Zyva n°28 sep/oct 2013
Zyva n°28 sep/oct 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de sep/oct 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Zyva

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 30 Mo

  • Dans ce numéro : le Seapunk... mais qu'est-ce que c'est ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DISCUSSION Art Sonic, Briouze 20/07/2013. Interview et photos live : Philippe « Pippo » Jawor « Les derniers des Mohicans » the inspector cluzo S tars jusqu’au Japon, les Gascons de The Inspector Cluzo ouvrent leur nouvelle tournée en Normandie à la veille de la sortie de leur quatrième album. L’occasion de discuter avec Laurent, le guitariste/chanteur de ce groupe à quatre mains, de ce nouvel opus qui arrive, de la Gascogne, et de la philosophie toute particulière de ce groupe, qui quelques heures après montera sur scène pour « marcher sur la gueule » d’un public déjà conquis par son énergie. ZYVA : Vous sortez bientôt un nouvel album, « Gasconha Rocks » ; enregistré à la maison, j’ai vu que vous aviez acheté une petite machine... Laurent Lacrouts : À la maison, cette fois-ci de A à Z, le mix, tout. On a acheté une vieille console de 1979, qui a appartenu à quelqu’un d’assez glorieux... Z. : Qui donc ? L. : Chichin. mais on l’a su qu’après hein, c’était pas dans l’argument de vente (rires). C’est une vieille table, analogique pure, faite seulement pour du rock, ça c’est sûr. C’est vraiment pas du tout adapté à la musique et aux artistes d’aujourd’hui. Z. : Vous ne vous considérez pas comme des artistes d’aujourd’hui ? L. : Pas vraiment non, on est un peu les Derniers des Mohicans (rires). Il y a un concept analogique à la base aussi puisqu’en live on joue tout à quatre mains, y a pas de tracks. Z. : C’est une de vos fiertés, quelque chose que vous revendiquez...L. : C’est pas une fierté c’est devenu une rareté, déjà ! Surtout en France, la moitié des groupes jouent sur tracks, des bandes. Eux ne diront pas que c’est du playback, mais bon, à partir du moment où t’en mets (rires)... Y en a de plus en plus, y compris dans le rock, qui était pas touché avant. On a appuyé là-dessus. Sur cet album et même en live, on fait tout ce que tu ne peux pas faire avec les tracks justement : s’arrêter, repartir, accélérer, improviser. On improvise énormément. www.zyvamusic.com | 14 Impro totale, jamais le même show. On a enregistré en prises complètement live, pour vraiment capter cette espèce de pression qu’on arrive à coller en live, que les gens aiment, qu’on avait pas sur les albums précédents. Sans faire un live non plus, parce que c’est un piège, un faux chemin. On a fait des prises un peu style à la Kravitz : deux micros sur la batterie, pas douze comme aujourd’hui. Dans une pièce qui réverbe énormément, j’ai fait deux prises de guitare, pas dix-huit. Y a pas d’artifice, c’est chanté tout d’un coup. Z. : Chant enregistré séparément ou pendant que tu jouais ? L. : Je faisais un témoin avec Mathieu mais ça fait 21 ans qu’on joue ensemble, pas besoin que je lui chante la berceuse (rires) ! Le studio, ça le gonfle grave : c’est un batteur en disparition : un batteur de rock, à la Dave Grohl. Un cogneur, un grooveur, il a besoin d’adrénaline ! Quand y a pas le concert il joue moins bien, pour résumer. Ça le fait chier en fait ! Z. : À ce point ? L. : Ouais, puisqu’il se passe rien ! (Rires) On s’est mis dans des conditions tranquilles : déjà, on a fait une pause, parce que ça faisait quasi cinq ans qu’on avait jamais arrêté, qu’on enregistrait au fur et à mesure. Là on a fait six mois de pause, la première depuis le début du groupe, ce qui est exceptionnel. Z. : Vous avez pris de vraies vacances ? L. : On a pris deux mois pour se reposer, mais ça on le fait régulièrement parce qu’on a la chance de vivre dans
« On est dans une période de transmission de certaines valeurs » un endroit qui est vraiment préservé du monde ; dès qu’on rentre on est coupé. Là on s’échappe des fêtes de chez nous, les fêtes de la Madeleine. Ce soir je devrais être à la corrida. On avait une tournée en Afrique du Sud en mars, ça nous a un peu coupé les choses en deux, ça nous a fait du bien. On a pris le temps ; sur celui-là il y a moins de groove, plus de songwriting. On a passé plus de temps ; faut qu’on change aussi, c’est la fin d’un cycle ! Z. : Vous aviez ce besoin de vous renouveler ? L. : Oui, au bout d’un moment Cluzo n’a plus rien à prouver en live. On était devenu une machine de live mais c’était pas ce qu’il fallait faire. On a acquis ça aux quatre coins du monde : plus tu tournes plus tu deviens une machine, surtout quand tu joues avec un type depuis 21 ans (rires) ! On avait vraiment besoin de ça. On s’est concentré sur autre chose aussi : on a acheté une ferme chez nous, on a élevé, gavé des canards, aidé, accompagné les gars du rugby dans leur saison en Top 14, très dure. Faire plein d’actions en local, une asso qui s’appelle Mousquetaires de Gasconha qui porte sur la langue, pour ouvrir une école, la parler, rencontrer des vieux. On s’est refoutu à fond au gascon. Là on est venu avec un jeune de Mont de Marsan qu’on avait emmené en Afrique du Sud, qui va nous suivre, venir avec une quinzaine d’autres. On est dans une période de transmission de certaines valeurs, parce qu’on a pris conscience qu’on était, musicalement et de par nos origines, un peu dernier Mohican. Ça s’est très accéléré depuis un ou deux ans : on avait pas vu la scène française depuis un moment, on a un peu halluciné quand on est revenu. Souvent on nous disait « ça c’est un groupe de rock ! » C’est un groupe de rock ça ? Ah ouais, bon... Z. : Des noms précis ? L. : Non... On l’a fait une fois parce que c’était vraiment un gros connard et qu’il fallait arrêter mais c’est pas le style. C’est global quoi. C’est à l’image de la société française aussi hein, aseptisée, consensuelle, sans relief, du McDo quoi... Du coup on s’est dit : on va faire l’inverse (rires) ! Z. : Contrepied total...L. : Ça fait 27 ans qu’on joue ; quand t’arrives à l’âge qu’on a et au nombre de dates qu’on a fait, t’arrives à faire certaines choses. Aujourd’hui, le niveau des groupes c’est beaucoup de concept, beaucoup de trucs mais le niveau d’instrumentistes est très faible ; passés les deux premiers morceaux de concept il se passe plus grand chose. C’est vrai que des groupes comme nos potes landais de Gojira ou nous on est un peu des Mohicans parce que ça part de l’artistique, c’est pas un marketing qui va faire que. C’est comme ça, c’est l’époque. Z. : Le concert de ce soir est la première date officielle de la tournée ; je me demandais, puisque tu parlais d’actions en local, si vous aviez déjà commencé à tester de nouvelles choses chez vous, dans des petites salles ? L. : Euh... non. En Afrique du Sud, on a essayé plein de www.zyvamusic.com | 15



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