Zoom Japon n°95 novembre 2019
Zoom Japon n°95 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°95 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 16,4 Mo

  • Dans ce numéro : spécial vin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ZOOM VOYAGE KONDÔ Nobuyuki gère le vignoble Komazono depuis 2015. est apparu plus tard », raconte tSUCHIYA Yukari. Depuis que les méthodes de fabrication se sont améliorées, la tendance change. Si la part du vin japonais ne représentait guère plus de 5% de la consommation locale, la proportion pourrait bien atteindre les 10% au cours de la prochaine décennie, affirment des spécialistes. « Le vin produit à Yamanashi, il y a dix ans, n’a plus rien à voir avec celui que l’on produit actuellement. Le goût est totalement différent. A l'époque, je n’aurais jamais bu de vin Kôshû, aujourd’hui, c’est de loin, celui que je préfère », affirme OMAtA Marie, 32 ans, guide spécialisée en viticulture japonaise. Après une première vie, dans les départements de ventes de grandes entreprises comme Shiseidô, the Japan 32 ZOOM JAPON numéro 95 novembre 2019 times ou encore tesla, la ravissante trentenaire a entrepris une reconversion osée. Passionnée par le terroir de sa région natale, Yamanashi, où elle vit depuis toujours, elle a à cœur de partager les richesses du patrimoine local. « Même lorsque je travaillais à Tôkyô, je préférais faire 1h 45 de train chaque matin et chaque soir plutôt que de renoncer à vivre à Yamanashi », raconte-t-elle. Grande voyageuse, elle a parcouru le monde, visitant seule, plus d’une cinquantaine de pays sur une période de dix ans. « J’ai une petite préférence pour la France où je suis allée huit fois. J’aime découvrir de nouvelles cultures et en voyageant, je me suis rendue compte que personne ne savait que le Japon produisait du vin et j’ai eu envie de promouvoir ma région, à ma façon », ajoute-t-elle. Aujourd’hui, elle guide essentiellement des viticulteurs et voyageurs étrangers, en tours privés (www.facebook.com/yamanashiwineries). « Je fais le lien avec les producteurs locaux qui n'ont pas le temps de communiquer sur leur savoir-faire et qui ne parlent pas anglais. » Elle les aiguille et remarque que « les personnes repartent toujours agréablement surprises. Car oui il y a toutes sortes de vins de qualité au Japon, en particulier à Yamanashi. On trouve aussi des vins natures ou produits en biodynamie. Le vin de Kôshû a également cette spécificité que l’on appelle l'arôme ginjôshu, proche du saké et qui permet une alliance parfaite avec les saveurs de la cuisine locale. » L'histoire de la viticulture japonaise puise véritablement ses origines, en 1877. A l'époque, tAKANO tanja houwerzijl pour Zoom Japon
Masanori et tSUCHIYA Ryûken, salariés de la première coopérative viticole japonaise, la Dai-Nihon Yamanashi budoshu kaisha, ont entrepris un voyage en France, sur les chemins des vignobles de l’Hexagone. Ils y passeront quarante-six jours et y apprendront les bases du savoir-faire avant de rentrer et d’entamer une production de vin à grande échelle, dans la préfecture de Yamanashi. Le raisin sélectionné est la variété locale, le Kôshû, cultivé au Japon depuis 1300 ans, originaire du Caucase et qui a transité par la Route de la soie. La variété présente le double avantage d’être résistante aux maladies, à la pluie et au froid et d’avoir une texture fraîche avec une subtile acidité. Dans les années 1970, la coopérative devient Château Mercian, aujourd’hui entreprise phare du vin japonais. « Le nouveau nom a permis de faire référence à la France, Château pour les vignobles français et Mercian pour Merci, explique NAKAMURA Kazuaki, vigneron de l'entreprise. Au Japon, lorsque nous confectionnons du saké par exemple, nous prenons soin de remercier le riz, l’eau, les agriculteurs qui nous ont permis d’arriver au produit final. Ici, c’était notre façon de reprendre cette idée, mais dans le domaine du vin. » Ce matin-là, une dizaine de curieux venaient visiter les caves de la fameuse coopérative qui a vu naitre les premiers litres de vin japonais, il y a de cela 140 ans. Château Mercian (www.chateaumercian.com/en) cultive du raisin Kôshû et Muscat Bailey A à Yamanashi, mais aussi du Chardonnay et du Merlot dans la préfecture de Nagano. La coopérative envisage de s’agrandir en ouvrant un nouveau vignoble, Mariko, à Nagano cet automne. « Le vin japonais se marie indéniablement mieux que les autres vins avec la cuisine de l’Archipel, assure NAKAMURA Kazuaki. Le vin Kôshû est excellent avec les sushis et les sashimis, les vins rouges avec la cuisine familiale japonaise tels que le porc au gingembre ou le bœuf hâché. Nous sommes absolument convaincus que le marché va encore s’étendre et progresser. » A Kôshû et ses environs, il semble que toute la population locale vibre et vit au rythme du raisin, élevé au rang de véritable star locale. La ferme Miura (www.miurayafarm.com), sur la commune Le raisin de Kôshû résiste aux maladies, à la pluie et au froid. d’Enzan, cultive du raisin de table sur environ deux hectares. Une vie difficile mais épanouissante selon MIURA Makoto, 47 ans. Chaque matin, il se lève à 4h. De mai à octobre, il sait qu'il ne pourra pas se permettre un seul jour de repos. « Cela commence par le moment où les premières grappes commencent à sortir. Je dois les surveiller. Je cultive du Kyohô, du Peony, du Muscat. » A Kôshû, tout le monde a une histoire avec ce fruit. MIURA Makoto s'est installé à Yamanashi en 2013, avec sa femme Kahoko et leur fille Akiho, âgée de 10 ans. « Nous sommes originaires de Kamaishi, dans la préfecture d’Iwate, au nord-est de l’Archipel. Après le grand tremblement de terre de 2011, nous avons eu envie de changer de vie. J’avais occupé plusieurs postes dont celui d’employé dans une entreprise d’électricité, mais j’avais toujours caressé le rêve de devenir agriculteur un jour. » Le séisme et le tsunami ont été un électrochoc pour cette famille qui a tout plaqué pour démarrer une nouvelle vie. « Mon père avait une entreprise de pêche, explique Kahoko. Au début, j’ai eu du mal à m’habituer à un quotidien dans les montagnes, moi, fille de la mer. Je me sentais enfermée. Et puis j’ai appris à apprécier à vivre ici. Aujourd’hui, je m’y plais beaucoup. » Leur fille handicapée dispose d’un meilleur ZOOM VOYAGE accès aux soins que lorsque la famille se trouvait dans le tôhoku. « On aime aussi beaucoup le vin blanc, le vin Kôshû que l’on a plaisir à faire découvrir aux gens de passage », explique-t-elle. En plus de son travail au champ, la famille ouvre les portes de sa ferme et offre gîte et couverts aux voyageurs. « C'est un vrai plaisir d'accueillir de nouveaux habitants dans la région, » se félicite pour sa part tSU- CHIYA Yukari. « C’est bon pour l'économie locale et nous sommes enchantés de voir des personnes installer une exploitation agricole ou viticole. Vous savez, il n’y a pas vraiment de concurrence entre nous. La demande pour nos vins augmente, mais nous sommes d’ores et déjà au maximum de nos capacités de production alors de nouveaux bras sont donc toujours bienvenus ! » JOHANN FLEURI POUR S’Y RENDRE AU DÉPART DE LA GARE DE SHINJUKU, À TÔKYÔ, empruntez le train Azusa en direction de la gare d’Ôtsuki sur la ligne Chûô. Il faut environ 75 mn pour s’y rendre. A Ôtsuki, changez pour une ligne locale en direction de Katsunumabudôkyô (environ 20 mn). A Katsumabudôkyô, taxi et bus seront à votre disposition. novembre 2019 numéro 95 ZOOM JAPON 33 tanja houwerzijl pour Zoom Japon



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