Zoom Japon n°48 mars 2015
Zoom Japon n°48 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : Japon - France... un esprit bien partagé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ZOOM CULTURE L’alpinisme vous a donc amené à voyager à travers le monde ? Y. B. : oui. Je suis allé dans de nombreux endroits comme tian shan en Chine, le mont kallash au tibet et l’Himalaya à de nombreuses reprises. Il y a 3 ou 4 ans, je me suis rendu au Venezuela pour gravir le mont roraima, l’une des montagnes les plus célèbres de ce pays. Pourquoi avez-vous décidé de travailler avec TaniguCHi Jirô sur Le Sommet des dieux ? Y. B. : Je pensais simplement que tanIgUCHI était en mesure d’adapter de façon satisfaisante cette histoire sous forme de roman graphique. Le Sommet des dieux est une histoire qui porte sur les alpinistes. Il se trouve que tanIgUCHI avait déjà publié un manga qui se déroulait dans des paysages montagneux. Je savais donc à quoi m’attendre avec lui. Il possède une façon très particulière de rendre la nature et sa beauté. J’apprécie sa manière de rendre les tempêtes de neige. Il a cette capacité de communiquer la grandeur de l’Himalaya et de transformer ces petites illustrations en quelque chose de grandiose. son style est vraiment différent du manga et de l’animé japonais qui enregistrent tant de succès à l’étranger. Le sommet des dieux n’a pas été votre première collaboration avec TaniguCHi ? Y. B. : tout à fait. En 1989-1990, il a travaillé sur une adaptation de Garôden (Casterman, 2011), une série de nouvelles consacrées aux arts martiaux et d’autres formes de combat. En 1996, une seconde adaptation de ces histoires sous forme de manga a été publiée. Mais cette fois, elle a été réalisée par iTagaki keisuke. Pourquoi ? Y. B. : Ce n’était pas prévu. au Japon, la plupart des mangas sont d’abord publiés sous forme d’épisodes dans des magazines. Malheureusement, le magazine dans lequel était parue la première version signée tanIgUCHI avait cessé de paraître. Voilà pourquoi il n’a pu travailler que sur le premier rrrnirrvnhimr volume tie de mes mre nouvelles. nnrnwrllre Quelques flnrinnre onnPrc années plus tard, j’ai rencontré ItagakI qui travaillait alors sur un manga consacré aux sports de combat. Comme il avait envie de faire revivre Garôden, nous avons décidé de travailler ensemble. Comment pouvez-vous comparer le style de TaniguCHi et celui d’iTagaki ? Y. B. : La principale différence réside dans la manière qu’ils utilisent la distorsion et l’exagération des traits. Les mangaka ont souvent tendance à faire usage de la distorsion pour la caricature. tanIgUCHI l’emploie dans un cadre réaliste tandis qu’ItagakI dépasse la réalité et a tendance à exagérer les choses. Dans une scène, par exemple, vous pouvez découvrir un homme ayant une barre de fer qu’il vient d’arracher à mains nues. C’est quelque chose que tanIgUCHI n’aurait jamais présenté de cette manière. ont-ils aussi deux caractères différents ? Y. B. : ItagakI est sans doute le plus déluré des deux. Il aime bien profiter des plaisirs de la vie. tanIgUCHI est le plus sérieux et le plus diligent. Jusqu’à très récemment, il avait pris l’habitude de dessiner 6 heures par jour. Il sortait peu pour aller boire tandis qu’ ItagakI aime vraiment sortir dans les bars pour boire et bavarder. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il néglige son art. Garôden met l’accent sur plusieurs styles de combat du karaté au catch. En tant que fan, quel est celui que vous préférez ? Y. B. : Lorsque j’écrivais le livre, j’étais plutôt intéressé par le catch, mais aujourd’hui je penche de plus en plus pour cette forme de combat que promeut l’Ultimate Fighting Championship. Pour revenir au Sommet des dieux, les deux alpinistes que vous évoquez dans votre histoire sont inspirés par deux alpinistes japonais HasEgawa Tsuneo et MoriTa Masaru. Pourquoi avez-vous choisi de raconter leur histoire ? Y. B. : En vérité, mon objectif initial était de créer des personnages de fiction. Le problème, c’est que dans le milieu des alpinistes, chacun sait qui a été le premier à escalader tel ou tel sommet et dans quelles circonstances. J’ai donc réalisé que des personnages de fiction ne seraient finalement pas très crédibles. Voilà pourquoi je me suis tourné vers des personnages réels pour évoquer des ascensions particulières. a l’issue de mes recherches, j’avais opté pour katô Buntarô comme modèle, mais il s’est avéré que son personnage ne collait pas vraiment avec ce que j’avais en tête. C’est là que je me suis aperçu que HasEgawa et MorIta étaient parfaits dans la mesure où ils étaient rivaux. C’était bien plus facile de créer une histoire à partir de ça. Concernant le processus de création, TaniguCHi explique que, pour lui, c’est le moment de réflexion où les idées viennent petit à petit. Qu’en est-il pour vous ? Y. B. : Je partage tout à fait cette approche. Ecrire, c’est comme une sorte de travail manuel. Vous jetez sur le papier des idées que vous avez en tête. La chose la plus excitante, c’est quand il faut faire le tri entre tout ce qui tourbillonne dans ma tête. J’adore ça. PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN DEROME SHIBUrAi.. MCI HIM f GAM INTERNATIONAL CDMFERENCEC 41111: a' .7/ 6113. 8 /3 1 l'YI ars ~ E~s • 201 5 cz a dIllsaces : I vl1~ ~ MONACO EnINFn preAuprtyr nlituVBügn NpeBk# tM# !minimal : WNW, IMIA(', -IP-COM r. En VoshFlak • ANO Fred RAYNAL Ph i SUCHEi AI • AMASIO - " _GHiAHI n00ucouIf ''.S°1 K1111111.1%.4 MONTE CMRI.C} G CAI h#htD.°.:.:.... AIRFRANCé r ~ dui a + 16 ZOOM JAPON numéro 48 mars 2015
ZOOM CULTURE CINÉMA Un certain regard sur le Japon S’appuyant sur des témoignages et des faits réels, Laurence Thrush livre un très beau film sur les hikikomori. Parmi les sujets de préoccupation de nombreux parents japonais figure le phénomène des hikikomori, ces jeunes qui refusent tout contact avec l’extérieur et vivent reclus, comme le rappellent Maïa Fansten, Cristina Figueiredo, Nancy Pionnié-Dax et Natacha Vellut dans leur ouvrage Hikikomori, ces adolescents en retrait (Armand Colin, 2014). Si l’on en croit le ministère de la Santé, 1,2 % des Japonais a vécu cette situation. 2,4 % des 20-30 ans en ont fait l’expérience. Des chiffres qui sont loin d’être anodins, mais face auxquels les autorités et les plus âgés ont du mal à trouver des réponses. La plupart du temps, les jeunes concernés sont accablés de reproches. On les accuse d’être simplement des fainéants qui profitent de ne rien faire alors que leur situation est loin d’être réjouissante. C’est ce que tente d’aborder Laurence Thrush dans son premier long-métrage tourné au Japon après avoir pris conscience du phénomène dans un documentaire diffusé à la télévision britannique. Réalisé en 2008, De l’autre côté de la porte (Tobira no mukô) s’intéresse à Hiroshi, un adolescent, qui, du jour au lendemain, décide de s’enfermer dans sa chambre et de ne plus en sortir. Pendant deux ans, il refuse d’entrer en contact avec qui que ce soit et plonge sa famille dans le plus grand désarroi. Comme beaucoup d’autres, ses parents ne comprennent pas ce qui a pu amener leur enfant à choisir l’enfermement volontaire. Mais cherchentils vraiment à comprendre ? On peut en douter RÉFÉRENCES De l’autre côté de la porte (Tobira no mukô), de Laurence Thrush. Noir & blanc. 1h50. Avec Negishi Kenta, Oguri Kento, Innami Masako. Sortie en salles le 11 mars. Avec De l’autre côté de la porte, Laurence Thrush exprime toute sa sensibilité. lorsque la mère de Hiroshi déplore que “s’il ne sort pas de sa chambre, s’il ne retourne pas à ses cours, il ne pourra plus jamais aller à l’école et n’aura jamais un bon travail”. En d’autres termes, il ne pourra pas devenir un membre à part entière de cette société où tout semble déterminé à partir du moment où les individus ont franchi pour la première fois l’entrée de l’école. L’énorme pression qui pèse sur les épaules de la jeunesse n’a fait que s’accentuer ces dernières années, notamment avec l’accroissement de la précarité. Le fait que les trois quarts des personnes concernées par ce phénomène sont de sexe masculin renforce l’idée qu’une grande partie de la pression sociale s’exerce sur eux et que l’absence de perspectives en pousse certains à se replier sur eux-mêmes. Il y en a bien quelques-uns qui pètent les plombs (kireru) et commettent parfois l’irréparable. Mais ceux-là sont heureusement peu nombreux. En s’appuyant sur des faits et des expériences réels, Laurence Thrush a bâti un scénario très solide et bien documenté qui lui permet de ne pas tomber dans le pathos. “Je suis parfaitement conscient, en tant qu’Occidental, de ne pas comprendre la culture japonaise, c’est pourquoi j’étais très mal à l’aise à l’idée de prendre des libertés créatives”, explique-t-il. C’est ce qui donne toute sa force au film qui exprime parfaitement toute l’impuissance des parents face à la décision de leur fils de se couper du monde. En choisissant de tourner en noir et blanc, le cinéaste ajoute à ce climat déjà lourd une nouvelle couche de mystère autour de ce phénomène. Il joue beaucoup sur l’image du corps de l’adolescent qui n’apparaît pas complètement comme s’il n’appartenait pas à l’environnement dans lequel il est censé évoluer. Hiroshi ne sort de son état de hikikomori que le jour où il prend lui-même conscience de son image qui se reflète dans un CD. La scène est d’ailleurs l’une des plus réussies. Grâce à ce film, on est amené à se poser bien des questions qui dépassent largement le cadre nippon. Si le terme hikikomori n’a pas encore fait son apparition dans le Larousse, il est entré dans l’Oxford English Dictionary, la référence de la langue anglaise, en 2010, un an après la sortie de De l’autre côté de la porte. ODAIRA NAMIHEI E. D. Distribution Construire votre carrière au apon, c'est possible à Fukuoka Dans le cadre de la stratégie nationale des zones économiques spéciales, la ville de Fukuoka soutient les activités internationalles. Soutien à l'emploi Demande de Visa de travail «Juste essayez, et vous verrez» Michele, ancien élève de FFLC, a trouvé un poste chez un constructeur aéronautique international à Fukuoka Fukuoka Foreign Language College depuis 1902 • Formation de langue japonaise en 2 ans • Préparation au concours d'entrée aux universités • Formation en business international • Logement moderne et équipé www.f-seikei.ac.jp FFIci,Tél (+81)92.631.0147 Email: iufo@f-seikd.ac ip 1.8.27 Maidashi, Higashi-ku,Fukuoka, 812.0054, Japan mars 2015 numéro 48 ZOOM JAPON 17



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