Zut ! n°3 sep/oct/nov 2009
Zut ! n°3 sep/oct/nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de sep/oct/nov 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Chic Médias

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 33,3 Mo

  • Dans ce numéro : le coup du lapin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ARTS PETER KNAPP l’élégance du regard Par Emmanuel Abela//Photo Alan Smithy Il aime qu’on dise de lui qu’il est inclassable, mais il est plus que cela. Directeur artistique de Elle dans les années 60, initiateur de Dim Dam DOm à la télévision, tout à tour photographe, peintre et cinéaste, Peter Knappest une pensée libre doublée d’un œil grand ouvert sur son temps. Rencontre à Saint-Germain-des-PrÉs à l’occasion de la sortie de Vincent van Gogh à Auvers, l’ouvrage qu’il publie avec l’historien Wouter van der Veen. D’où est venue l’idée de ce livre sur Vincent Van Gogh, avec Wouter van der Veen ? Avec Wouter, nous avions travaillé ensemble sur deux films, Moi, Van Gogh, premier documentaire produit en Imax sur un peintre pour l’écran géant de la Géode et Derniers Jours à Auvers, et comme j’avais moi-même déjà écrit un livre sur Van Gogh, j’avais envie de quelque chose de très précis. Combien de livres ont été écrits sur lui, 3 000 ? Sans doute bien plus ! Il nous fallait amener quelque chose de nouveau. Nous avons souhaité montrer les travaux durant les 70 derniers jours de sa vie, et évoquer celle qui a conduit à la célébrité. Ce n’est pas le peintre, ni son frère Theo, c’est bien la femme de Theo, Johanna Bonger. Elle n’aurait pas préservé l’œuvre de son beau-frère, ni eu l’intelligence d’une construction en terrasses autour de cette œuvre, en ne montrant que vingt tableaux, puis dix de plus, notre connaissance ne serait pas la même. C’est la première fois qu’on en parle. zut ! 50 Vous auriez pu vous contenter des films ? Je suis un peu déchiré entre l’information événementielle et l’information permanente. J’ai toujours envie des deux choses, du film et du livre. Le tournage, tu le vis avec un groupe, c’est sympa à faire, alors que quand tu écris ou photographies tu te retrouves seul – c’est « chiant » ! Mais ce qui est à l’écran, tu ne peux pas le récupérer. Par contre, tout que tu écris, dessines ou photographies, c’est imprimé, c’est dans un livre, tu trouves un titre, il y a l’épaisseur, un nombre de pages, tu places des marque-pages, tu retrouves une façon sûre. J’aime produire pour l’information événementielle, mais ce qui me semble sérieux c’est ce que je fais pour l’information permanente. J’adore l’imprimé, j’aime toucher l’objet, le papier. J’aime quand c’est bien fait. Tu te situes plus près de ton sujet qu’en triturant tes boutons et ton écran. Tu le vis mieux !
« Personnellement j’ai aRRÊTÉ DE TRAVAILLER POUR les magazines quand le rédacteur en chef n’était plus celui qui avait envie de lire son journal en premier. » Il y a des partis pris graphiques très marqués dans le livre… Et pourtant, je suis contre le livre visuel. Le truc que tu achètes avant de prendre l’avion et que tu as le temps de feuilleter durant ton trajet me fait chier. Pour moi, il faut qu’il y ait de la lecture, même pour un livre d’images. Je crois qu’il y a beaucoup plus de gens intelligents qui fonctionnent plus par la lecture et le savoir que de gens visuels. La lecture devient un pont et une aide à la vision. J’avais dit dès le début que je souhaitais avoir un commentaire par tableau, en plus du texte général. Je voulais absolument que les gens puissent rentrer dedans, qu’ils apprennent qu’il a plu ce jour-là ou au contraire qu’il faisait beau, que Van Gogh avait des soucis, qu’il n’avait pas l’argent ou qu’il attendait une lettre de sa mère… Je crois que tout ça compte dans le tableau. C’est reçu par celui qui le regarde et si ça n’est pas reçu, la lecture va apporter une aide. En feuilletant le livre, notre regard sur les tableaux de Vincent évolue… Une chose m’a frappé quand j’ai tourné le film pour France 5 [Derniers Jours à Auvers,ndlr]. À Orsay, je voulais tourner une séquence sur les gens qui regardent. Je me suis aperçu que la majorité des visiteurs, surtout étrangers, était là en train de photographier tous les tableaux. Les voir ne suffisait pas. Beaucoup ont écouté ce qu’on leur expliquait dans les casques, mais ils avaient surtout envie de revoir les tableaux pour mieux les vivre, même si les photos qu’ils prenaient avec leur téléphone étaient naturellement tristes. Ce qui est incroyable, c’est que tu ne peux plus empêcher les gens de photographier dans les musées. On a le sentiment que vous avez cherché à révéler la modernité de Vincent par le travail sur la disposition des textes. J’ai toujours cru que le travail graphique ne devait se voir que quand l’information ou le visuel était faible, sinon il ne faut pas qu’on voit le boulot. La grande majorité des lecteurs ne voit pas ce travail de mise en page. Cette manière de décaler les paragraphes que j’ai adoptée pour le livre, je l’emprunte à la philosophie du Bauhaus. Je cherche à rendre cette mise en page entièrement fonctionnelle. En fait, j’essaie de rendre l’écriture aussi visuelle que le visuel lui-même. Je crois que peu de gens sont en capacité de juger une typographie, mais moi je suis très attentif dans mes choix de typographie à la lisibilité. Je soigne l’interligne, je veille à ce que le nombre de signes par ligne ne dépasse pas les 70 signes. Aujourd’hui, ce ne sont que des nombres, mais au départ il y a la volonté de donner à recevoir l’information aussi bien visuelle qu’écrite. L’Histoire, qu’on le veuille ou non, est avec nous. Le comportement des gens change. À un moment donné, les magazines, les quotidiens manifestaient une certaine exigence pour leurs lecteurs, et en même temps, ils avaient plus de lecteurs qu’aujourd’hui. Personnellement, j’ai abandonné les magazines quand le rédacteur en chef n’était plus celui qui avait envie de lire son journal en premier. Quand les mecs ont cherché à vendre plus de magazines, ils ont perdu leurs « couilles » ! À partir de là, ça ne m’intéressait plus. J’aime mieux faire un journal pour un archéologue qui va tirer 10 000 exemplaires plutôt que pour un « connard » qui veut tirer 400 000 exemplaires, mais qui se fout de savoir ce qu’il va mettre dedans ! Dès que tu cherches à vendre sans te préoccuper du contenu, tu cherches à faire en sorte que ton directeur artistique soit de connivence avec toi. Moi, je ne veux pas aller dans ce sens là. Contrairement à eux, je n’exprime aucun mépris pour le public et je crois que je suis aujourd’hui encore en mesure de faire un journal populaire bien mieux que ceux qui croient savoir le faire… Quand je vois le journal Elle qui ne s’intéresse qu’à la mode et aux people, avec une page de texte unique, en face de la publicité, je n’y crois pas du tout ! Et puis, quand je faisais le journal, à l’époque, on vendait un million d’exemplaires, aujourd’hui ils n’en sont plus qu’à 300 000 ! 51 zut !



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