Zoo n°74 nov/déc 2019
Zoo n°74 nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de nov/déc 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : explorer les mondes cachés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 42 - 43  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
42 43
42 zoom Zibilla ou la vie zébrée Comme chaque année vers novembre, le studio d’animation Gébéka Films distribue une compilation de courts-métrages pour des séances à destination des tout petits. Le cru de 2019 met l’accent sur la différence et l’acceptation de celle-ci par l’ensemble de la société. On appréciera particulièrement Tout là-haut qui ouvre le bal avec ses élégants papiers découpés au service d’une animation fluide… Et Zibilla, donc, d’Isabelle Favez qui, malgré sa facture plus classique, délivre un message salutaire de fraternité bien amené pour les bambins. Assez bienvenu en ces temps où le pointage du doigt tend à redevenir une norme déplorable. Sortie le 13 novembre JULIEN FOUSSEREAU Shining Avec Halloween en embuscade, Warner Home Video ressort les plus belles pièces horrifiques et d’épouvante de son catalogue pour les dépoussiérer et les remastériser en ultra-haute définition. On se réjouit donc de revoir L’Exorciste de William Friedkin et Gremlins de Joe Dante. Pourtant, aussi géniaux soient-ils, ces perles se font surclasser par l’adaptation par Stanley Kubrick du roman de Stephen King par la nature ambiguë, voire trompeuse des images envoyées au spectateur. À travers sa lenteur propice au malaise, la géométrie de ses cadres avant les explosions de violence terrifiantes de Jack Nicholson, Shining se révèle être surtout un immense film sur l’incommunicabilité pouvant transformer la cellule familiale, soit la première des sociétés, en terreau meurtrier. Un Blu-ray 4K Warner Home Video JULIEN FOUSSEREAU Une lumière solaire éclaire un corps baignant dans une mare de sang. Il appartient à Naoufel, découvert par un homme âgé pris de panique… Dans le crépuscule de ce qui ressemble à une morgue, une main coupée au poignet émerge à la manière de la Chose de la Famille Addams. La gestuelle est frénétique, décousue, trahissant l’état de confusion et de stress de l’appendice à la recherche d’une issue de secours. Tout porte à croire que le corps dont la vie a peu à peu quitté les veines et cette main baladeuse sont étroitement liés à la terrible et triste trajectoire du jeune homme. En quête d’un bonheur qui n’a cessé de le fuir depuis son enfance heureuse, le gamin qu’il était contraste totalement avec son présent parisien précaire et misérable. J’ai perdu mon corps s’engage donc C inéma LA BELLE BALADE DE LA MAIN VAGABONDE Auréolé d’une réputation toujours plus grande et de prix prestigieux, J’ai perdu mon corps est une claque visuelle et sensorielle. Ce sommet de poésie et d’émotion maîtrise absolument sa mise en scène et sa narration. dans une odyssée à deux niveaux  : l’une, géographique, dans laquelle une main cherche à retrouver son corps ; l’autre, narrative et existentielle, où deux récits doivent conduire le spectateur à leur point de jonction. L’animation au-delà du genre J’ai perdu mon corps alterne ainsi entre les deux temporalités et n’hésite pas à les déstructurer de temps à autre. Exception faite de cette main aventurière dont on ne saura jamais pourquoi elle bouge encore, J’ai perdu mon corps s’inscrit dans une veine réaliste. Les rues du Paris des années 90 y sont reproduites avec soin et fidélité et le ton adopté est résolument adulte. Même si l’expression qui suit est détestable en soi, J’ai perdu mon corps a de quoi remettre sérieusement en cause les préjugés que l’on pourrait avoir à l’encontre de l’animation. En adaptant le roman Happy Hand de Guillaume Laurent, Jérémy Clapin met en scène à hauteur de paume. Il opte pour une approche sensorielle, voire sensitive, touche la surface de l’environnement comme le cœur de nos sentiments. La simple séquence de la fuite dans le métro a de quoi donner des complexes à la concurrence, grâce aux émotions primaires qu’elle suscite. Ce n’est pas un hasard si, outre un Cristal d’or à Annecy largement mérité, J’ai perdu mon corps est le premier film d’animation à avoir décroché le Grand Prix de la prestigieuse Semaine de la Critique à Cannes cette année. Au-delà des récompenses, J’ai perdu mon corps confirme que Jérémy Clapin est un artiste à suivre de très près. JULIEN FOUSSEREAU J’AI PERDU MON CORPS de Jérémy Clapin Animation, 1 h 21 Sortie le 6 novembre
DISPONIBLE EN NOVEMBRE



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :