Zyva n°40 jan/fév 2016
Zyva n°40 jan/fév 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°40 de jan/fév 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Zyva

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 4,7 Mo

  • Dans ce numéro : bye bye Dubaï !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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30/www.zyvamusic.com CHRONIQUES D’ALBUMS BLOC PARTY  : HYMNS Label  : Pias/Infectious/BMG Par Kymmo près plus de 10 ans Ad’expérience et 4 albums au compteur, Bloc Party revient avec une nouvelle formation et un cinquième effort studio, « HYMNS ».Toujours emmené par Kele Okereke et Russel Lissack, le groupe est rejoint pour ce cinquième album par une nouvelle section basse/batterie menée par Justin Harris et Louise Bartle. C’est The Love Within, premier single du groupe, qui ouvre l’opus. Un titre dans la lignée de ce qu’a pu faire en solo son frontman en explorant un univers plus électronique. Un single plutôt original pour Bloc Party et totalement dans l’air du temps. C’est malheureusement peut-être aussi le problème, où est passé LE Bloc Party qui nous envoyait des tubes indie comme Banquet, Helicopter ou encore The Prayer ? La suite du disque est plutôt sur la même lignée avec un très bon second titre, Only He Can Heal me rappelant certaines ambiances d’« Intimacy ». Puis on arrive sur The Good News, second single plutôt efficace et cette fois-ci dans un style plus rock bluesy pour repartir sur un titre plus électro-posé. Je me perds un peu dans cet opus, heureusement quelques titres viennent me remettre la tête à l’endroit comme le très pop Into The Earth, ou l’hypnotique Different Drugs, qui viennent tous deux nous prouver que le groupe a toujours le don de produire de réels tubes pop-rock. Pour en conclure avec « HYMNS », on découvre un nouveau Bloc Party avec cet album, plus électronique, créant encore plus d’ambiances qu’avant mais ayant légèrement perdu son regretté indie rock, qui en a fait un des groupes-phare de la scène anglaise. On a quand-même bien hâte de les voir sur scène, un de leurs domaines de prédilection ! THYLACINE  : TRANSSIBERIAN Label  : Intuitive Records Par Alice Allérat hylacine, beatmaker Treconnu de la scène électro et grand copain de Fakear et Superpoze, s’est lancé, pour son nouvel opus, un défi  : composer un album à bord du Transsibérien, sur plus de 9 000 km de voie ferrée, de Moscou à Vladivostok. Voici chose faite. « Transsiberian » retrace ses deux semaines de voyage, soit 160 heures de train, ses rencontres, ses nuits agitées, ses ressentis… YOUNG CARDINALS  : SUNSET CHASER Label  : Send The Wood Music Par Kymmo 016 sera l’année des 2lyonnais de Young Cardinals, après un premier EP en 2013 « Lights/Burns/Despairs », quelques belles premières parties en 2015, le combo débarque le 8 février 2016 avec un premier album, « Sunset Chaser ». Ce premier opus nous plonge dans l’univers post-rock du groupe avec des titres à la fois puissants et progressifs tout en arrivant à créer une réelle ambiance sur chacun d’entre eux. Jupiter qui ouvre l’opus en est le parfait exemple, avec son intro d’une minute trente et sa durée totale de presque sept minutes. Malgré des titres d’une moyenne de 5 minutes, certains restent très rock et très bruts comme Dried Shores et ses gros riffs de guitare ou encore Blued And Broken By Strongs Fingers et son rythme tapageur. Après une première partie d’album plutôt rock, place à une seconde partie placée sous le signe du post-rock toujours, avec des chansons qui font monter la pression au fil des secondes. Elle crée une ambiance implacable, notamment grâce aux deux guitares et à un chant à la fois puissant et tout en nuances, comme sur le premier single extrait de l’album, The Weight Of inertness ou dans un style plus puissant Bedtime. Enfin, le groupe nous gratifie d’une très belle chanson instrumentale, The Down, juste avant de conclure son opus avec Strange Days, parfaite « outro » comme l’est Jupiter en terme d’intro. En bref, les Young Cardinals débarquent en force en ce début d’année 2016 et risquent de faire mal sur scène ! L’album s’ouvre sur des sonorités de chemin de fer, voix au micro, puis chargement de bagages, discussion lointaine de quais de gare, fermeture des portes. Le train démarre. Le ronronnement de la locomotive nous emmène doucement, la musique se greffe petit à petit. Pas besoin de faire beaucoup d’efforts pour s’imaginer avec l’équipe, en train de regarder le paysage défiler. De l’intro aux derniers instants sonores, c’est comme si on faisait partie du voyage. On est touchés quand on entend parler russe, dépaysés par les chants traditionnels dans certains titres, touchés par ces voix venues d’ailleurs, apaisés par les beats qui caractérisent l’artiste, inspirés par la beauté de ce mélange. D’un côté le matériel électronique, de l’autre la simplicité et la pureté des voix. C’est un vrai choc des cultures, des technologies et des générations que Thylacine nous fait vivre. Et pourtant, le tout se marie à la perfection. L’artiste réussit à transmettre ce qu’il a vécu, à nous faire partager cette formidable sensation d’évasion et de liberté que procure le voyage. Pas besoin d’acheter un billet de train pour changer d’air, appuie sur play et ferme les yeux.
ARNO  : HUMAN INCOGNITO Label  : Naïve Sortie  : Le 15/01/2016/Par Guillaume Lebourgeois omment ne pas se répéter après 11 disques solo et plus de 35 ans de car- ? Crière Arno a passé quelques nuits blanches pour résoudre cette équation musicale, « à chaque fois je me dis que je ne dois pas faire la même chose que sur mon disque précédent et c’est de plus en plus difficile ». Pourtant Human Incognito s’éloigne de Future Vintage (2012) même si l’on retrouve la patte de l’immense John Parish à la production sur les titres les plus rock. Bien sûr la voix sévèrement burinée du feu follet flamand fait une fois de plus frissonner. Comme souvent, Arnold Charles Ernest Hintjens parle de lui dans une introspection salvatrice quasi thérapeutique. Car la vieillesse est loin d’être un naufrage, I’m just an old motherfucker, Arno se régénère en s’abreuvant du soma d’une fontaine de jouvence électro dès le deuxième titre où il intime un programmatique et personnel Please exist qui s’adresse somme toute à nous tous. Bien sûr Arno n’a rien perdu de son bagou Rock and Roll sans conservateur sur Une chanson absurde ou Never Trouble Trouble qui risquent d’enflammer la scène. De même, la basse envoûtante et la guitare plaintive de Dance like a goose feront assurément onduler les corps et les cœurs. Pas d’explicit lyrics sur le disque mais plutôt ‘émotions garanties’. Car là où le roi des belges règne en maître c’est dans les ballades bouleversantes à la Tom Waits, « J’ai perdu ma jeunesse mais j’aime encore Elvis, les jolies chansons ne tuent pas la réalité, maintenant je paie mes conneries du passé » sur Quand je pense à toi, blues du bayou Ostendais. Ce que l’on aime chez Arno c’est sa capacité à raconter sa vie qui est au final un peu la nôtre et l’album se clôt sur une poignante ode à la santé des cocus. Lucide Arno. KURT COBAIN  : MONTAGE OF HECK (deluxe édition  : 31 titres) Label  : Universal Music Par Loïc « Silence » Devigne Il va y avoir cris et pleurs dans les chaumières. Notez bien ceci avant d’acheter « Montage of heck »  : c’est une compilation de travaux solos de KURT COBAIN, et non un album d’inédits de NIRVANA. Le fan de gros rock, l’adepte de « grunge » va être mal à l’aise à l’écoute de ce disque. Excepté s’il avait décelé chez le chanteur-guitariste un talent d’artisan de la chanson simple, naïve et décalée. Ce recueil de 31 titres enregistrés pour la plupart sur un magnétophone à cassette ou un 4-pistes, dans la cuisine ou le salon du principal intéressé, n’est pas, ni dans la forme ni dans le fond, un disque de rock. Il est en fait, si l’on en saisit la valeur intimiste et toute en spontanéité, très proche des artistes nommés « Low-fi » par le journalisme musical  : un déni des conventions, du traitement du son et d’un esthétisme propre et standardisé. Ainsi, l’on pourra classer « Montage of heck » à côté des travaux de DANIEL JOHNSTON dans les années 1980 (la parenté avec « Continued story » et « Hi, how are you » est frappante), des deux premiers JOHN FRUSCIANTE (le guitariste des Red Hot Chili Peppers qui a bâti une œuvre solo aventureuse) et les débuts de SMOG ou LOU BARLOW. Un élément est cependant à souligner  : le disque propose parfois des prises inachevées, des titres en pleine ébauche, et de ce fait ne peut que se classer parmi ces monuments du minimalisme et de l’intimisme. Qu’auraient été certaines chansons si Cobain avait eu le temps ou l’opportunité de les achever, de les habiller ? Vu le talent du mec, cela aurait abouti à un album de la trempe d’un MIKE HURLEY, VASHTI BUNYAN, JUDEE SILL, FRED NEIL, ou JOHNNY CASH. C’est certain. « Montage of heck » n’est pas bon du début à la fin, il y a parfois de l’inutile, du superflu, presque du remplissage. Mais il recèle de vraies pépites, comme des petites vignettes, telles les titres « Desire », la cover des Beatles « And I love her », ou encore « Bright smile » et « Poison’s gone ». « Montage of heck » a le mérite de dévoiler un pan du potentiel de Cobain souvent méconnu. A ne pas mettre entre toutes les oreilles, car peu à peu et même pour les plus têtues, elles risqueraient d’y prendre goût ! www.zyvamusic.com\31



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