Zut ! n°3 sep/oct/nov 2009
Zut ! n°3 sep/oct/nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de sep/oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Chic Médias

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 33,3 Mo

  • Dans ce numéro : le coup du lapin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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CINÉMA La rivière et la forêt « J’ai été fascinée par sa transparence, elle a un côté paradisiaque, irréel. Il y a plusieurs cours d’eau différents en réalité, mais j’aimais l’idée que le spectateur puisse imaginer que ce cours d’eau aille jusqu’à la ville et ramène la barque de Bruno à la forêt. Il y a comme un effet de bout du monde avec son silence. Lors de l’écriture du scénario, j’avais été frappé durant une balade dans le Ried par l’image d’une barque à fond plat, silencieuse, une image très alsacienne. Ça a fait basculer le film dans la cavale lente. C’est aussi une image du Styx, de la peinture romantique allemande… Il y avait aussi ce plan sur le feuillage vu depuis la barque auquel je tenais beaucoup sur la musique de Woody Guthrie… » Le pavillon et la forêt « Je cherchais une ferme piscicole pour que Bruno et Isabelle puissent prendre facilement le poisson à mains nues après l’échec dans la rivière. Mais je ne trouvais rien, alors j’ai pris ce pavillon que Gabriel Goubet, qui a fait les premiers repérages, avait proposé. J’y ai ajouté le poisson séché : une touche norvégienne un peu farfelue ! C’est là que nous avons rencontré une garde des Eaux et Forêts et un chasseur qui connaissaient cette forêt, arbre par arbre. » Le blockhaus et la forêt Je l’ai inventé en me disant qu’il en existait forcément un sur le Rhin. On aurait pu le construire mais ça aurait augmenté les coûts de production. On ne trouvait rien de convenable, mais le chasseur m’en a montré cinq sur place en un quart d’heure. Je ne voulais pas de cabane pour servir de refuge aux personnages mais un abri aux murs extrêmement épais. C’est aussi un vestige de la guerre comme si on remontait le temps. Le feu de la Saint-Jean (Kogenheim) « Le plateau, c’est un bout de terrain à côté du stade de foot, le chapiteau a été réalisé par la décoratrice sur le modèle de ceux qu’on trouve dans le coin. C’est un moment collectif où l’on se laisse prendre à la contemplation du feu. Une sorte d’abstraction lyrique à la fin du film, d’ailleurs la bande son n’est pas très réaliste quand on sait la musique qui y passe habituellement. Pour les figurants de la fête, je voulais des gens du coin, mais j’avais peur qu’ils ne soient pas assez nombreux, j’ai donc demandé à des amis de Strasbourg de venir. Finalement, nous étions trop nombreux ! J’avais un peu peur de leur venue, mais je n’ai pas pu les voir, j’étais très fatiguée, Guillaume était très difficile : j’ai appris qu’il ne fallait pas faire ce genre de scène en fin de film, c’est trop éprouvant ! » La gravière (RHinau) « Je la connaissais déjà et j’avais envie de la retrouver, elle a une patine très particulière. C’est un endroit typique du paysage alsacien et avec ces machines, un signe du retour à la civilisation. Ça fait partie des choses très bizarres que l’on peut voir en Alsace comme les séchoirs à tabac. Je ne les ai pas utilisés, mais ce genre de grange dans la plaine, cela renvoie à la campagne américaine, les grands espaces, la liberté… » zut ! 58 Strasbourg vue de la rivière (la Montagne Verte et les Halles) « Nous avions l’embarras du choix pour tourner. Cet aspect de la ville avec ses faubourgs industriels est vraiment fascinant. On entend le bruit de l’autoroute : on retrouve la voie rapide du début hors champ, l’environnement devient agressif. On a vraiment l’impression de rentrer dans une grosse ville. La fin du film arrive au pied des Halles, j’avais seulement besoin d’un bout de quai et d’un escalier. Nous avions tourné des semaines dans la nature, le soleil frappait, il y avait plein de gens qui nous regardaient, c’était assez étrange après toute cette tranquillité. » Au voleur, de Sarah Leonor, avec Florence Loiret-Caille et Guillaume Depardieu. http://shellac-altern.org - Actuellement au cinéma Star Le chant intérieur Pour la bande très originale d’Au voleur, Sarah Leonor a sollicité un conseiller musical, Frank Beauvais, lui-même cinéaste très attentif à la présence de la musique dans ses réalisations. Le travail avec Frank Beauvais a commencé très tôt. Comme il est pléthorique, j’ai eu un grand nombre de propositions. À la base, il y avait un morceau de Woody Guthrie, Grassy Grass Grass (Grow Grow Grow), une comptine qui comprenait tout, et notamment le retour à l’enfance… Très vite, j’ai écarté la piste de la musique folk contemporaine que je trouvais trop ronde. Je me suis rapidement rendue compte qu’elle ne correspondait pas aux ambiances de la première partie du film. Ça « refusait », j’avais besoin d’âpreté. À partir de là, avec Franck, nous avons tiré un fil, nous avancions par séquence et par personnage, la musique de Manu, celles de Bruno et d’Isabelle. Dans la première version du montage, Franck découvre la silhouette de Guillaume à l’écran, il est reparti aussitôt chercher des éléments rock pour la scène du bar, par exemple. Par ailleurs, le folk que j’avais rejeté pour la première partie du film s’imposait comme une évidence dans la seconde partie, celle du Ried. C’était la musique du couple, le chant intérieur des personnages. Le pari, c’était de marquer ce basculement entre une musique très contemporaine et la musique primitive. En remontant ainsi le temps, on parcourt le trajet intérieur des personnages. Propos recueillis par Emmanuel Abela Morceaux choisis : Woody Guthrie, Grassy Grass Grass (Grow Grow Grow) The Ukulele Orchestra Of Great Britain, No Peace for the Wicked Colette Magny, Didn’t My Lord Deliver Daniel The Cramps, Lonesome Town Aria n°20 de la Passion selon Saint-Matthieu de Jean-Sébastien Bach interprété par Olivier Bombarda Balkan Beat Box, Digital Monkey Adel Shams el-Din, Chapelet de Perles Pygmées Baka, Hut Song
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