Zyva n°27 jui/aoû 2013
Zyva n°27 jui/aoû 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de jui/aoû 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Zyva

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 36,7 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... la Space Disco, le futur d'avant Daft Punk !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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C’était un peu laborieux au début mais comme notre but c’était vraiment de jouer, jouer, jouer et jouer, le plaisir on le prenait vraiment sur scène, plus qu’en studio par exemple. C. : Ce qui est toujours le cas… D. : Alors on a fait de la scène, on n’a pas arrêté, quoi, on a fait de tout. Du coup, sur le plan de l’improvisation aussi, on a beaucoup progressé. Gérer les cafouillages et les trucs comme ça, interagir avec le public du soir... Tous ces moments, tous ces instants ont été un cours de musique en lui-même, quoi. Z : Quand on repense à l’identité du groupe, on peut dire aussi que Mû ce sont des textes, un message, une imagerie autour. Quand vous avez construit tout ça, quels ont été vos leviers d’inspiration à ce moment-là ? C. : (Rires) Euh… ben… Pareil. Ça s’est fait de fil en aiguille, disons qu’on a testé plein de choses. Au départ c’est David qui gère ça, et à force, des fois il faisait des choses qui me plaisaient, d’autres fois des choses qui me plaisaient pas, on en discutait, et puis voilà, à force de chercher on a fini par trouver ce qui nous allait. D. : Je pense que l’idée, ce n’est pas d’inventer de la musique révolutionnaire, puisque bon, je ne crois pas que l’on ait ce talent là, par contre il y a quelque chose de l’ordre de la personnalité, de qui on veut être en fait, ce qui est plus important que la qualité de composition en elle-même. On est qui on est, on n’est pas des excellents musiciens, mais on a absolument envie de faire ça. Il y a de très bons groupes qui se sont révélés comme n’étant pas des très bons musiciens, mais qui ont eu une personnalité importante dans leur musique, une empreinte forte. Et je pense qu’il y a quelque chose à voir avec la détermination où, ben ouais, quand tu veux être musicien tu vas faire des concerts, même si ta musique est pas terrible, t’en fais, encore et encore, t’apprends comme ça. Et t’as pas besoin d’avoir une image ultra sophistiquée, tu vois, avec un clip complètement fou, et pour nous, pour moi, le plus important c’est comment on se présente sur scène, c’est vraiment ça le point numéro un. Z : Mû sera partout cet été ! Vous faites Rock n’ poche, vous faites le Démon d’Or… D. : Y a de tout hein, t’as vu ? Il y a des gros festivals de région, mais aussi des petits plans d’Office de tourisme, des cafés-bars à travers la France… en fait y a un bon équilibre, et c’est bien… Z : Parce que vous êtes encore '~r “...quand tu veux être musicien tu vas faire des concerts, même si ta musique n’est pas terrible, t’en fais, encore et encore, t’apprends comme ça.” L s www.zyvamusic.com | 8 dans cette phase de transition, ou vous sentez que ça monte ? C. : Disons que dans la région oui, mais après si on veut en sortir, c’est forcément des cafés-concerts en dehors de la région, il y a une question de notoriété bien sûr, et puis une question de réseau aussi, pour l’instant le réseau s’étend petit à petit, les choses se font… Z : Mais ça avance bien j’ai envie de dire. Ça fait beaucoup de dates à préparer en un temps relativement court en fait pour vous ? D.& C. (en chœur, seconde voix à la tierce) : Ah ouais ouais… Ouais ouais… Z : Et ça se prépare comment, c’est forcément différent ou quoi ? C : Oui, par exemple il y a deux jours on a fait une résidence justement pour cette tournée afin de mettre en place des choses, notamment avec l’ingé-lumière qui nous suit. Il ne sera pas là sur toutes les dates, mais sur les plus importantes. C’était important de travailler avec lui le set, c’est quelque chose qu’on n’a jamais vraiment fait, d’habitude on l’adapte en fonction de l’ambiance, on faisait ça 5 minutes avant de monter sur scène. D : Disons que là pour une fois on s’est mis un cadre, et on va essayer de le respecter un maximum, après il y aura des petits ajustements suivant les dates… Z : Ça doit sûrement changer la vie, quand tu as passé des années à booker toi-même, à faire toi-même les démarches. Le fait que quelqu’un d’autre s’y dédie, ça doit vous laisser un part de liberté… D. : Ce qui est bien, comme on a fait tous les plans, tous les trucs les plus bizarres et les plus galères possible, autant on en a fait des très beaux aussi, on a une sorte de reconnaissance en fait, tu vois... C. : En fait, on apprécie vraiment ce qu’on a aujourd’hui, du fait d’avoir galéré avant… (Rires), c’est un peu ce que tu veux dire, non ? D. : Ouais, ouais… C. : C’est très agréable de monter sur une scène, avec 500 personnes devant toi, ultra chauffées à bloc, que plutôt 20, et on s’en rend compte parce qu’on a fait ces scènes avec ces 20 personnes, qui buvaient leurs bières et qui avaient autre chose à faire que d’écouter le concert. (Rires) Z : Je voulais revenir sur votre expérience en tant que groupe local, vous avez fait beaucoup de tremplins, des choses comme ça, j’ai souvenir de celui du Ninkasi.
Un groupe local, maintenant, qui veut vraiment se démarquer, doit vraiment passer par cette étape de concerts à droite, à gauche, de faire sa cinquantaine, centaine de dates. Sans vouloir dire qu’il y a une formule magique à tous les groupes, mais selon votre recul, qu’est-ce qui est le plus important ? C. : Bien sûr, on dirait que c’est ça, de faire des dates, après si t’as le réseau qu’il faut, ça peut aller plus vite (rires) ! Et ça dépend aussi d’où tu en es musicalement, parce que il y en a qui sont là, déjà prêts à faire des grosses scènes, avec des compos déjà abouties. D. : Ça c’est le truc du deuxième groupe, par exemple il y en a à Lyon qui ont fait ça, comme Erotic Market, tu vois ça a tourné un moment avec N’relax, ils ont fait beaucoup de choses, et quand Erotic Market était prêt, après un ou deux ans de travail, Paf ! Ça part, quoi ! Tu vois ? Alors quand tu as un premier projet, et que tu as beaucoup de choses à apprendre, tu vois ça peut être long. Après, chaque groupe aura un peu le chemin qui lui est propre. Genre les Wailing Trees par exemple, ça fait un an je crois qu’ils existent, et eux ça va très vite car ils ont rodé plein de choses avant, et quand ils ont monté le projet… Paf ! Ça part, quoi ! … Je sais pas trop comment il faut voir les choses, je pense qu’il faut être assez humble et surtout prêt à aller bouffer de la scène partout, c’est obligé quoi, parce que sinon… Ou alors, tu sors un morceau qui est merveilleux avec un clip super et tu joues cette carte-là, encore faut-il avoir trois quarts d’heure de set qui suivent derrière. C.: Et puis faut aussi avoir de quoi le diffuser, ce titre… C’est bien, mais si t’as que 20 amis dessus ça va pas forcément très vite même si ton morceau il est super. Z : Vous gérez ça aussi, tout ce qui est réseaux sociaux, et web-machins, là… ? C’est quelque chose qui vous importe, ou pas forcément en fait ? C. : Si, quand même, parce que c’est notre unique moyen de communiquer en fait. D. : Ouais, mais on n’a pas non plus la petite application machin téléphone, où t’envoies ta petite photo en tournée, genre ouais on est là on est en train de photographier les balances, et dans la minute on te met ça sur fessebouque et là tu as 20 personnes qui cliquent “j’aime”. On n’est pas comme ça, pas encore, parce que… un peu la flemme je pense… Z : Ouais, moi j’ai le sentiment que vous êtes quand même très “artisans” de la musique aussi, dans le sens où on retrouve un côté “si tu veux prendre ta claque et savoir ce qu’est Mû, il faut venir voir sur “Mû pour “Monde Utopique”. Mû est aussi le nom d’un continent englouti, comme l’Atlantide.” scène ce que ça donne”. D. : C’est un peu le problème qu’on a, et c’est pour ça finalement qu’on est très lent à avancer, c’est qu’on n’arrive pas à avoir une qualité d’enregistrement en studio qui corresponde à ce que l’on fait sur scène, cette énergie-là, et du coup les gens se font un avis à la première écoute, et ne vont pas au concert... Mais par contre ceux qui viennent aux concerts, ils viennent tous nous voir et achètent tous nos CD (rires) ! Z : Autre question, qui vient comme ça, pourquoi le nom Mû ? C. : Mû pour “Monde Utopique”. Mû est aussi le nom d’un continent englouti, comme l’Atlantide. On avait un morceau au début qui raconte un peu cette histoire, et qu’on ne fait plus… Z : Ah ben, il y en a beaucoup des morceaux comme ça que vous ne jouez plus ? Des morceaux qui ont été authentiques, et qui ne le sont plus ? D. : Ouais, il y en a quelques uns, ouais. C’est des trucs que tout d’un coup tu ne joues plus sur un concert, le concert suivant non plus, et au bout d’un moment tu ne le répètes plus, et… C. : Et on les perd, on ne sait plus les jouer ! Z : Sinon avez-vous déjà pensé à la suite ? Vous savez déjà quelle sera la prochaine matérialisation de votre projet ? D. : Je pense que si on réussit cette étape de cet été, on va se concentrer sur une chose, à savoir l’enregistrement en studio. C. : Ça va être le prochain défi, ouais. On voudrait que ça ressorte sur disque comme ça ressort en concert, avec la même énergie, quoi. D. : Ouais, quitte à travailler avec des gens extérieurs, on va sûrement demander de l’aide, sans vouloir forcément enregistrer beaucoup de morceaux, mais se concentrer sur quelques uns, et arriver à bien faire sonner tout ça. Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique : Björk - Who is it www.zyvamusic.com | 9 Primitif / Primitive (EP) www.mondeutopique.com Prochain concert : 03/08 Festival Rock’n’Poche



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