Zoo n°74 nov/déc 2019
Zoo n°74 nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°74 de nov/déc 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,5 Mo

  • Dans ce numéro : explorer les mondes cachés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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38 Enidewi Kamome Shirahama 2013/KADOKAWA CORPORATION Minoru Furuya/Kodansha Ltd. Inc. Himizu ne se veut pas spécifiquement le témoignage poignant d’une génération à la dérive. La série ressemble autant à un furieux exutoire initial qu’à une plongée dans un panel de comportements borderlines oscillant entre normalité crasse (une branche à laquelle se raccrocher désespérément) et pentes comportementales savonneuses empreintes d’une fatalité sociale ineffable. Dans les deux premiers tomes, une clique de laissés pour compte dégringole de l’échelle du bonheur à la vitesse de la lumière. M anga LES ANGES AUSSI S’HABILLENT EN PRADA Révélée par L’Atelier des sorciers, succès critique autant que public, Kamome Shirahama est également l’autrice d’une série comique et sexy en trois volumes  : Divines. Inconnue du public avant 2016, Kamome Shirahama connaît un succès immédiat avec la publication de L’Atelier des sorciers, série Divines dont le cinquième volume vient de paraître chez Pika. Cette reconnaissance est confirmée en 2019 par l’obtention du Daruma d’Or, le prix du meilleur manga de l’année remis par le jury professionnel de la Japan Expo, ainsi que du Prix du public pour le meilleur seinen. Efficace dès les premières pages quand la plupart des séries ont besoin d’au moins deux volumes pour installer leur univers, ce manga est porté par un graphisme tout en volutes et d’une rare élégance, où se sent l’influence de l’affichiste virtuose Alphonse Mucha, fondateur de l’Art Nouveau au début du XX e siècle. Fortes de ce succès, les éditions Pika ont décidé de traduire l’œuvre précédente de la mangaka  : Divines. Cette comédie de situation en trois volumes confronte Eniale et Dewiela, respectivement ange et démone de métier. Rivales mais néanmoins amies, ces deux incorrigibles fashion victims sont prêtes à se damner pour un accessoire de mode ou de maquillage. Si Divines est une œuvre de jeunesse et n’atteint pas les sommets narratifs de L’Atelier des sorciers, l’histoire est drôle, rythmée et décalée, un peu dans la veine des Vacances de Jésus et Bouddha de Niraku Nakamura (15 tomes chez Kurokawa). Divines parvient à surprendre, car même en confrontant un ange et un démon en compétition pour ranger à leur cause le plus grand nombre d’âmes, le récit n’a rien de manichéen  : ce ne sont pas le bien et le mal qui s’affrontent, mais deux divinités qui possèdent chacune des atouts spécifiques pour atteindre un même objectif. JÉRÔME BRIOT ➫ DIVINES, ENIALE & DEWIELA VOL.3 de Kamome Shirahama Pika, 192 p., n&b, 6,95 € ➫ L’ATELIER DES SORCIERS VOL.5 de Kamome Shirahama Pika, 192 p., n&b, 6,95 € VERMINE DE RIEN Minoru Furuya est souvent cité dans les pages de Zoo. De tous les magazines, en réalité. Himizu, sa dernière série publiée chez Akata, nous en réexplique la raison. L’idiotie vénale, l’impuissance gesticulante et l’arrogance sans fondement s’entrecroisent en un ensemble de vanités dont découle une amitié écorchée. Avant de transfigurer les exubérances visuelles qui font sa marque de fabrique, Furuya force le trait du grand guignol de façade, maximisant l’impact grinçant de ses choix dans un dévoiement total des rites du shonen ou de l’humour. Le tout ponctué de décrochements de mâchoire qui préfigurent le décrochement de l’âme de ses personnages. Furieusement Furuya Furuya représente une source officielle d’inspiration pour une fournée d’auteurs psychologiques infiniment marquants  : Inio Asano mais aussi Shûzô Oshimi, mirifique dans sa dernière série Les Liens du sang. On peut y percevoir les strates d’une maturation de ce genre de récit. L’auteur de Dragon Head, Minetaro Mochizuki, débute la danse avec son désespoir humain extraordinaire, Furuya suit avec l’abandontotal de toute lumière dans son présent récit et la génération émergente d’auteurs conclut la valse par sa description d’un marasme désœuvré angoissant. Le temps nous dira si l’appellation d’œuvre culte régulièrement accolée à ce titre est méritée. En attendant, Himizu est clairement une œuvre fondatrice autant que charnière, des qualificatifs qui sont toujours de bon augure. ➫ HIMIZU VOL.2 L'atelier des sorciers ALEXANDRE MÉTAIS de Minoru Furuya Akata, 208 p., n&b, 8,05 € TONGARI BOSHI NO ATELIER Kamome Shirahama/Kodansha Ltd.



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