Zyva n°28 sep/oct 2013
Zyva n°28 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Zyva

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : le Seapunk... mais qu'est-ce que c'est ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Barry | marvin | Label : Africantape Trois ans après l’abrasif « Hangover To The Top », le sulfureux trio Marvin revient nous tabasser la gueule avec Barry, deuxième album burné, frénétique, violent et romanesque. Le trio montpeliérain n’a jamais été réputé pour sa grande finesse, et on est heureux de voir que Marvin n’a pas l’intention de trop sophistiquer son jeu. Ici, la batterie est toujours aux commandes d’un autiste dont le seul but semble être de taper le plus fort et le plus vite possible (Giorgio Morricone). Le Korg analogique est déstructuré au possible, tandis que la six cordes oscille entre Heavy Metal et Surf Rock, nous acheminant sans sommation dans un cadre irréel dans lequel les vagues de l’océan indien viendraient s’écraser sur les côtes de l’imposant désert texan. Car oui, même si il ne veut pas le montrer, derrière ses airs bruts, Marvin est un mec sympa avec un coeur qui bat (sisi) et cela se ressent sur sa musique. En conséquence, ne soyez pas surpris si vous entendez entre deux roulements brutaux ou planquée entre deux riffs dégueulassement bruyants, une once de poésie, car c’est elle qui fait le charme du trio. Marvin suinte la bière low-cost, l’ersatz de whisky, et le squat improvisé en salle de concerts : c’est un type pas clair, carburant au synthemesc et ayant pour seul Leitmotiv, Burnes et poésie. Barth Diamond rugs | diamond rugs | Label : Pias À la base c’est juste l’histoire d’un mec qui en rencontre un autre après un concert et qui lui propose de passer chez lui, pour s’amuser dans son home studio, avant d’être rejoint par d’autres potes musiciens. À la base c’est une histoire banale qui ne présente à première vue que très peu d’intérêt, sauf que... Quand les protagonistes en question s’appellent John Mc Cauley (The Deer Tick) et SteveBerlin (Los Lobos) on commence à tendre l’oreille. Mieux ! Quand on apprend que les guests ne sont autres que des musiciens en provenance de groupes d’envergure tel quel The Black Lips, The Dead Confederate ou encore Six Finger Satellite, on se dit que finalement on est bien loin du simple bœuf entre potes et que l’on tient entre nos mains l’une des collaborations les plus séduisantes de cette année 2013. Tour à tour Bluesy, Country (Totally Lonely), Pop ou Rock’n Roll (Hightail), de l’hymne estival crétin (Gimme A Beer), au pastiche de la kermesse de village Texan (Country Mile), ce premier opus décline avec maîtrise une incroyable variété stylistique sans jamais sombrer dans la caricature ou la parodie. Certes l’on pourrait s’épancher des heures à décortiquer les influences et les coups d’éclat qui parcourent cet album, au même titre que l’on pourrait écrire des paragraphes entiers de louanges sur le talent de chacun des guests qui composent cette œuvre, mais au final il n’y a qu’une chose à retenir : Diamond Rugs c’est du rock et ça s’écoute avec une bière. Barth www.zyvamusic.com | 22 Franz ferdinand | Right Thoughts, Right Words, Right Action | Label : Olsen Records Contrairement à ce qui avait été fait sur le précédent RIGHT THOUGHTS opus « Tonight : Franz Ferdinand », Alex Kapranos RIGHT WORDS voulait rester discret quant à l’enregistrement de ce RIGHT ACTION nouvel album. Trois ans de travail pour arriver à ce « Right thoughts, right words, right action » qui surprend d’abord par sa durée : trente-cinq minutes à peine, en dix petits morceaux seulement. Right action ouvre l’album sur une intro presque hiphop, vite remplacée par un riff incisif et une ambiance festive, où le groupe demande comment il aurait pu nous laisser – nous, auditeur – seul un samedi soir. Franz Ferdinand a l’air décidé à nous faire danser, comme l’atteste ce Love Illumination et ses cuivres qui rappellent Electric Six, suivi par un Stand the Horizon à la basse ravageuse. Plus doux mais tout aussi efficace, Fresh Strawberries marque joliment la moitié de l’album, tandis que le morceau suivant, le bien nommé Bullet (2:43, le titre le plus court du disque) nous rappelle ce pour quoi nous sommes là : danser. Alors que Treason ! Animals. ou The universe expanded font la part belle aux claviers presque doorsiens de Nick McCarthy, l’album se clôt sur un Goodbye Lovers and Friends qui sonne comme un testament. Les dernières volontés de Kapranos et sa bande ? Nous faire taper du pied, assurément. Philippe « Pippo » Jawor Wailing trees | Selon ma nature | Label : Handsup Wailing Trees, c’est Riwan, Jawad, Romain, Thibs, Lucas et deux Pierre ; une bande de potes basée à Vienne unie autour du reggae. En préproduction pour un premier album prévu pour la rentrée 2014, le groupe profite de sa tournée estivale pour rééditer son premier EP de six titres. Aussi bien chantés en français qu’en anglais, les textes de Wailing Trees abordent des thèmes aussi divers que l’ignorance des uns (Lack of knowledge) ou l’amitié entre les peuples malgré les différences (Borders and gaps). Mention spéciale pour ce titre, qui musicalement n’en reste pas au reggae stricto sensu : le groupe s’aventure avec brio dans des contrées plus jazzy qui mettent en exergue les qualités de chaque musicien, comme peut aussi le faire ce pont Dub dans Appartenir, un titre aux nombreuses variations de rythme, où Riwan – le chanteur – n’hésitera pas à partir dans un chant plus toasté, plus proche encore du Dancehall. En attendant un premier album prévu dans un an, il est temps de découvrir ce groupe à travers cet EP, ou en concert, puisqu’il tournera dans la région jusqu’à la fin de l’année, de Lyon (au Festival Emergence et au Ninkasi Kao) à Saint-Etienne, en passant par Vienne ou Annecy, pour des sets énergiques qui nous rappelleront le soleil de cet été qui s’achève. Philippe « Pippo » Jawor
Chelsea wolfe | Pain is beautY | Label : Sargent House T.t. Twisterz | Nowhere to hide Peut-on trouver un compromis entre la musique folk et le métal gothique ? À priori la réponse est non. Pourtant il y a Chelsea Wolfe. Remarquée en 2011, la belle brune au teint pâle a fait du chemin et nous livre pour la rentrée un nouvel album intitulé Pain is Beauty. Décorticage. Dès les premières secondes du disque le ton est donné : froid et lugubre. Pas de doute, l’influence du black métal sur la jeune américaine a forgé en elle un penchant pour les ambiances sombres et tourmentées. Les rythmiques entêtantes, mélange d’électronique et de grosse caisse, appellent les guitares saturées. Mais il n’en est rien, les pistes de six cordes se font tout au plus menaçantes. En revanche un sentiment presque mystique nous traverse lorsque la voix à la fois sévère et vulnérable s’élève. C’est la voix de Chelsea, comme un soupir glacial, qui nous transporte à travers le minimalisme des harmonies, denses et profondes. Parfois une guitare sèche quelque peu désaccordée, un piano en retrait, ou de fragiles violons accompagnent le chant. La progression très lente ajoute un côté funeste et torturé. La puissance tout en retenue se fait grondante sans jamais déborder. Le tout donne naissance à cette tension insaisissable et oppressante. Onze titres s’enchainent ainsi, et font de cet album l’écoute idéale pour une méditation solitaire d’humeur maussade. Teddy `Z,ninieZica.0 T. T. TW I STERZ Moderat | II | Label : Monkey Town Records Beaucoup de « supergroupes » rock sont nés récemment, Atom for peace ou encore the dead weather, mais l’electro n’est pas en reste avec l’arrivée cette année de I Am Legion et celle en 2008 de Moderat. Le combo Allemand est donc composé de pointures de la scène électro Berlinoise, d’un coté Modeselektor et de l’autre Apparat. Après un premier EP, produit en 2002, le trio commence réellement son aventure en 2009 avec la sortie de leur premier album, « Moderat » Moderat nous revient en 2013 avec un nouvel album ultra prometteur, sobrement intitulé « II ». On est tout de suite dans le bain avec The mark, interlude posant les bases du son du groupe : la touche lyrique d’Apparat alliée à la basse et la rythmique de Modeselektor. L’album attaque avec leur premier single, Bad Kingdom, peut être l’un des titres le plus accessible, une electro pop au beat imparable ! Toujours dans un style pop atmosphérique, on retrouve Let In The Light et ça cette mélancolie attachante. Bien sûr, la touche Berlinoise est présente avec par exemple Version ou encore Milk, mêlant sonorités hiphop et touche Berlinoise. Après la seconde interlude de l’album, Clouded, on repart de plus belle et l’on retrouve tout de suite cette mélancolie attachante. L’album atteint son paroxysme avec dans un premier temps Damage Done qui en plus de cette atmosphère mélancolique nous apporte un coté sombre, qui va s’accentuer avec This Time, qui clôture tout en beauté ce nouvel album du combo Berlinois Moderat. Kymmo Tout droit sorti d’un bar mexicain dans le film de Tarantino Une Nuit En Enfer, les lyonnais de T.T. Twisterz sortent son premier album auto-produit à 100% et appelé Nowhere To Hide. Je ne vais pas faire dans la dentelle, ni dans la prose, le son de T.T. Twisterz NOWHERE TC HIDE est brut de décoffrage. Les influences sont clairement annoncés : Nirvana, Danko Jones, Foo Fighters, The Presidents Of The United States Of America, Rage Against The Machine, Queens Of The Stone Age,...en gros du Rock-Grunge-Punk-Stoner (c’est eux qui le disent). Je ne vous détaillerai pas l’album en entier mais quelques titres ont vraiment attirés mon oreille. Notamment Poupidou avec ses breaks guitares et de batterie bien posé et les quelques cris venus de nulle part, Tonx avec ces petits passages mélodieux et les quelques secondes de guitare sèches qui viennent bien adoucir le morceau et Insecurity Feelings où on peut vraiment apprécier une autre facette de la voix de Brutus qui malheureusement de temps en temps tombe dans le « yaourt anglais «. Vous l’aurez compris T.T. Twisterz, c’est du Do It Yourself à l’ancienne comme on en fait plus avec un son bien à eux, et ils nous l’ont promis ça sera encore meilleur en live. Ça tombe bien ils seront le 4 septembre au Ninkasi Kafé de Lyon. Tu viens ? Jagunk Neil Catlin | Boys and girls | Label : Second Step Records Le label Second Step Records vient à peine de naître, ça ne l’empêche pas d’être intransigeant. C’est peut-être plus facile quand on a pour grand frère Deep Water Recordings, déjà bien installé sur Londres (et tout aussi inflexible) mais là n’est pas la question. L’engagement de la structure n’est ni plus ni moins que de vous dénicher le meilleur de la house underground. Un poil prétentieux mais pas forcément hors de portée. La première sortie – une compilation franchement réussie à la sélection soignée – avait attiré l’attention et ce deuxième release risque fort d’en faire autant. Les trois titres que propose Neil Catlin, sont complètement addictifs et représentent à la perfection ce que Second Step Records semble vouloir achever : vous faire vibrer sur une minimale aussi deep que dub, aussi groovy que dark, et foutrement bien produite. D’autant que si le DJ a quelques années de mixe derrière lui, l’exercice de la composition nouveau pour lui ! Sur cet EP, les titres alternent vocaux discrets et distordus avec de jolies basses rondes et subtiles (Tanzen) et les delay comme les effets de profondeurs sont parfaitement maîtrisés (Zirkus). Pour un coup d’essai, la barre est haute. Franchement haute. Anto www.zyvamusic.com | 23



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