Zoom Japon n°75 novembre 2017
Zoom Japon n°75 novembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°75 de novembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 13,3 Mo

  • Dans ce numéro : Yôkai, fantômes et compagnie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 2 - 3  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
2 3
A 29 ans, SASAki Mai a trouvé un sens à sa vie grâce à sa boutique de vêtements qui lui permet de créer des liens. L’importance du «lien» s’est bien faite ressentir lors des événements du 11 mars 2011. aussi créer des liens entre nous est-il aussi possible par l’intermédiaire des vêtements dans la mesure où ils sont le fruit du tissage de fils. originaire du quartier de kitakamichô, à Ishinomaki, SaSakI Mai travaille dans le secteur de la mode. Elle fait partie de ces personnes qui sont revenues dans leur ville natale en septembre 2014. actuellement, elle dirige la boutique Hiyori Style qui propose des vêtements laissés en dépôt à disposition des personnes susceptibles d’être intéressées. Elle tente ainsi de créer une nouvelle culture vestimentaire. Du temps où elle était collégienne, contrainte de porter tous les jours soit l’uniforme d’école soit une tenue de sport, elle aurait aimé pouvoir avoir accès à «une mode de vêtements d’occaz», comme elle dit. Près de chez elle, il n’y avait pas de librairie et elle demandait à ses parents, lorsqu’ils allaient au centre ville, de lui acheter des magazines de mode. Et dans son quartier, il n’y avait pas non plus de boutique de vêtements qui aurait pu la faire rêver. au lycée, elle s’était inscrite au club de dessin et aimait réaliser des esquisses d’instantanées de rues tout en organisant des expositions. Elle fréquentait alors la seule boutique d’occasion baptisée Trésors et située devant la gare d’Ishinomaki. Dès le collège, elle avait déjà l’idée de travailler dans le secteur de la mode. Par la suite, elle s’était inscrite dans une école spécialisée de mode à Tôkyô en suivant une formation dans la haute couture. ne sachant pas très bien s’exprimer, sa recherche d’emploi n’a pas été aisée mais un de ses professeurs lui a présenté la grande entreprise, kapital, qui l’a embauchée finalement comme vendeuse, bien qu’elle aurait préféré travailler à la fabrication. En boutique, ses journées se bornaient à faire l’article. Si elle se contentait de cette situation elle n’a jamais cessé de penser qu’«un jour, je travaillerai à la fabrication». Ce n’est qu’au bout de trois ans qu’on lui a proposé de travailler dans l’usine implantée à okayama dans le sud du pays. Elle a accepté sans hésitation et pendant deux années, elle s’est occupé de la gestion de la qualité tout en travaillant également à la fabrication. Quand elle était lycéenne, elle éprouvait un certain rejet pour Ishinomaki au point de se dire  : «Je déteste cette ville ! ». Mais, un jour, en visionnant sur Internet des images d’Ishinomaki après le tsunami, elle s’est rendu compte des bouleversements qui s’y étaient produits et elle a décidé d’y revenir ! a 27 ans, elle a alors donné sa démission de l’usine de vêtements, effectué un tour du Japon pour finalement se réinstaller à Ishinomaki. Elle y a trouvé un emploi de bureau dans une station thermale voisine. Bien que menant une vie assez tranquille, sa motivation première était toujours vivace. «Louer des vêtements était devenu une de mes obsessions», explique-t-elle. L’occasion s’est présentée avec aMano Miki, la propriétaire du café Hiyori Kitchen situé dans le centre commercial d’Ishinomaki. Cette dernière cherchait, elle aussi à faire quelque chose autour des «vêtements» et elle lui a lancé tout de go «c’est une bonne idée. Faisons-le ensemble ! » C’est ainsi que s’est présentée l’occasion zoom aCTU séRiE Celle qui veut nouer des fils SaSaki Mai a trouvé le meilleur moyen de s’épanouir. de partager son projet avec quelqu’un. En juillet 2016, c’est à l’étage de Hiyori Kitchen qu’elle a ouvert Hiyori Style. Le concept de location de vêtements vient de l’idée de «donner une chance à ses vêtements préférés….de voyager ! ». Voilà comment elle prend un grand plaisir à tisser de nombreuses rencontres autour des vêtements. «Je sers d’intermédiaire non seulement aux vêtements, mais aussi aux gens», dit-elle en souriant timidement. Fin 2016, elle ferme sa boutique du centre commercial, pour la rouvrir dans un café du quartier de Monouchô, au nord-ouest d’Ishinomaki. Elle croit fermement au potentiel que peut représenter un vêtement. «Je suis très fière de mon prénom… dont l’idéogramme signifie justement ‘habit’ ! », lance-t-elle. Grâce à toutes ces rencontres, SaSakI Mai commence à s’exprimer beaucoup plus facilement. OHMI SHUN, HIRAI MICHIKO novembre 2017 numéro 75 zoom japon 3 ishinoMAki hibi shiMbun
dR zoom doSSiEr Histoire de se faire peur Le Japon possède une longue tradition d’histoires mettant en scène des fantômes et autres monstres. 4 zoom japon numéro 75 novembre 2017 Suma Urabe Suetake rencontre un fantôme. Estampe de TSUkiOka Yoshitoshi, 1865. Halloween est ce moment de l'année où, dans certains pays, l'occulte, le macabre et l'humour se rejoignent pour donner lieu à une sorte de carnaval mortifère, mais fondamentalement réservé aux enfants. Malgré la présence d’images liées à l’univers de la mort et des monstres, cette fête conserve une dimension ludique. Il suffit de voir la dimension commerciale qu’elle a prise pour comprendre à quel point cet événement annuel est devenu une grande foire. Ce n’est que très récemment que la fête d’Halloween a fait son apparition au Japon, mais le pays a toujours été ouvert aux traditions culturelles et religieuses venues de l'étranger, et les jeunes générations semblent avoir saisi une nouvelle occasion de s’amuser de façon fantasmagorique. Il se peut qu’Halloween leur rappelle le cosplay, qui ne se limite en aucun cas aux costumes inspirés d'anime et de jeux vidéo, mais s’étend au monde des ninja, des samouraïs et de la culture traditionnelle. Il faut dire que les Japonais ont pris leurs fantômes et leurs monstres très au sérieux pendant des siècles, comme en témoigne la longue histoire de la fiction surnaturelle et effrayante. Pendant la période d'Edo (1603-1868), par exemple, il existait un jeu populaire parmi les samouraïs appelé Hyakumonogatari Kaidankai [Petit concentré de cent contes surnaturels]. Les joueurs se réunissaient dans une pièce la nuit et, après avoir allumé une centaine de bougies, ils se racontaient tour à tour des histoires effrayantes. après chaque conte, une bougie s'éteignait et la pièce s’assombrissait progressivement, offrant aux participants une dose supplémentaire de frissons au fur et à mesure que le temps passait. on disait que, lorsque la pièce serait complètement plongée dans le noir, un fantôme ferait alors son apparition et viendrait hanter le lieu. Selon Edward Lipsett, un expatrié américain installé à Fukuoka qui, depuis 2002, a publié de nombreuses œuvres de ce type chez kurodahan Press, les kaidan [contes étranges] et kaiki shôsetsu [fictions de l’étrange] sont apparus en tant que genre littéraire au milieu du XVII e siècle et se sont imposés par la suite auprès du public grâce notamment aux nombreuses adaptations théâtrales et cinématographiques. En 1953, le réalisateur MIzoGUCHI kenji Spectre d’Oiwan-san. Estampe de Hokusai, 1831. dR



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :