Zoom Japon n°81 juin 2018
Zoom Japon n°81 juin 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°81 de juin 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (48 x 68) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 6,7 Mo

  • Dans ce numéro : voyage, voyage...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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zoom aCTU séRiE Celui qui redonne vie aux objets En créant Geppi Kôsaku-sha, Yamauchi Takeshi a trouvé un excellent moyen de nouer des liens avec le reste de la population. Refusant de vivre enfermé dans un bureau, ce jeune entrepreneur a choisi la voie du recyclage. Si le séisme de 2011 a été si brutal et si destructif, il a aussi été l’occasion de se rendre compte que la population restait attachée à beaucoup de ses objets quotidiens. En août 2015, YAMAUChI Takeshi a ouvert une boutique de recyclage dans le quartier de Tatemachi, à Ishinomaki, pour redonner une nouvelle valeur aux ustensiles et meubles usagers. « C’est comme pour la ville, il faut puiser dans les ressources existantes », nous dit-il en travaillant dans son atelier du centre-ville. Originaire du quartier d’Izumi, et ayant grandi dans celui de Wakabayashi, ce fils unique dont les parents travaillaient tous les deux, n’a pas vu le temps passer en bricolant des choses à sa portée. Après des études d’architecture au lycée professionnel d’Ishinomaki, il a été embauché par une grande entreprise de construction de maisons. « Je vais enfin pouvoir devenir créatif », s’était-il dit en commençant à travailler. Mais son élan n’a pas pu se concrétiser car, pour son premier poste, il a été envoyé, à Sapporo, où il était cantonné à un travail de bureau. Dans sa vie de célibataire, sa passion première et débordante pour le bricolage était centrée sur la création de meubles. Lorsqu’il a été muté à Tôkyô, il a envisagé de changer d’emploi et a commencé à suivre des cours de conception d’espace. Au lieu de démissionner tout de suite, « comme il y avait un concours national d’architecture qui pourrait être avantageux pour l’avenir », il a attendu d’obtenir son diplôme pour quitter son emploi. « Je tenais à maîtriser l’ensemble du processus allant de la conception à la réalisation, ce qui m’a conduit à la fabrication de meubles », explique-t-il aujourd’hui. Au lendemain du séisme, il a pensé suivre des cours de fabrication de meubles en bois dans une école spécialisée d’Ishinomaki. Après avoir trouvé un appartement, il a donc présenté sa démission, mais son supérieur lui a dit  : « Ne voulez-vous pas reconsidérer la chose ? » Ses parents, quant à eux, n’ont pas été plus encourageants. « Tu sais, tu fais une grosse bêtise », lui ont-ils lancé. Mais sa décision était prise. « C’était la création avant tout ». Il était déterminé à faire que ce qu’il voulait. Mais son père, propriétaire d’une supérette, ayant été hospitalisé juste avant le début des cours, il a dû finalement y renoncer. Au terme de trois mois de travail en intérim dans la supérette, son père a finalement repris son poste. Le bail de son appartement à Ishinomaki n’était pas encore arrivé à son terme, mais l’avenir restait incertain. Grâce à un de ses collègues de travail qui avait un ami à Ishinomaki, l’occasion lui a été donnée de tisser des liens. Inscrit dans une association communautaire de la ville, il a participé à différentes activités en installant des logements précaires pour les victimes, avant de finalement créer, en août 2015, l’atelier Up Cycle Products (UCP). Comme son nom l'indique, l’UCP a pour vocation de redonner vie à de vieux objets. « Je n’ai rien contre ce qui est neuf, mais c’est aussi important de savoir apprécier des choses sur le long terme et cela nous permet d’enrichir notre intérieur. La valeur est aussi inscrite dans le temps », confie-t-il. En janvier 2017, il a rebaptisé son atelier en Geppi Kôsaku-sha dans l’espoir que « ces objets puissent accompagner les gens plus longtemps. » Certes, il n’avait pas encore beaucoup de liens avec Ishinomaki, mais c’est ici qu’il a débuté ses activités. « A Ishinomaki, une fois que vous vous liez avec quelqu’un, le cercle d’amis s’agrandit tout de suite. Je suis ravi d’avoir pu débuter ici », raconte-t-il. Son attachement est sans faille. « Je voudrais que mon travail de création me rapproche encore davantage des gens et j’ai aussi l’intention de créer un atelier commun où tout le monde pourra travailler ensemble », lance-t-il comme un pas vers la reconstruction de la ville. OHMI SHUN, HIRAI MICHIKO juin 2018 numéro 81 zoom japon 3 ishinoMaKi hibi shiMbun
collection Calude Leblanc zoom DoSSiEr Grâce à un réseau ferré très dense, il est facile de se déplacer dans tout le pays, ce qui a incité les éditeurs à créer de magnifiques cartes touristiques. Voyage, Voyage Du nord au sud de l’archipel, nous vous invitons à découvrir des lieux originaux et authentiques. Cette année encore, le Japon devrait battre de nouveaux records en matière de tourisme puisque, depuis plusieurs années, l’archipel est devenu la destination à la mode. Des hordes de touristes en provenance essentiellement d’Asie (Chine, Taïwan, Corée du Sud, hong Kong ou Singapour) viennent découvrir un pays dont ils ont souvent eu un premier contact au travers de la cuisine ou de la culture populaire. Les Asiatiques ne sont pas les seuls à s’y rendre. Au fil des ans, le nombre d’Européens a considérablement augmenté. Français, Britanniques, Allemands, Espagnols ou Italiens veulent aussi leur part de Japon, mais comme 4 zoom japon numéro 81 juin 2018 les autres, ils ont tendance à se concentrer sur la fameuse « Golden Route », à savoir Tôkyô, Kyôto et hiroshima, oubliant que le Japon dispose d’un vaste territoire riche en paysages variés, disposant d’une gastronomie tout aussi diverse et une population chaleureuse au nord comme au sud, de hokkaidô à Okinawa. A force de se concentrer dans les mêmes zones touristiques, les visiteurs étrangers finissent par ne rencontrer que d’autres visiteurs étrangers au point que parfois on peut s’amuser de voir un Occidental photographier une Asiatique en kimono pensant qu’il a affaire à une Japonaise alors qu’il s’agit d’une Chinoise ou d’une Coréenne. Certains endroits sont, d'ailleurs, désertés par les Japonais. Cette forte concentration a aussi comme conséquence fâcheuse d’amener les promoteurs à détruire certains vieux quartiers pour y construire des infrastructures hôtelières, oubliant qu’à terme, cette solution contribuera à appauvrir les lieux et à faire fuir les touristes. Voilà pourquoi nous avons choisi de vous proposer un dossier dans lequel nous avons demandé à quelques-uns de nos collaborateurs de présenter un lieu qu’il aime particulièrement. Au total, nous avons rassemblé 10 endroits répartis sur l’ensemble du territoire japonais. Il s’agit à chaque fois d’une invitation personnelle à découvrir des sites souvent ignorés des touristes, y compris Japonais, mais qui possèdent tous les atouts pour satisfaire la curiosité, procurer des émotions et ravir les plus exigeants. C’est donc un Japon différent de celui souvent proposé dans les dépliants touristiques que nous invitons aujourd’hui à découvrir. ZOOM JAPON



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