’irradiation. Enfin, en fonction de l’âge du donneur, le prélèvement de moelle osseuse peut être pauvre en CSM, et celles-ci peuvent avoir perdu une partie de leur fonctionnalité. Ces limites nécessitent de chercher d’autres sources de cellules souches pour amplifier le recours à ce traitement et le rendre plus opérationnel. Les chercheurs de l’IRSN explorent plusieurs voies. te z Li Traitement par cellules souches adipeuses. Photomicrographies au laser doppler de l’irrigation sanguine de la peau de souris irradiées (ligne du bas) et non irradiées (ligne du haut). Dans le cas des images de gauche, la peau n’a pas été traitée, et à droite, des cellules souches adipeuses ont été injectées. En bleu, zone de bas flux sanguin ; en rouge, zones de haut flux. IRSN Injection directe La première option est l’injection directe des cellules issues de la moelle osseuse au niveau de la lésion, ce qui évite l’étape de mise en culture. L’étude expérimentale menée par les chercheurs de l’IRSN sur des souris irradiées localement (20 Gy) montre que l’administration des cellules de moelle osseuse favorise la restauration du derme. L’expression des gènes de différents types de collagènes (qui constituent la matrice de la peau) est régulée par les cellules injectées, et favorise ainsi le remodelage de la matrice. Par ailleurs, il est apparu que l’administration des cellules de moelle osseuse favorise la revascularisation des zones lésées en induisant une hyperperméabilité, et qu’elle restaure les fonctions vasculaires. Ces deux éléments participent à la cicatrisation de la blessure. Enfin ces travaux ont démontré que les cellules de moelle osseuse réduisent l’inflammation induite par l’irra diation, probablement en limitant l’adhérence des leucocytes à la surface interne des vaisseaux sanguins. Une thérapie utilisant l’injection de moelle osseuse en cas de brûlure radiologique semble donc une alternative intéressante, dans le cas où la mise en culture des CSM ne pourrait pas être réalisée. EPC issues de cordon ombilical Une autre voie consiste à stimuler la revascularisation du tissu (apport nutritif et oxygène) nécessaire à la cicatrisation de la peau. Pour ce faire, l’une des options envisagées est d’injecter des cellules progénitrices endothéliales (EPC en anglais) qui ont été prélevées dans du sang de cordon ombilical. Cette opération réalisée dans le cas de maladies cardiovasculaires a montré que les EPC injectées se localisent dans les tissus lésés et favorisent la micro-vascularisation nécessaire à leur régénération. Cette approche a été testée par les chercheurs de l’IRSN. Ils ont réalisé des études expérimentales pour évaluer le bénéfice d’une injection de cellules progénitrices endothéliales sur la cicatrisation de lésions de la peau, radio-induites ou non, tout en testant des solutions pour accroître l’efficacité de ces cellules. Deux stratégies ont été proposées  : l’activation des EPC par des produits pharmaceutiques (Ephrine-B2 ou B4 notamment) préalable à l’injection pour augmenter leur nombre dans le site lésé ; et l’injection simultanée de cellules souches de muscle lisse (SMPC) afin de favori-
ser la formation de vaisseaux matures et plus fonctionnels. Les résultats obtenus sur les souris montrent que les EPC, comme dans le cas d’autres pathologies, favorisent la création de nouveaux vaisseaux et la cicatrisation (voir image de couverture). De plus, l’injection concomitante de SMPC en améliore encore l’efficacité par l’obtention de vaisseaux matures. Cette nouvelle voie de traitement comporte cependant une limite, car il est nécessaire d’avoir des volumes de sang très importants (une vingtaine de litres) pour obtenir une dose clinique de produit de thérapie cellulaire. Cellules souches adipeuses Une troisième voie intéressante, les cellules souches adipeuses, présente plusieurs avantages, dont leur prélèvement par simple liposuccion, procédure peu invasive et permettant d’obtenir une quantité assez importante. Le rôle important du tissu adipeux dans l’organisme a été révélé récemment (3)  : il participe à un très grand éventail de processus biologiques. Les cellules souches dérivées des tissus adipeux ont la propriété de pouvoir se différencier en plusieurs types de cellules dont ceux de la peau et des vaisseaux, importants pour le processus de cicatrisation. Les chercheurs de l’IRSN ont réalisé des expériences sur des souris pour tester si les tissus adipeux pouvaient avoir une action positive. Les résultats ont montré un effet réparateur des cellules adipeuses sur la peau de souris irradiées. Il s’avère que les cellules souches adipeuses peuvent se différencier en kératinocytes (cellules constituantes de l’épiderme) et favorisent la cicatrisation de la peau. Elles stimulent également la régénération de la vascularisation, grâce à leur capacité à se différencier aussi en cellules endothéliales (constitutives de la paroi des vaisseaux) tout en libérant des facteurs de croissance vasculaire (VEGF). Les cellules souches adipeuses confirment leur intérêt pour le traitement de lésions cutanées radio-induites. En conclusion de ces trois approches, les études expérimentales réalisées par l’IRSN à partir des cellules souches adipeuses et du tissu graisseux sont prometteuses. Ces bons résultats doivent être maintenant confirmés par des essais sur de plus gros animaux, avant de passer aux tests cliniques, afin d’en valider le bénéfice thérapeutique. Il reste que, quel que soit le type cellulaire utilisé, plusieurs défis techniques et pratiques seront à relever afin de remplir les conditions idéales d’une thérapie cellulaire efficace sur le long terme et facilement applicable. Traitement par cellules souches adipeuses. Sur une coupe de peau de souris, on visualise en vert clair une cellule souche adipeuse différenciée en kératinocyte dans l’épiderme (marquage K5). IRSN (3) Par une équipe de l’université Paul Sabatier. PUBLICATIONS Holler V. et al. « Early and late protective effect of bone marrow mononuclear cell transplantation on radio-induced vascular dysfunction and skin lesions » Cell Transplantation, soumis. Ebrahimian T.G. et al. « Cell Therapy Based on Adipose Tissue- Derived Stromal Cells Promotes Physiological and Pathological Wound Healing » Arterioscler ThrombVasc Biol. (2009) ; 29:503-510. Aktis n°18 – octobre-décembre 2014 7



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :