Zoom Japon n°56 déc 15/jan 2016
Zoom Japon n°56 déc 15/jan 2016
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°56 de déc 15/jan 2016

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : biker un jour, biker toujours ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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ZOOM CULTURE CINÉMA Pleins feux sur Tsukamoto Shinya Avec son nouveau film, le cinéaste a voulu réagir à l’évolution du discours politique dans l’archipel. Rencontre à Tôkyô. Un cinéma d’art et d’essai à Tôkyô - Intérieur - nuit. Les lumières de la salle de cinéma viennent de se rallumer. La salle est archicomble, des sièges pliants ont même dû être rajoutés derrière les nombreuses rangées de fauteuils rouges. Le public revient peu à peu à la réalité, il est comme assommé par les 110 minutes pesantes de l’univers de Nobi (Feux dans la plaine), le plus récent opus de TSukaMoTo Shinya, le surdoué du cinéma japonais, farouchement indépendant, farouchement vivant. Sorti en juillet 2015 au Japon, le film a tourné dans presque 70 salles de l’archipel, et TSukaMoTo Shinya s’est fait un point d’honneur à venir le plus souvent possible à la rencontre de son public. aujourd’hui aussi, le réalisateur est sorti des coulisses pour une séance de questions - réponses. Une jeune femme dans l’assistance  : Ce film a été pour moi un véritable coup de poing, c’est un véritable choc, et je vous en remercie. J’aimerais connaître vos motivations, ce qui vous a poussé à faire ce film ? TSUkAmoTo Shinya  : J’ai lu le roman éponyme de Ôka Shôhei dont j’ai tiré le scénario de Nobi lorsque j’étais lycéen. J’avais été frappé à l’époque par la description vivide et sans concession des souffrances endurées par les soldats abandonnés par leurs unités et livrés à eux-mêmes dans la jungle des Philippines lors de la déroute de l’armée impériale japonaise à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sans ordres, sans vivres et sans avenir, ils erraient dans la jungle en tentant de repousser le moment fatidique de leur propre disparition. À l’époque, sans avoir jamais bien sûr fait l’expérience moi-même de la guerre, j’avais ressenti dans mes tripes cette épreuve. avec Pluie noire, (roman Poissons ciirs Produits trbités ersashei 46, rue des Petits-Champs 75002 Paris/01 42 61 33 66 mar-sam:10h-20h/dim:11 h N 19h/www.kioko.fr 16 ZOOM JAPON numéro 56 décembre 2015 d’IBuSE Masuji porté au cinéma par IMaMura Shôhei en 1989), Nobi est le livre consacré à la guerre du Pacifique le plus marquant de la littérature japonaise que je connaisse. Je n’ai jamais pu depuis oublier ce roman et lorsque j’ai commencé ma carrière de cinéaste, je me suis dit qu’un jour, il faudrait que je fasse l’adaptation de Nobi, pour retranscrire en images ces sensations si fortes du texte original. Mon ambition était de porter à l’écran ce contraste saisissant entre les couleurs verdoyantes de ce paradis terrestre que sont les Philippines, et la noirceur de l’âme humaine uniquement préoccupée de sa survie. Sans jamais montrer l’armée ennemie, j’ai fait un film dénonçant les atrocités de la guerre, l’effet qu’elle produit sur l’homme luttant pour sa survie, prêt à manger littéralement son prochain plutôt que d’être mangé lui-même. (Flashback) Un café dans Tôkyô - intérieur - nuit. TSukaMoTo Shinya est en interview à l’occasion de la sortie de Nobi. Devant un cocktail sans alcool au yuzu, il répond aux questions du journaliste. Deux jeunes femmes assises à la table à côté font mine de ne pas écouter, mais ne perdent pas une miette de la conversation. Le journaliste  : Quelles ont été vos motivations ? Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce film ? T. S.  : C’était maintenant ou jamais. Pendant plus de 20 ans, j’ai rêvé de tourner ce film. J’ai commencé à y réfléchir sérieusement pendant le tournage de Tetsuo 2, en 1992. Mon ambition était de tourner une grande fresque historique, à la hauteur du roman de Ôka Shôhei, mais à l’époque j’avais à peine 30 ans alors j’ai remis ce projet à plus tard, en me disant qu’il fallait que je prenne d’abord de la bouteille, que je fasse mes preuves en tant que cinéaste. Je n’étais pas pressé, à l’époque, car je pensais que c’était un thème intemporel, que Association Culturelle Franco-Japonaise deTENRI COURS DE JAPONAIS depuis 44 ans - Niveaux  : débutant complet à supérieur - Cours de préparation JLPT  : N2, N3 - Cours d'essai gratuit - Formation professionnelle 8-12 rue Bertin Poirée, Paris 75001 Tél  : 01 44 76 06 06 Châtelet sortie rue de Rivoli (Ligne:1/4/7/11/14) www.tenri-paris.com Tambour e - Bon JI danse.14-)Cadeaux iaponaise Paris Bastille Stage, T-shirt, CD, sacs Oe. www.taiko.paris. 09 81 63 08 93 l’horreur de la guerre, telle que la décrit si bien Ôka, était profondément gravée dans l’histoire collective des Japonais. Il y a une dizaine d’années, j’ai interviewé plusieurs survivants de la guerre du Pacifique pour recueillir leurs témoignages avant qu’ils ne disparaissent. J’ai même participé à des missions de recherches des restes des soldats de l’armée impériale aux Philippines. À l’origine, j’avais estimé le budget nécessaire au tournage de cette fresque à environ 5 millions d’euros et je faisais régulièrement la tournée des producteurs pour trouver le financement. Je me serais ensuite contenté du tiers pour faire le film dans des conditions raisonnables, mais même cette somme-là, au fil des années, s’est révélée impossible à rassembler. Il faut dire que parallèlement, j’entendais de plus en plus les décideurs, les producteurs, me dire que l’époque n’était plus aux films de guerre soulignant la défaite. Je voulais tellement faire ce film que j’ai envisagé un temps d’en faire un dessin animé, pour surmonter les contraintes budgétaires et techniques d’un film de guerre, ou même de le faire tout seul, avec ma caméra, aux Philippines, sans personne d’autre. En définitive, j’ai lancé sur Twitter un appel aux bénévoles et le film s’est fait avec un budget proche de zéro. Le journaliste  : D’où provient ce sentiment d’urgence ? T. S.  : Bien que je ne sois pas très porté sur la politique, il y a 3 ans, j’ai ressenti un changement sémantique dans la façon d’évoquer l’idée même de la guerre. Jusqu’alors, quasiment tous les Japonais étaient convaincus que la guerre était le mal absolu et qu’il fallait l’éviter à tout prix. Mais on sent désormais un glissement dans le discours politique, le réarmement n’est plus tabou. (Ironiquement, Nobi est sorti au Japon pendant l’été 2015, au moment même où le gouvernement d’aBE Shinzô faisait voter les projets de loi relatifs à la sécurité du Japon, euphémisme pour le réarmement de l’archipel). Je voulais prendre date avant qu’il ne soit trop tard, eMle.1141 Paris Fudosan L'agence Immobilière du quartier japonais de Paris depuis 2000 Vous êtes Propriétaire ? Vous désirez louer votre appartement meublé à un étudiant ou un expatrié japonais ? Votre appartement nous intéresse ! Paris Fudosan s'occupe également de GESTION 711M1110. au travers de son agence de gestion La Bruyère SARL (même adresse mais numéro différent  : 01 53 02 08 00) GESTION-FISCALITE-REALISATION ET MAITRISE DES TRAVAUX- PRESENCE AUX ASSEMBLEES GENERALES DE COPROPRIETE Honoraires de 5 à 10% selon l'importance du bien et les prestations à fournir En parfaite synergie avec vos biens loués à notre clientèle japonaise elakefre. 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Shinya Tsukamoto/Kaijyu Theater ZOOM CULTUREI décembre 2015 numéro 56 ZOOM JAPON 17



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