Zut ! n°4 déc 09/jan-fév 2010
Zut ! n°4 déc 09/jan-fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de déc 09/jan-fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Chic Médias

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 136

  • Taille du fichier PDF : 76,8 Mo

  • Dans ce numéro : les voeux sont faits.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 46 - 47  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
46 47
arts LiD C Un Par Fabien Texier Saul Steinberg, Bauhaus Mask C’est un dessinateur qui se voyait comme un écrivain qui dessine. C’est un dessinateur qui travaillait différents styles et techniques et fut exposé très tôt au MoMA. C’est un dessinateur qui collabora 60 ans avec le « meilleur » magazine du monde, le New Yorker et influença Cartier-Bresson et Tomi Ungerer. Le musée de ce dernier consacre À SAUL STEINBERG une importante exposition. C’est un dessinateur et pourtant certains théoriciens feront tout pour vous le faire oublier. Ses études, ses créations hors du pré « soidisant » carré de l’illustration, ses amis prestigieux, ses expositions, ses réflexions, seront utilisées pour l’extraire tant qu’il se pourra de cet art infantile qu’est le dessin. On n’osera pas le prétendre tout à fait peintre, écrivain ou sculpteur, mais, on vous le dira, Saul Steinberg est un ARTISTE. Donc un monsieur important qui fit des cadavres exquis avec Picasso, et non pas un de ces gribouilleurs dont les œuvrettes se prêtent mieux à la reproduction de masse qu’à un accrochage. M. Steinberg né dans l’année d’ouverture du grand bal des nations, en 1914 donc, eut le bon goût de quitter sa fantasque Roumanie et la philosophie pour étudier l’architecture dans un pays plus ordonné. Entré à la Politecnico di Milano en 1933, sorte de Ponts et zut ! 46 Saul Steinberg, Sans Titre chaussées locale, il dilapide son précieux talent en dessinant pour une feuille satirique, Bertoldo. Les autorités ayant, elles aussi, un sens artistique développé, ce ne sont pas quelques caricatures moquant les glorieuses conquêtes de l’Axe qui lui vaudront son expulsion du pays et son internement passager, mais bien l’ascendance douteuse que laisse subodorer son patronyme. Un commentateur éclairé note que c’est à ces années d’apprentissage, d’abord au cœur du bouillonnement balkanique, puis dans le noble domaine de l’architecture, que Steinberg dût de ne point se contenter de dessiner des grosses dames accompagnées de petits moustachus comme Dubout. Après un séjour à Saint-Domingue destiné à faire le tri dans toute la misère du monde, Steinberg finit par avoir le droit d’émigrer aux États-Unis. Pourtant diplômé en architecture, il persiste à dessiner et à publier entre-temps des illustrations dans Harper’s Bazaar, Life et, en octobre 41, The New Yorker. Il dira du magazine, auquel il participa jusqu’à sa mort en 1999, qu’il était « sa patrie ». Devenu illustrateur free-lance l’année suivante à New York, il signe bientôt un contrat avec le magazine (toujours une des références mondiales en matière d’illustration). C’est aussi le moment choisi par l’OSS (celui de 117) pour lui offrir une occupation plus sérieuse qui l’entraîne dans un périple autour du monde, terminé à Rome aux services de propagande. Hélas, de cette époque, ce sont encore ces dessins livrés au New Yorker depuis la Chine ou l’Afrique du Nord que l’on retient. Ils reparaissent en 1945 dans son premier livre All the Line.
Saul Steinberg, Sans Titre, photo Robert Doisneau Saul Steinberg, Sans Titre The Line, ce trait aiguisé et unique dans lequel ses récits, ses personnages trouvent leur origine et leur fin, se déroulent et se ré-enroulent. La ligne qui tient notamment le générique de Mais qui a tué Harry ? d’Hitchcock (1955). Car si Steinberg s’obstine dans le dessin, ce n’est pourtant pas faute d’avoir rencontré de vrais artistes : sa femme depuis 44, Hedda Sterne, artiste membre des Irascibles fraye avec du Pollock, du Rothko. Il rencontre Calder, Le Corbusier, Giacometti, Nabokov. Juste après la guerre, Henri Cartier-Bresson, encore incertain quant à l’évolution de son travail demandera conseil à celui dont le regard a déjà bouleversé les dessinateurs de la vieille Europe. Pour couronner le tout, dès 1946, l’ex-immigré roumain expose parmi les Fourteen Americans (Arshile Gorky, Isamu Noguchi, et Robert Motherwell...) au MoMA. Alors, oui, certes, Steinberg a fait de louables efforts pour qu’on puisse le qualifier d’artiste sans trop avoir à frémir. Si son trait aigü se reconnaît au premier coup d’œil, il a emprunté tous les styles, matériaux, et techniques à sa disposition pour divertir l’exégète. Lettres, partitions, colonnes comptables s’intègrent à ses dessins dont ils composent les motifs, rayures de chat ou building... Il colle des photos de brioche à ses dessins, ou au contraire met en scène ceux-ci dans des photographies. Fasciné par la duplicité du monde, il questionne les apparences avec ses masques que l’on retrouve dans Americans, sa fresque du pavillon US de l’Exposition Universelle de 1958, délivre des diplômes d’artiste à ses amis avec force tampons et signatures, se lance dans la production de faux papiers, de trompe-l’œil en volume... Les tampons qu’il forge avec passion deviennent à leur tour éléments de ses dessins. Et les dessins qui sont bien, oui, oui, la forme la plus aboutie de son art, fût-elle reproduite à des centaines de milliers d’exemplaires et jetée en pâture au vulgaire comme sa fameuse couverture du New Yorker, View of the World from 9th Avenue (1976). Après Illumination, la rétrospective de son œuvre qui a fait le tour des capitales, le musée Ungerer propose une exposition originale qui a fait appel à l’incontournable Fondation Steinberg, à des collectionneurs particuliers mais aussi à l’INA. Dessins originaux, reproductions, publications, films, sculptures, objets dérivés rendent compte de la multiplicité d’une œuvre et de son influence sur les dessinateurs contemporains et héritiers de Steinberg. Son ami, Tomi Ungerer bien sûr, mais aussi Searle, Sempé, Chaval, l’hommeorchestre Pierre Étaix... Saul Steinberg, l’écriture visuelle, jusqu’au 28 février 2010 au musée Tomi Ungerer à Strasbourg. 03 69 06 37 27 - www.musees-strasbourg.org 47 zut !



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 1Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 2-3Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 4-5Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 6-7Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 8-9Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 10-11Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 12-13Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 14-15Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 16-17Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 18-19Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 20-21Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 22-23Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 24-25Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 26-27Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 28-29Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 30-31Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 32-33Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 34-35Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 36-37Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 38-39Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 40-41Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 42-43Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 44-45Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 46-47Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 48-49Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 50-51Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 52-53Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 54-55Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 56-57Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 58-59Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 60-61Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 62-63Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 64-65Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 66-67Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 68-69Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 70-71Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 72-73Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 74-75Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 76-77Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 78-79Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 80-81Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 82-83Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 84-85Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 86-87Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 88-89Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 90-91Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 92-93Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 94-95Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 96-97Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 98-99Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 100-101Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 102-103Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 104-105Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 106-107Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 108-109Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 110-111Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 112-113Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 114-115Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 116-117Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 118-119Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 120-121Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 122-123Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 124-125Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 126-127Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 128-129Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 130-131Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 132-133Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 134-135Zut ! numéro 4 déc 09/jan-fév 2010 Page 136