Zyva n°26 mai/jun 2013
Zyva n°26 mai/jun 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de mai/jun 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Zyva

  • Format : (158 x 220) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 18 Mo

  • Dans ce numéro : zoom sur Lao Experiment, Enlarge Your Monster, Kespar, Démon d'Or.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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William K « Le virage de la trentaine te fait te poser des questions. T’es père de famille, t’as eu un gosse, mais au final, ce qui ne te tue pas te rend plus fort... » Z. : Donc aujourd’hui, 1 an après la BT2.0, j’imagine que tu prépares déjà autre chose, comme un album par exemple ? V. : Oui, oui, je suis en plein dedans. Ça sera quelque chose qui n’aura rien à voir avec les Blue Tape qui ont été faites avec un Home-Studio et SoFly dans une chambre avec zéro moyen. Là, j’ai vraiment envie de travailler avec des musiciens et d’avoir plus de moyens. Et puis j’ai gagné en maturité, depuis. Je compte m’y mettre vraiment cet été pour sortir ça en 2014, ça serait bien. Z. : Et sinon Vicelow, ce soir par exemple, ça donne quoi en live ? Tu mets en avant le côté danse ? V. : Ce soir non, parce que le plateau ne le permet pas. On est là en coût minimum : mon ordi et moi, c’est tout. Mais quand le budget le permet et qu’on est en version longue, oui je viens avec mon Dj et mes deux danseurs. www.zyvamusic.com | 16 Z. : Finalement c’est assez rare qu’il y ait des danseurs dans les concerts de Rap. Pour en avoir vu pas mal cette année, j’ai l’impression que les rappeurs misent plus sur le côté instrument que le côté danse. V. : Moi, c’est quelque chose que je fais depuis pas mal d’années, depuis la première Blue Tape. Et puis, ils ne sont pas là que en tant que danseurs, il y a un petit côté théâtre aussi. il y a un petit côté « back visuel ». ils sont la continuité de mes paroles. Ça reste très cohérent avec la musique que je fais. Z. : Tu es quelqu’un qui utilise pas mal Facebook pour à la fois nous raconter ce qui se passe dans ta vie, et aussi pour le côté artistique de tes projets. Comment arrives-tu à faire la part des choses entre les deux sur les réseaux sociaux ? Par exemple, je me souviens que tu avais balancé une photo de toi dans la foule, dans la rue, au moment de l’élection présidentielle. V. : Bah tu sais, quand j’écris des morceaux, ça veut tout dire et rien dire. Mais avant tout, ça reste quand même très personnel, ce que je raconte. Après, pour le coup, cette photo-là c’était un instant politique et je voulais vraiment partager ce moment, une ferveur populaire que je n’avais pas vue à Paris depuis très longtemps. Ça ne voulait pas dire « votez pour untel ou untel », mais juste montrer comment cet événement a fédéré les gens. C’était ça que je voulais mettre en avant. Après, les réseaux sociaux sont de nouveaux outils que tu apprends à utiliser tous les jours, mais comme je suis en « indépendant », c’est réellement important pour moi. Ça m’a beaucoup apporté, car les gens sont proches de ce que tu fais et suivent au quotidien tes actions.
Z. : Il y a quelques textes dans la BT2.0 qui sont vraiment forts en termes de messages, notamment sur la France, la société, les préjugés,... Alors aujourd’hui, quel est ton ressenti vis-à-vis de tout ça ? Tu sens que le climat a encore changé ? S’est amélioré ? V. : Le ressenti est un peu dur car je suis en plein dedans. Après, c’est sûr qu’aujourd’hui, à 30 ans, je ne pense pas comme quand j’avais 15 ans. J’ai appris à apprivoiser ma colère, les injustices, je vis avec, parce que sinon tu n’as plus de vie. C’est en voyageant que j’ai appris tout ça aussi. C’est là que tu te rends compte réellement sur quoi la France est en retard, sur quoi on n’est pas ouvert... Et quand je dis la France, c’est en général, car le Rap français en est le bon exemple. C’est un milieu très fermé sur lui-même et qui a peur de prendre des risques. En Allemagne par exemple, ou dans d’autres pays, c’est un autre état d’esprit. C’est beaucoup plus décomplexé, plus positif. On a toujours tendance à te tirer vers le bas. D’ailleurs, on l’a bien vu avec le Saïan : quand tu es en haut de l’affiche, tout est beau. Après, quand tu t’arrêtes et que tu fais des trucs à côté, le regard des gens change, et là au final tu te rends compte de qui est toujours là, et qui ne l’est plus. Z. : Donc par rapport à la question initiale, c’est ni mieux, ni moins bien ? V. : C’est compliqué... On nous parle de crise mais elle ne se situe pas que dans l’aspect financier. Elle est aussi présente dans notre manière de communiquer et de vivre. Je vois de plus en plus de choses bizarres. Tu prends juste en termes de politique par exemple, la gauche est passée parce qu’il n’y avait pas le choix. Et je ne pense pas qu’elle va passer deux fois. Rendez-vous dans 4 ans... Et les gens vont encore se ramasser une gifle. ils vont se tourner ailleurs... vers personne. Après, moi, je ne suis pas le plus à plaindre car je fais ce que j’aime, je peux expliquer mon point de vue sur la société, donc voilà... Z. : Pour reprendre un truc un peu plus léger, j’ai vu que tu avais balancé il y a quelques heures un teaser des nouveaux épisodes de Dragon Ball Z (célèbre dessin animé des années 90), c’est un truc qui te touche encore ? V. : Oui, je suis tombé dessus il n’y a pas longtemps et je ne savais même pas que ça allait reprendre. C’est toujours les mêmes codes, toujours les mêmes trucs, mais ça défonce ! Et ils ont pas vieilli, eux. Z. : Ça me permet de faire un rapprochement avec la programmation de l’Original qui, pour moi, est pas mal teintée de ces années 90. C’est juste une période musicale, où il y avait vraiment un truc spécial à cette époque qu’on ne retrouve plus aujourd’hui ? V. : non, c’est un éternel recommencement. Je ne pense pas que c’est nostalgique, mais je pense qu’à un moment donné, il faut revenir à une certaine base, une certaine époque. Mais ça ne se passe pas seulement dans le Rap. Reprendre les valeurs de ces années là avec les « J’ai appris à apprivoiser ma colère, les injustices, je vis avec, parce que sinon tu n’as plus de vie. c’est en voyageant que j’ai appris tout ça aussi. c’est là que tu te rends compte réellement sur quoi la france est en retard, sur quoi on n’est pas ouvert. » codes d’aujourd’hui, c’est très positif. Et de toute façon, la génération de rappeurs qui ont 20 ans aujourd’hui feront partie de ceux qu’on reprendra dans 10 ans je pense, et ce seront eux les vieux à ce moment-là. Z. : Comment consommes-tu la musique ? Et est-ce que tu as des choses à nous conseiller ? V. : Le dernier achat que j’ai fait, c’était le Kendrick Lamar. Après, sinon, j’écoute des trucs qui passent comme ça, sans trop m’y arrêter. Dernièrement, j’ai écouté aussi un des derniers disques de Jazz d’un grand monsieur du Jazz, qui s’appelle Ahmad Jamal (pianiste et compositeur de Jazz américain, qui a commencé dans les années 50). Et si je vais dans un autre registre, je vais sûrement acheter le dernier Cd de Justin Timberlake, histoire de voir ce que ça donne, car il paraît que c’est du lourd. Z. : Le dernier album de Rocé, tu ne l’as pas écouté ? V. : non, je l’ai acheté sans l’avoir écouté, pour le geste. Mais j’ai pas encore eu le temps de me poser pour l’écouter. Pour moi, un album de Rocé, il faut l’écouter posé, au calme. Et puis Rocé, voilà, c’est un gars avec qui j’ai déjà travaillé, donc je soutiens à fond. Tu vois, tu viens de me rappeler que je l’avais acheté et que je devais l’écouter à fond. Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter toi ou ta musique : Kendrick Lamar - The Art Of Peer Pressure Musicalement, comment il a posé tel ou tel son, ça m’a vraiment fait kiffer. Blue Tape 2.0 facebook.com/Vicelow.officiel www.zyvamusic.com | 17



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