Zoom Japon n°56 déc 15/jan 2016
Zoom Japon n°56 déc 15/jan 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°56 de déc 15/jan 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : biker un jour, biker toujours ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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zooM cultuRe ROMAN Murakami prend son envol Les deux premiers romans de l’écrivain paraissent mi-janvier chez Belfond. Utiles pour découvrir ce qui va faire sa spécificité. après nous avoir proposés juste avant Noël un joli hors-d’œuvre, L’Etrange bibliothèque, nouvelle de MuRaKaMi Haruki illustrée par Kat Menschik, les éditions Belfond reviennent, au mois de janvier, avec un plat de résistance signé du même auteur qui devrait ravir ses fans. il s’agit de ses deux premiers romans enfin traduits en français et réunis en un seul volume. il en existait une traduction anglaise réservée quasi exclusivement au marché japonais et le romancier avait longtemps refusé de nouvelles traductions, estimant que ces deux œuvres ne méritaient pas d’être soumises au regard des lecteurs étrangers. Pourtant Ecoute le chant du vent et Flipper, 1973 constituent les deux premiers volets de la trilogie du Rat close par La Course au Mouton sauvage (1990) qui marque, selon lui, « le véritable début de ma carrière de romancier » comme il l’écrit dans la préface. Si le premier n’avait pas été couronné par le prix Gunzô, l’une des récompenses littéraires les plus connues du pays, MuRaKaMi Haruki reconnaît qu’il « n’aurait peut-être jamais écrit d’autre roman ». Voilà pourquoi il se devait de l’offrir avec le second à ses nombreux lecteurs qui apprécient tant son style. Evidemment nous avons affaire à des œuvres de jeunesse qui n’ont pas la qualité de ses romans plus aboutis comme Chronique de l’oiseau à ressort ou même 1Q84, mais elles possèdent déjà les germes de ce qui va contribuer à construire et alimenter le fameux style MuRaKaMi. On retrouve ainsi le rythme qui caractérise tant son écriture RéféRences ecoute le chant du vent & flipper, 1973 de MuRakaMi Haruki, trad. par Hélène Morita, Belfond, 21,50 € EXPOSITIONS Expo-vente Cadeaux de Noël jusqu'au 5 décembre 2015 Expo-illustrations Comptines japonaises par ICHIKAWA Chiho Du 8 au 23 décembre 2015 22 zooM japon numéro 56 décembre 2015 Avec Ecoute le chant du vent et Flipper, 1973, MURAKAMI Haruki commence à affirmer son fameux style. ainsi que les prémices de son désir de s’affranchir des codes japonais. C’est ce qui le distinguera d’ailleurs de l’autre grand MuRaKaMi, Ryû de son prénom, qui apparaît à la même époque mais qui conservera une dimension nippone dans son œuvre à la différence de celle de Haruki beaucoup plus universelle. C'est ce qui explique pourquoi l’auteur de La Ballade de l’impossible (1987) a réussi à conquérir plus facilement le monde entier avec ses romans que Ryû et ses Bébés de la consigne automatique (1980). Dès les premières pages d’Ecoute le chant du vent, on sent s’affirmer cette volonté d’entraîner le lecteur dans un univers littéraire qui n’a rien à voir avec le Japon. après tout, comme MuRaKaMi l’explique après coup, il voulait lui-même fuir son pays (il le fera d’ailleurs pour voyager en Europe et s’installer ensuite aux Etats-unis) et échapper aussi à sa littérature ainsi qu’à son langage littéraire. D’où les références à un écrivain américain imaginaire, Derek Heartfield, ou encore le choix de ATELIERS RÉSERVATION OBLIGATOIRE KOKEDRMR e S. ! I i ESSININCR STAGE INTENSIF DE JAPONAIS DÉBUTANT LES MERCREDIS ET VENDREDIS DE 19H A 21H 32H DE COURS - 395 € TT,C MATÉRIEL COMPRIS FORMATION PROFESSIONNELLE 535 € HT ou 22/01 RU 16/03 2016 espace 12 rue de Nancy 75010 Paris 01 47 00 77 47 infos@espacejapon.com Japon l’assassinat de Kennedy comme élément chronologique clé plutôt qu’un événement purement japonais. Toutefois, on sent bien que c’est encore hésitant à cette étape de sa vie puisqu’en évoquant Jean-Christophe de Romain Rolland comme œuvre de référence chez Derek Heartfield, son mentor littéraire, le narrateur oublie que ce roman est surtout apprécié des Japonais alors même qu’en France, il a été malheureusement oublié. C’est par ce genre de détails que l’on prend la mesure des efforts que MuRaKaMi va devoir encore déployer pour parvenir à atteindre son objectif. Flipper, 1973 ne fait que confirmer cette orientation avec plus de force et de conviction encore. il rejette le monde des « salary men » japonais qu’à titre personnel il n’a pas rejoint puisqu’avant de devenir romancier, MuRaKaMi s’était endetté pour ouvrir un bar de jazz. Voilà pourquoi ces deux courts romans sont intéressants. ils mettent en perspective les recettes qui vont lui permettre de devenir le romancier à succès que l’on connaît. O. N. Mardi-vendredi  : 13h-19h/samedi  : 13h-18h Réservation en Ligne sur www.espacejapon.com ezeikrei DR
Les Acacias/Toho CINÉMA Quand Naruse nous émeut Film méconnu du cinéaste, Une Femme dans la tourmente est une de ses plus belles réalisations. A découvrir absolument. Quand il entame le tournage d’Une Femme dans la tourmente (Midareru), NaRusE Mikio est presque à la fin de sa longue carrière entamée trente-quatre ans plus tôt, en 1930. On dit alors que le cinéaste est sur le déclin. Pourtant, il va livrer l’un de ses plus beaux films porté par la merveilleuse TaKaMiNE Hideko avec qui il a commencé à travailler, en 1941, avec Hideko, receveuse d’autobus (Hideko no shashôsan). Ce que révèle ce long-métrage, c’est non seulement la parfaite maîtrise du cinéaste qui en est à son 86 e film, mais surtout sa capacité à construire une histoire qui prend le spectateur de la première à la toute dernière minute. D’autant qu’il témoigne encore dans cette œuvre de son attachement à rapporter la vie des gens simples, mais qui connaissent eux aussi des drames liés à Dans la dernière scène du film, on peut lire la sidération et le désespoir de Reiko. 1 sri r IlhliGh ANIME - » Mei JEUX 1JUIÉ0 ers Pl firratix meinus des facteurs extérieurs sur lesquels ils n’ont en définitive aucune emprise. Le côté sombre et tragique qui caractérise une partie de la filmographie de NaRusE se retrouve donc dans Une Femme dans la tourmente. Qui ne le serait pas d’ailleurs à sa place. Reiko (TaKaMiNE Hideko) vit à shimizu, petite ville de province, où elle s’occupe de l’épicerie de sa belle-famille depuis la mort de son mari, tué au front à la fin de la guerre. Elle doit faire face à la concurrence d’un supermarché qui s'y est implanté. Le cinéaste insiste beaucoup sur cet aspect des choses. Vingt ans après la fin de la seconde Guerre mondiale, une partie du pays, lequel s’apprête alors à devenir l’une des principales puissances économiques de la planète, n’est pas encore tout à fait préparée à basculer dans la modernité des rapports économiques dont le supermarché est en définitive l’illustration la plus marquante. Pour marquer les esprits, le réalisateur insiste notamment sur le prix des œufs'1'111 FÉVRIER 2016 1 19 21 mosEILLE rimmel,. LE IVIANGA CULTURE JAPONAISE DÉFERLENT SUR MARS., 7F/À-A'SEILLE ZOOM CULTURE bradés dans la grande surface, empêchant les petits commerçants de résister. Certains se suicident. La présence du supermarché est un sujet de tourment pour Reiko, mais il n’est pas le seul loin de là. Elle doit faire face à l’hostilité d’une partie de sa belle-famille, en particulier sa belle-sœur Hisako (KusabuE Mitsuko) qui n’a qu’une seule envie  : la chasser et elle a surtout à gérer son beau-frère Kôji (KayaMa yûzô) qui revient à shimizu après avoir quitté son emploi dans la capitale. Le jeune homme qui mène une vie de patachon est pris à partie par sa famille, mais Reiko prend sa défense. C’est alors que Kôji lui avoue l’amour qu’il lui porte et qui explique son retour dans la province de ses ancêtres. Mais c’est évidemment une relation impossible. Reiko lui explique qu’ils ne pourraient pas lutter contre les commérages ni rien changer à leur différence d’âge. Kôji a 23 ans, il en avait 7 quand Reiko a fait son entrée dans la famille. Cette dernière doit se résoudre à partir et à retourner dans sa ville natale, prétextant son remariage. Kôji n’est pas dupe et décide de l’accompagner. au cours du voyage, elle lui avoue son tourment depuis qu’il lui a déclaré sa flamme, mais elle se refuse à lui. Kôji s'enfuit et noie son chagrin dans l’alcool, ce qui lui sera fatal. Le film se termine sur le moment où l’on repêche son cadavre et où Reiko en prend conscience et court en vain derrière les brancardiers pour les rattraper. Cette scène est époustouflante. sur le visage sidéré de Reiko, on découvre toute la fatalité de l’existence et on comprend que les tourments n’ont pas fini de la hanter. On ne saurait trop recommander de ne pas manquer ce chef-d’œuvre à sa sortie le 9 décembre. O. N. al RÉFÉRENCES Une Femme dans la tourmente (Miadareru, 1994) de NARUSE Mikio,avec TAKAMINE Hideko et KAYAMA Yûzô. En salles le 9 décembre. —` mrinispeafflreun wy, ereeu Lei xes/RaeutErs w.r."›, fwn 141.1e4 décembre 2015 numéro 56 ZOOM JAPON 23



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