Zoom Japon n°95 novembre 2019
Zoom Japon n°95 novembre 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°95 de novembre 2019

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 16,4 Mo

  • Dans ce numéro : spécial vin.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ZOOM CULTURE C’est un travail d’Hercule sinon de Sisyphe. Mais les visages de ces deux hommes sont radieux. M. HAYASHI affirme que la passion et l’envie de voir apparaître un bon vin dans la région le poussent à travailler avec patience. Investir en tant que privé dans ce travail de longue haleine de création de cépages croisés est loin d’être simple. « Il ne faut pas trop en parler à nos femmes, qui nous critiqueraient en disant que nous ne parlons que des rêves propres aux hommes… », disent-ils en riant. ÔOKA Hirotake produit également du vin avec un cépage appelé Shôkôshi, issu d’un croisement avec une variété endémique, le yamabudô (raisin de montagne), résistante aux maladies et qui permet donc une culture organique. Et pour certains cépages difficiles à cultiver dans l’Archipel à cause de la pluie, il propose d’utiliser les serres en verre, propres à Okayama qui existent depuis plus de cent ans grâce à la culture des arbres fruitiers. Ainsi, les serres traditionnelles ne sont plus abandonnées faute d’usage, et les raisins Les femmes amatrices de vins japonais apportent leur force à chacune des étapes de la promotion de cette ambroisie. d’abord les productrices. Le milieu du vin japonais a pu bénéficier de la présence des femmes, et la liste de celles qui réalisent un travail remarquable est heureusement longue. Chez takeda Winery dans la préfecture de Yamagata, c’est KishidaiRa Noriko qui, après quatre ans de formation en france, a repris le vignoble familial, avec des vignes vieilles de 70 ans. iKENo mie, responsable du vignoble domaine mie ikeno, a arrêté son travail d’éditrice pour partir étudier à l’université de montpellier et obtenir un diplôme de vinification. à son retour, elle a décidé de créer son « domaine » à Yamanashi, et de produire des vins issus uniquement de ses vignes, ce qui était encore très rare à l’époque. taKaNo hiroko qui travaille 18 ZOOM JAPON numéro 95 novembre 2019 n’attrapent pas de maladie à cause de l’humidité. Les faire pousser en bord de serre avec les racines à l’extérieur, élimine également le problème de l’arrosage. ÔOKA Hirotake lui-même cultive la Syrah dans sa serre. Dans une autre parcelle, on aperçoit des pieds de Savagnin, et on devine qu’il est en pleine expérimentation pour apprendre à connaître son terroir. Parler du « terroir » n’est pas une évidence pour les vins au Japon, car il faut d’abord réfléchir à la nature de sa région, planter des vignes en harmonie avec la terre, imaginer un mode de production qui fonctionne sur le long terme, financièrement parlant, et pour les vignerons, et pour les producteurs de vin… Ceux qui connaissent les vins réalisés par ÔOKA Hirotake au cours de sa période « France » affirment que l’on sent toujours, malgré le changement de lieu et de cépage, une « tonalité » qui lui est propre. Preuve que le vin est le résultat d’une osmose entre le travail des hommes et celui de la terre. Le cas d’ÔOKA est pour cela exemplaire  : dès son retour au Japon, il a vu les terrains à développer, et a élaboré des projets dans plusieurs domaines, pour que la région se distingue par ses vins. Un projet né de la philosophie du « vivre ensemble ». Exemplaire aussi parce que c’est la philosophie de beaucoup de producteurs au Japon, peu importe la manière dont elle est appliquée. Nombreux sont ceux à avoir remarqué l’esprit d’entraide des jeunes producteurs. ÔOKA Hirotake propose, entre autres, des formations et des stages destinés aux jeunes passionnés, afin d’inciter les producteurs de vins à s’installer à Okayama. Il a également pour objectif de rassembler les producteurs biologiques de tout genre (légumes, riz, fruits, éleveurs de porcs, de poulets, fermiers…) afin de mettre en place un cycle de production organique avec un recyclage des matières à tous les stades. Cette vision est suffisamment passionnante et lumineuse pour entraîner la jeune génération à très vite suivre ses pas. BoN à savoiR Ces femmes qui défendent avec force le vin japonais comme responsable de vinification chez fujikko Winery, a été formée par asai usuke, et a apporté des améliorations considérables à ce vignoble tenu par une société agroalimentaire. misaWa ayano de Chûô Budôshu grace Wine, a étudié en france, au Chili, en afrique du sud et a créé une cuvée, produite avec un cépage endémique, le « Kôshû », qui a remporté le premier prix au concours international decanter World Wine award. Et pour qu’un bon produit passe entre les bonnes mains, il faut avoir de bonnes vulgarisatrices  : KatoRi miyuki, La journaliste spécialisée dans les vins et surtout japonais a publié plusieurs livres à ce sujet (guide, portraits de producteurs, livre de recettes qui s’accordent avec les vins japonais…) et a grandement contribué à la popularisation de ce domaine longtemps méconnu. KaKimoto Reiko, également journaliste et amatrice de longue date de vins japonais, a non seulement écrit des articles, mais organise aussi régulièrement des visites des petits producteurs, ou des dégustations koppu no kai (soirée de tasse). Le concept étant de rendre les vins plus familiers, elle propose de les boire dans des verres sans pieds. Elle soutient ainsi les petits producteurs qui n’ont pas les moyens SEKIGUCHI RYÔKO de passer leur message tout seul. Et enfin, pour être une bonne conseillère et bonne ambassadrice de ces vins, nous aimerions vous confier un secret et vous livrer l’adresse d’un lieu discret, mais délicieux et surtout humain comme on en trouve souvent à Kyôto. tasuku (1f Yontomikaikan, 615 Nishidaimonji-chô, tominokôji shijô agaru Chûkyô-ku, Kyôto 604-8054), c’est le nom de ce bar spécialisé dans les vins japonais, qui se trouve dans un quartier qui rappelle les années 1950-1960. Le mini-comptoir de huit personnes, souvent plein, est géré par une appassionata de vins de Yamanashi, iKENishi Yuka. on peut y déguster une jolie sélection de bouteilles, avec un assortiment de petits mets qu’elle concocte elle-même. un lieu privilégié pour entrer dans l’univers du vin japonais. S. R.



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