20 Minutes France n°3621ES7 21 avr 2021
20 Minutes France n°3621ES7 21 avr 2021
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3621ES7 de 21 avr 2021

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : 20 Minutes France

  • Format : (230 x 305) mm

  • Nombre de pages : 13

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : vaccinations, priorités adroites.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Media Matters ACTUALITÉ Complotisme Pour le spécialiste de l’extrémisme en ligne Alex Kaplan, le mouvement a ébranlé la démocratie américaine Trois ans après les premiers messages de « Q », qui prétend être un cadre de l’administration fédérale, sur le forum 4chan, repaire en ligne de la droite dure américaine, la théorie QAnon a pris des allures de religion numérique. Alex Kaplan (photo), spécialiste de l’extrémisme en ligne pour l’ONG Media Matters for America, explique comment la mouvance complotiste, liée à l’assaut du Capitole le 6 janvier, s’est développée aux Etats-Unis. Comment les messages de Q ont-ils trouvé écho auprès du grand public ? Grâce à des sites d’informations « alternatives » d’extrême droite. Ils ont participé à la diffusion du contenu QAnon à partir de 2018. Dès l’été suivant, des adeptes se sont affichés à des meetings organisés par l’ancien président Donald Trump. Dans la foulée, ils ont créé des infrastructures dévolues à QAnon en ligne  : hashtags Twitter, groupes Facebook, chaînes YouTube… L’élection présidentielle américaine a-t-elle joué un rôle d’accélérateur dans la diffusion de QAnon ? Assurément. QAnon représentait déjà La météo en France 19 le 17 15... e 16 T4.19 il 15 17 14 13 15 15 Ye I i midérore M. Balce Ceneta/AP/Sipa une inquiétude – le FBI l’a classé comme menace terroriste potentielle en 2019 à la suite de nombreux actes de violence commis en son nom – mais l’élection a été l’occasion pour le mouvement de s’imprégner des accusations de fraude électorale. Donald Trump a profité de QAnon en retweetant des messages avec des hashtags complotistes et en déclarant qu’il appréciait leur soutien, ce qu’ils ont pris comme une validation. Vous avez vu à quoi ça a mené  : l’assaut du Capitole par des militants pro-Trump, dont de nombreux adeptes de QAnon. Y a de l’électricité dans l’air du Sud L’instabilité se renforce dans le sud-est du pays, surtout en montagne, accompagnée d’averses et d’orages avec parfois de la grêle. Le quart nord-ouest du pays profite d’un temps agréable et de saison. Les températures sont dans la normale. Prévisions ultra détaillées TV-WEEI-APPLIS LAC HAINEMETEO.COM QAnon représente-t-il une menace pour la démocratie américaine ? Cette théorie du complot est antidémocratique par nature, donc oui. Mais ce qui m’inquiète, c’est qu’elle s’est infiltrée dans la culture politique, comme dans la société. Deux élues au Congrès, Marjorie Taylor Green et Lauren Boebert, ont affiché un soutien à la mouvance QAnon pour se faire élire, bien qu’elles tentent de s’en distancier désormais. D’autres ont réussi à se faire élire au sein des administrations et pourront donc jouer de leur influence, même après l’élection de Joe Biden. 2 Mercredi 21 avril 2021 « QAnon s’est infiltré dans la société » Parmi les militants pro-Trump qui ont envahi le Capitole, le 6 janvier, se trouvaient des sympathisants de QAnon. Combien de personnes adhèrent à QAnon aux Etats-Unis ? Nous n’avons pas d’estimations précises à ce jour. Nous observons toutefois que la mouvance peut toucher n’importe qui. Certains ont fait Harvard, d’autres sont d’anciens sympathisants démocrates. QAnon a la capacité d’inclure n’importe quelle petite actualité dans sa réalité alternative. Ça le rend très accessible. Il présente aussi des tendances sectaires. Ses adeptes se coupent de leur famille, de leurs amis. C’est très inquiétant. Propos recueillis par Tom HollmannUn drôle d’agriculteur… influenceur Réseaux sociaux « Salut, salut ! » C’est le gimmick que Bruno Cardot (photo) place au début de chacune de ses vidéos. Cet agriculteur de 48 ans, installé dans l’Aisne, s’est emparé des réseaux sociaux pour parler de son métier avec humour… et détermination. Un jour, ce patron d’exploitation agricole en a eu assez de « l’agri-bashing », même B.Cardot s’il n’aime pas ce mot  : « Je comprends que tout le monde veuille savoir ce qu’il y a dans son assiette, explique-t-il. Sauf qu’on nous dénigre tout le temps. On a bon dos sur un certain nombre de sujets. » D’où l’idée de « rétablir la vérité » sur Twitter, Facebook ou TikTok. Pour cela, il trouve un moyen accrocheur de retenir l’attention. « C’est venu un peu par hasard lorsque j’ai sorti la vidéo avec Dudule, la fécule qui bouche le trou du cul », se souvient-il. « On montre notre travail » Quand son initiative a été reprise dans de nombreux médias, Bruno Cardot s’est dit qu’il tenait un truc. « Ce côté humour, autodérision, c’est ça qu’il faut faire, surtout pour toucher les jeunes non agricoles », reconnaît-il. Ses vidéos évoquent pêle-mêle le glyphosate, la biodiversité ou la taxe azote. « On montre concrètement notre travail, assure Bruno Cardot. Lorsque l’on n’est pas d’accord avec certaines réglementations, on explique pourquoi. Quand on met ça en scène de façon rigolote, le message passe. » A Lille, Mikaël Libert
ACTUALITÉ La vaccination pour tous attendra Covid-19 Seules 74% des doses livrées ont été utilisées. Aussi certains réclament un accès à tout le monde Samedi, un centre de vaccination à Nice a dû fermer faute de volontaires, symbole de la sous-utilisation du vaccin AstraZeneca en France. Selon les données de Santé publique France, seules 74% des doses livrées ont été utilisées dans le pays. Aussi de plus en plus de personnes non éligibles réclament une vaccination ouverte à tous. « Il faut prioriser les personnes susceptibles de faire des formes graves. » Laurent Chambaud, directeur de l’EHESP L’intention peut sembler plaisante, mais la réalité est différente. Du moins tant que les doses sont limitées, ce qui devrait rester une constante jusqu’à cet été, même si l’Agence européenne du médicament a donné son feu vert au vaccin Janssen, qui devrait être le quatrième vaccin disponible en France. Dans ces conditions, « il faut prioriser les personnes susceptibles de faire des formes graves, estime Laurent Chambaud, directeur de l’Ecole des hautes études en santé publique [EHESP]. On parle d’une question de vie ou de mort. » Une vaccination ouverte à tous serait d’autant plus défavorable aux personnes fragiles que ces dernières Selon le ministère de la Santé, 100% des résidents ont reçu une dose. V. Hache/AFP Syspeo/Sipa Samedi, le centre de vaccination de Nice a dû fermer, faute de volontaires pour recevoir une dose. seraient désavantagées. Les personnes en bonne santé et jeunes sont plus mobiles, donc susceptibles d’avoir accès à plus de centres de vaccination. Par ailleurs, elles ont un meilleur usage du numérique. « Si on ouvre à tous, il est probable que les personnes pour qui le vaccin serait le plus bénéfique se fassent doubler par des jeunes moins prioritaires, appuie Laurent Chambaud. Il y aurait une injustice d’accès à la vaccination. » Sans compter l’engorgement qu’une vaccination pour tout le monde provoquerait. Pour le moment, la vaccination est ouverte à tous les plus de 55 ans, soit un peu plus de 16 millions de personnes en France. L’ouvrir à toute la population de plus de 20 ans rajouterait 35 millions de potentiels volontaires. « On retrouverait des scénarios comme avec les tests au début, avec des files de 400 met une saturation », estime le D r Jérôme Marty. En raison d’un nombre de doses limité, Laurent Chambaud note aussi que la vaccination en partie des jeunes n’aurait pas d’effet notable sur l’épidémie  : « Le virus circulerait encore beaucoup, et vu que les personnes fragiles ne seraient pas toutes vaccinées, il continuerait à saturer les hôpitaux et causer des morts. » Autrement dit, avec des doses limitées, on est plus efficace en insistant sur les personnes fragiles. Jean-Loup Delmas Dans les Ehpad, les nouveaux résidents restent à vacciner A ce jour en France, 100% des résidents d’Ehpad et d’unités de soins de longue durée (USLD) ont reçu leur première injection de vaccin anti-Covid-19, selon le ministère de la Santé, mardi. Mais ces chiffres « sont fondés sur la capacité globale des Ehpad et USLD à vacciner, indique YannReboulleau, dirigeant de Philogeris Résidences, un groupe d’une douzaine d’Ehpad. Les « vrais » chiffres tournent plutôt aux alentours de 90 à 92%. Ce qui est malgré tout très bon. » Surtout, « au moment où la vaccination a commencé, les Ehpad n’étaient pas remplis, poursuit YannReboulleau. Or, depuis le début de l’année, des milliers de nouveaux résidents se sont installés en Ehpad. Ce que nous observons, c’est qu’ils arrivent majoritairement non vaccinés. » Sécuriser les doses Problème  : le virus est toujours là. « L’évolution de l’épidémie en Ehpad démontre la pertinence d’avoir vacciné en priorité les personnes âgées, explique Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, premier syndicat des Ehpad privés. Il est impératif d’approvisionner les Ehpad de 100 000 doses par mois jusqu’en juin, puis de 50 000 doses mensuelles, afin de poursuivre la protection des nouveaux résidents et des personnels jusqu’à la fin de l’année. » Anissa Boumediene 3 Mercredi 21 avril 2021 Des vaccins pour de nouveaux métiers Conducteurs de bus, caissières, agents d’entretien et de nettoyage… Environ 400 000 travailleurs de plus de 55 ans bénéficieront à partir de samedi de créneaux de vaccination réservés pendant deux semaines, a annoncé mardi le ministère du Travail à l’issue d’une réunion avec les partenaires sociaux. Parmi une vingtaine de métiers « de deuxième ligne », on trouve notamment les employés des pompes funèbres ou des abattoirs, les salariés des centres de tri de déchets, les éboueurs et les agents de sécurité dans les commerces. Cette liste vient s’ajouter à celle déjà annoncée en fin de semaine dernière (enseignants, forces de l’ordre notamment), qui concernait aussi environ 400 000 personnes. « Ça ne règle pas tout » Du côté des éboueurs, on accueille cette nouvelle de manière mitigée. « L’arrivée de la vaccination est une avancée qu’on peut saluer et prendre avec lucidité, juge Dominique Regnier, secrétaire général de Force ouvrière pour les services publics et de santé. Mais il ne faut pas se cantonner à cela. » Selon lui, la vaccination ne cache pas le manque de reconnaissance global dont souffre la « deuxième ligne »  : « Ça ne règle pas tout. Les conditions de travail précaires restent, les bas salaires aussi. »



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