Zoom Japon n°1 juin 2010
Zoom Japon n°1 juin 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de juin 2010

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions Ilfunet

  • Format : (230 x 290) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : le polar nippon sort de l'ombre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ZOOM DOSSIER b ibliotHèque Dernières parutions Depuis plusieurs mois, les éditeurs français ont multiplié les sorties de polars venus du Japon. un jeune homme accusé du meurtre d’un collègue trouve refuge chez une aveugle. entre les deux personnages s’instaure une relation particulière que l’auteur décrit avec subtilité, tout en amenant le lecteur à s’intéresser à leur vie et à l’assassinat sans lequel ils ne se seraient jamais rencontrés. OTSUICHI, Rendez-vous dans le noir, trad. par Myriam-Dartois-ako, éd. Karasu, 2009, 18 € une femme, qui n’a aucun souvenir de son enfance, entraîne son ex-petit ami dans une enquête sur son passé après avoir reçu une clé de son père décédé. HigaSHino planche sur la question de l’identité et de la mémoire dans un roman prenant écrit avec la froideur nécessaire à la création d’une ambiance pesante. HIGASHINO KEIGO, La Maison où je suis mort autrefois, trad. par y. Makino, éd. actes Sud, 2010, 18 € a la manière des grands auteurs de romans à énigme, SHiMaDa nous livre un roman parfaitement maîtrisé. une histoire digne d’un gaston leroux autour d’une série de crimes que personne ne parvient à résoudre sauf MitaRai Kiyoshi, un détective adepte de l’astrologie et au caractère bien trempé. SHIMADA SOJI, Tokyo Zodiac Murders, trad. par Daniel Hadida, éd. Rivages, 2010, 21,50 € l’expression kireru (péter les plombs) a occupé la une de la presse il y a quelques années à propos de ces adolescents qui étaient pris soudainement d’une pulsion meurtrière. KiRino nous raconte le destin d’un de ces jeunes et ses camarades pour qui la frontière entre réalité et virtuel est bien floue. KIRINO NATSUO, Le Vrai monde, trad. de l’anglais par vincent Delezoide, éd. Seuil, 2010, 19,50 € 6 ZOOM JAPON numéro 1 juin 2010 littéRatuRe Avec les grands maîtres du mystère Traduits en français, il y a 25 ans, Edogawa, Matsumoto ou encore Yokomizo méritent aujourd’hui d’être redécouverts. C’est en 1986 que Philippe Picquier a créé sa maison d’édition qui a joué un rôle clé dans la diffusion de la littérature japonaise en France et dans les pays francophones. Parmi les premières œuvres traduites dans la langue de molière par le célèbre éditeur figuraient des romans policiers d’eDOGaWa Ranpo, maTSumOTO Seichô ou encore yOKOmIzO Seishi. Ces trois écrivains qui ont façonné l’histoire du polar nippon n’ont pourtant pas bénéficié d’une grande reconnaissance en France, en dépit de leur statut au Japon. au moment où les éditeurs français manifestent leur intérêt pour la littérature policière venue du Japon, en s’intéressant à de nouveaux auteurs (voir cicontre), il faut profiter de l’occasion pour (re)découvrir les trésors déjà traduits et encore disponibles. a tout seigneur tout honneur. eDOGaWa Ranpo a vu une bonne partie de son œuvre publiée en français. Parmi les ouvrages à posséder dans sa bibliothèque, citons notamment La Chambre rouge (trad. par Jean- Christian Bouvier, éd. Philippe Picquier, 1990). Ce recueil de nouvelles contient La Pièce de deux sen qui marqua son entrée dans l’univers du polar. Le texte montre à quel point l’écrivain maîtrisait déjà le sens de l’intrigue que l’on retrouve dans d’autres œuvres comme La Proie et l’ombre (trad. par Jean-Christian Bouvier, éd. Philippe Picquier, 1988). Le narrateur cherche à Des classiques dont on ne se lasse jamais élucider un meurtre commis par un autre auteur de roman policier. Les amateurs de manga peuvent aussi apprécier le talent d’eDOGaWa Ranpo grâce à l’adaptation très réussie de L’Île Panorama (trad. miyako Slocombe, éd. Casterman, 2010) par maRuO Suehiro. Le maître de l’Ero-Guro (érotique grotesque) a su saisir et retranscrire graphiquement le style envoûtant du père de la littérature policière japonaise. Si le penchant d’eDOGaWa Ranpo pour le fantastique peut agacer certains lecteurs, ces derniers trouveront chez maTSumOTO Seichô de quoi les ravir. Tokyo Express (trad. par Rose-marie makino-Fayolle, éd. Philippe Picquier, 1998) ou encore Le Vase de sable (trad. par Rosemarie makino-Fayolle, éd. Philippe Picquier, 1987) permettent de voyager dans un Japon où tout n’est pas rose. Le cinéaste NOmuRa yoshitarôa réalisé une somptueuse adaptation du Vase de sable (1974) dans laquelle il a souligné le regard sans concession que maTSumOTO Seichô portait sur la société de son pays. Le même réalisateur a aussi porté à l’écran, en 1977, Le Village aux huit tombes (trad. par René de Ceccatty et Ryōji Nakamura, éd. Philippe Picquier, 1999), un autre roman policier signé cette fois yOKOmIzO Seishi. Grande figure de la littérature policière, yOKOmIzO entraîne les lecteurs dans la campagne japonaise où une serie de meurtres donne du fil à retordre au détective KINDaICHI. Les croyances et les superstitions sont aussi au rendez-vous dans La Ritournelle du démon (trad. par Rose-marie makino-Fayolle, éd. Philippe Picquier, 1998). G. B. Jérémie Souteyrat
DR DR R enContReS Née en 1960, MIYABE Miyuki est aujourd’hui l’un des auteurs les plus lus du Japon. On lui doit entre autres Crossfire, La Librairie Tanabe et Une Carte pour l’enfer. A quel âge êtes-vous tombée dans l’univers du polar ? MIYABE Miyuki : Je ne me souviens pas exactement l’âge que j’avais. Je devais avoir entre 10 et 12 ans. Je pense que c’est par le cinéma et les téléfilms que je m’y suis intéressée. a ce moment-là, je m’intéressais davantage à ce qui venait de l’étranger. Ce n’est qu’à la sortie de l’adolescence que j’ai Né en 1960, AYATSUJI Yukito est le chef de file du courant néo-classique. Meurtres dans le Décagone est son premier roman traduit en français. A quel âge avez-vous commencé à écrire ? AYATSUJI Yukito : vers l’âge de 12 ans. Je me suis lancé un défi et j’ai écrit plusieurs nouvelles. Je les ai faites lire à des copains de classe. puisque cela leur a plu, je me suis dit que, plus tard, je serai auteur de roman policier. Quels sont les auteurs qui vous ont influencé ? A. Y. : Je pense que ellery queen et agatha Christie ont eu une énorme influence sur moi. Du côté japonais, je citerai les deux maîtres que sont eDogawa Ranpo et yoKoMizo Seishi. pour les auteurs contemporains, j’ajouterai SHiMaDa Sôji ou encore RenJô Mikihiko. en dehors de cela, je crois que l’œuvre du mangaka uMezu Kazuo, que j’aime beaucoup, a aussi eu une grande influence sur moi. MIYABE Miyuki écrit par amour de la lecture commencé à lire des romans policiers japonais, en particulier MatSuMoto Seichô et yoKoMizo Seishi. Qu’est-ce qui vous a incité à écrire ? M. M. : J’ai simplement voulu écrire ce que j’aimais lire. C’est encore vrai aujourd’hui. Je suis ce qu’on appelle une fan écrivain. Les auteurs qui vous ont influencée ? M. M. : ils sont nombreux. Même si je n’ai pas lu beaucoup d’auteurs européens, j’apprécie beaucoup les enquêtes du commissaire beck signées par le duo suédois Maj Sjöwall et per wahlöö et qui ont pour cadre Stockholm. parmi les auteurs français, j’ai adoré les œuvres de Catherine arley qui ont été traduites à de nombreuses reprises au Japon. Depuis quelques années, les romanciers allemands ont le vent en poupe au Japon. a cette occasion, j’ai découvert Sebastian Fitzek et son roman Thérapie [éd. l’archipel, 2008] que j’ai trouvé particulièrement intéressant. Sa construction très dense et le soin apporté à la mise en place du mécanisme qui mène à la solution de l’énigme m’ont rappelé le style des polars japonais. Lorsque vous entamez l’écriture d’un roman, cherchez-vous à l’ancrer dans Cruelle virtualité la réalité sociale du moment ? M. M. : C’est une question bien difficile que vous me posez. il n’est pas évident pour moi de trancher par oui ou par non. Ce que j’ai envie de vous dire, c’est que mes livres "ne décrivent pas la société", ils portent avant tout un regard sur la vie. Quel est le roman qui a été le plus difficile à écrire pour vous ? AYATSUJI Yukito, la tradition a du bon Votre roman Meurtres dans le Décagone est paru en France à l’automne dernier. Que pouvez-vous nous en dire ? A. Y. : J’ai publié Meurtres dans le Décagone en 1987. Je faisais alors mes débuts. J’ai choisi le thème d’une série de meurtres sur une île déserte sur le modèle de Dix petits nègres d’agatha Christie. pendant la phase de rédaction, j’ai décidé de donner aux personnages des surnoms empruntés à des auteurs comme ellery ou agatha. Si ce choix enlevait un peu de réalisme à l’histoire et pouvait être jugé inopportun au moment de sa publication, je l’ai quand même fait, car cela s’avérait plutôt efficace par rapport à l’histoire. quand ce roman est paru en France, l’année dernière, j’ai été particulièrement ravi de voir leroux, surnom que j’ai donné à un des personnages en hommage à gaston leroux, écrit dans sa graphie d’origine. Un classique du genre lorsque les membres d’un club d’amateurs de romans policiers se rendent sur une île où a eu lieu un quadruple meurtre quelques mois plus tôt, que se passet-il ? D’autres meurtres bien sûr. Dans un style qui rappelle les grands noms du roman policier, ayatSuJi yukito a construit une histoire bien ficelée au cours de laquelle les détectives amateurs sont assassinés les uns après les autres dans ZOOM DOSSIER internet, on le sait, c’est drôlement pratique. Ça l’est tellement que certains y mènent une double vie. C’est le cas de toKoRoDa Ryôsuke, cadre dans une société de produits alimentaires, marié et père d’une adolescente. pour cet homme apparemment sans histoire, les choses ont mal tourné. il a été lardé de vingt-quatre coups de couteau. Cet assassinat est le point de départ de ce roman palpitant qui démontre une nouvelle fois la maîtrise de Miyabe Miyuki qui déroule son récit avec minutie, entraînant le lecteur dans toutes les directions sans que celui-ci n’y trouve rien à dire. après le décevant Crossfire (trad. par gérard Siary et Mieko nakajima-Siary, éd. philippe picquier, 2008], Du sang sur la Toile signe le retour en forme de la reine japonaise du crime. MIYABE MIYUKI Du sang sur le Toile trad. par Karine Chesneau ed. philippe picquier, 2010, 19,50 € M. M. : C’est celui que je suis en train d’écrire sous forme de feuilleton dans le mensuel Shôsetsu Shinchô. il s’intitule Soromon no gishô [le témoignage de Salomon] et j’en ai encore pour environ deux ans avant de l’achever. il se déroule dans le milieu scolaire et met en scène des enfants âgés d’une dizaine d’années. Ce n’est pas du tout évident. PROPOS RECUEILLIS PAR ODAIRA NAMIHEI Votre nom est associé au courant néo-classique, en opposition au courant social très en vogue grâce à MAT- SUMOTO Seichô. Qu’en pensez-vous ? A. Y. : le courant néo-classique est apparu à la fin des années 1980 avec le renouveau des romans de détectives. on a ainsi vu de jeunes auteurs se lancer avec leur sensibilité moderne dans l’écriture d’histoires où il fallait résoudre des énigmes, ce que le courant social rejetait. Je pense que les œuvres de paul Halter en France sont proches du néo-traditionnaliste au Japon. voilà pourquoi on a souvent opposé le courant néo-classique au courant social. toutefois, je crois que "l’opposition" entre les deux n’a plus lieu d’être. ils coexistent et on voit même des tentatives de fusion entre les deux à partir de chacun de leurs points forts. PROPOS RECUEILLIS PAR GABRIEL BERNARD des conditions mystérieuses. un livre qui tient le lecteur en haleine d’une bien belle manière et qui devrait ravir celles et ceux qui aiment les énigmes. AYATSUJI YUKITO Meurtres dans le Décagone trad. par otSu Masami, olivier paquet et patrick Honnoré (orbis-tertius) ed. Karasu, 2009, 21 € juin 2010 numéro 1 ZOOM JAPON 7



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