Zoo n°72 jui/aoû 2019
Zoo n°72 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°72 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 24,8 Mo

  • Dans ce numéro : 30 ans de manga.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 Vous racontez que vous êtes le premier éditeur à avoir effectué un voyage au Japon pour aller proposer vos BD. Et finalement, vous êtes revenu avec Akira et Dragon Ball… Jacques Glénat  : C’était en 1988. J’ai effectivement découvert le manga en me rendant au Japon. Personne ne connaissait en Europe. Je n’avais pas la moindre ambition. J’ai commencé par Akira parce que ça ressemblait un peu à la bande dessinée européenne en termes de découpage. Otomo s’est inspiré de Moebius et ça se voit. Puis il y a eu Dragon Ball, et quelques autres titres. Les confrères se sont engouffrés dans l’avion pour se rendre à leur tour au Japon et y faire des découvertes ! Comment expliquez-vous votre succès ? On a développé notre catalogue en installant des collaborateurs au Japon pour être au plus près de sorties et en lien direct avec la culture manga. Comment avez-vous élaboré vos choix éditoriaux ? On a publié comme on a l’habitude de le faire  : selon nos goûts et nos impressions. Quand on vous dit qu’un titre a bien marché au Japon, E n C ouverture « J’AI UN RÊVE FOU  : VENDRE DES MANGAS FRANÇAIS AUX ÉDITEURS JAPONAIS » La maison d’édition grenobloise Glénat fête ses cinquante ans de BD et trente ans de manga. À sa tête, Jacques Glénat, un pionnier qui a découvert le genre au Japon à la fin des années 1980. Trente ans plus tard, Glénat sort un nouveau shônen prometteur pour la Japan Expo  : Ariadne, l’empire céleste. Interview. Jacques Glénat Ariadne, de Norihiro Yagi vous avez tendance à vouloir le ramener en France. Mais ce n’est pas pour ça qu’il va fonctionner. Le rôle de nos collaborateurs est justement d’attirer les auteurs qui valent, selon nous, le détour. Je suis, par exemple, particulièrement fier d’avoir publié l’œuvre complète d’Hayao Miyazaki, si riche et si belle. Qu’est-ce qui vous a touché dans son œuvre ? C’est un univers extraordinaire, tant dans ses mangas que ses illustrations, ses croquis… Cet homme a fourni un travail incroyable et le Studio Ghibli a une dimension magique. J’ai découvert cet artiste en tombant sur SOKYU NO ARIADNE 2018 Norihiro YAGI/SHOGAKUKAN
AKIRA MASH∑ROOM Co., Ltd./Kodansha Ltd. Nausicaä, un petit chef-d’œuvre. Ensuite, j’ai plongé dans le reste de son œuvre. Avec trente ans de recul, vous ditesvous qu’introduire le manga en France était un pari ? Non. On a publié Akira en se disant qu’on y croyait, comme tous les autres auteurs qu’on publie dans de nombreux pays  : par exemple l’Espagne ou l’Italie. Nous avons été les premiers à publier Hugo Pratt. Votre coup de cœur ? J’ai tout lu, même si je ne me suis pas tapé l’intégrale de chaque série [N.D.L.R.  : One Piece, par exemple, en est à son 90 e tome et Les Gouttes de Dieu, manga sur le vin, enregistre la bagatelle de… 44 volumes et a déjà un spin-off]. Mais j’ai été transporté par les huit premiers tomes Extrait d'Akira T.3, de Katsuhiro Otomo E n C ouverture ONE PIECE  : ZOOM SUR UN PHÉNOMÈNE One Piece, « un des plus grands succès manga chez Glénat » confirme Jacques Glénat, touche avant tout les plus jeunes. Nous avons donc demandé à Léon, 11 ans, un grand fan de bande dessinée en général et de cette série en particulier, de nous le résumer en une chronique  : « Le grand pirate Gold Roger, avant de mourir, a dit  : « Mon trésor ? Si vous y tenez, vous n’avez qu’à le prendre… Mais il vous faudra d’abord le chercher, car je l’ai caché quelque part dans ce vaste monde ! » Sur ces mots, une vague de nouveaux pirates se lance dans la fouille planétaire. Monkey D. Luffy habite dans une petite ville portuaire, il rêve de devenir pirate comme l’équipage de Shanks le Roux, un de ses plus grands amis. Vu que Shanks a laissé traîner un des fruits du démon, Luffy l’a pris pour son dessert. Ces fruits du démon donnent parfois de grandes de Dragon Ball  : c’est une fable magique, intelligente et poétique. Je n’ai pas continué car je n’aime pas trop les mangas à baston et ensuite, Dragon Ball devient plus violent. Quels sont vos projets pour le manga dans les trente prochaines années ? Continuer à faire du manga nousmêmes comme on le fait déjà depuis quelques années. On est dans cette culture avec de jeunes auteurs qui ont baigné dans les mangas comme c’est le cas aussi avec les comics. Pour le reste, on est soumis à la production japonaise et toujours dans la bagarre commerciale autour des droits… Votre rêve ? Réussir à vendre un jour des mangas français aux éditeurs japonais. Mais je crois que c’est un rêve fou ! Mon objectif est de continuer à découvrir surprises, par exemple devenir élastique comme du chewing-gum et s’étirer à volonté. Quelques années plus tard, Luffy recherche des membres pour son équipage. Il espère trouver  : un chasseur de prime, une navigatrice, un tireur d’élite, un cuisinier, un médecin et pleins d’autres postes pour son navire. Pour récupérer le « One Piece » (le trésor de Gold Roger), il doit traverser Grand Line, une mer pleine de corsaires et de dangers. Il y fera d’étranges rencontres… C’est une série extraordinaire avec une histoire incroyable, même si les péripéties et solutions sont trop de nouveaux mangas, être plus proche de certains auteurs japonais qu’on ne voit pas assez en Europe pour les faire venir. Que le manga continue à développer cette expression et cette culture qui lui sont propres et qui ne le mettent pas en concurrence avec la bande dessinée franco-belge. Ariadne, la nouvelle coqueluche de Glénat Trente ans après avoir introduit Akira en France, Glénat présentera sa grande nouveauté à la Japan Expo  : Ariadne, l’empire céleste, pourrait bien devenir un phénomène. En tout cas, le premier tome de cette série prometteuse démarre sur les chapeaux de roues. Ou plutôt sur les ailes d’une cité volante… Lashil, un jeune garçon de 13 ans, vit isolé dans sa montagne. Un jour dans un bois près de chez lui, il fait la rencontre de Leana, une jeune fille de 14 ans au caractère bien trempé. Son vrai nom est Leana Scractophi, princesse de l’empire d’Ariadne, un État indépendant qui impose son despotisme. Drôle de coïncidence  : cette cité volante est celle que Lashil a imaginée dans ses rêves les plus fous. Promise à un homme membre de la royauté, Leana veut faire de Lashil son défenseur… Signant le retour de l’auteur de Claymore, le scénario est plein d’impertinence. Son dessin, dynamique nombreuses. Le thème de One Piece reste quand même l’humour et l’aventure de plein d’amis qui croient toujours les uns en les autres  : j’espère que ça ne changera jamais (par contre, 90 tomes c’est long !). Un grand classique du manga shônen ! Les dessins sont variés et magnifiques, tantôt humoristiques, tantôt réalistes. Les traits de caractère des personnages se forment petit à petit et on les voit grandir au cours de l’histoire. Un coup de crayon sublime… Et le tome 91 sortira pile pour la Japan Expo… » Léon Fontanier et mouvementé, offre de très belles scènes de baston contre les requins qui contrastent terriblement avec la poésie et la beauté d’autres planches, plus douces. L’ensemble, de très belle facture, porte haut. Ce récit fantasy plein de contrastes n’a vraiment pas à rougir face aux fleurons de Glénat depuis trente ans. Et montre une nouvelle fois que ce pionnier du genre en France est sur de bons rails. PIERRE FONTANIER ARIADNE, L’EMPIRE CÉLESTE VOL.1 de Norihiro Yagi Glénat, 192 p.n&b, 6,90 € 5



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