Zoo n°72 jui/aoû 2019
Zoo n°72 jui/aoû 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°72 de jui/aoû 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 24,8 Mo

  • Dans ce numéro : 30 ans de manga.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 NEW YORK EN GRANDES POMPES Avec Giant, nous étions hissés au sommet des buildings new-yorkais en 1932. Mikaël pose cette fois sa caméra parmi les cireurs de chaussures et ce nouveau diptyque s’annonce déjà tout aussi prometteur. Nous quittons les chantiers de construction de Manhattan tout en restant immergés dans ce melting-pot des classes sociales les plus humbles où les émigrés de fraîche date, de quelque endroit du vieux continent qu’ils proviennent, sont déjà rejetés par ceux de la première génération qui craignent que le flux incessant des nouveaux arrivants ne vienne leur ôter le pain de la bouche. ASPHALT JUNGLE Fils d’immigré allemand, le jeune Altenberg, neuf ans, ne souhaite qu’une chose  : s’intégrer au « nouveau monde » en reniant ses origines germaniques. Après s’être chamaillé avec son père à ce propos, il quitte brièvement son immeuble qu’il retrouve en flammes à son retour. Orphelin, il va devoir faire son éducation dans la rue auprès de quelques autres déshérités de son âge. Avec Shiny Rasmussen, il va devenir un bootblack, cireur de chaussures ambulant. Et, désormais, il se fait appeler Al Chrysler. Avec leur ami, le très affranchi Joseph Bazilsky, alias Diddle Joe, ils vont monter une B ande D essinée opération de blanchiment d’argent sale, fruit des trafics de la mafia italienne, qui va prendre une tournure dramatique. L’histoire, contée en flash-back, débute sur le front de guerre en 1945. Nous découvrons Al, devenu adulte, en train d’enterrer ses compagnons d’armes tombés sous le feu des tirs ennemis. Sur la plaque d’identification accrochée au cou d’un des soldats défunts, il trouve le nom de la personne à prévenir en cas de décès  : celui de son amour de jeunesse, Margaret Beauford, devenue l’épouse de feu Harry Grey. SCÉNARISTE CHEVRONNÉ, METTEUR EN SCÈNE ÉPROUVÉ On retrouve dans ce nouveau récit toute la puissance narrative de Mikaël, avec un sens particulièrement aigu de la dramaturgie, qui faisait tout le sel de Giant et évoquait à bien des égards les ambiances du chef-d’œuvre de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique. Il ne manque que la musique d’Ennio Morricone sur ses images ! Son scénario, qui s’affranchit subtilement de la chronologie de certaines péripéties, se ménage des zones d’ombre qui ne seront dévoilées que dans le second volet. Ici encore, il joue sur l’empathie que suscitent ses différents personnages sans jamais verser dans le sentimentalisme. Il y a de la tragédie, du pathos dans cette histoire d’amours contrariées entre Al et Margaret, comme il y en avait dans Giant entre Jack Jordan et Mary Ann. Loin de se répéter, Mikaël creuse et approfondit son sillon sur un terrain fertile en émotions. Graphiquement, il poursuit son exploration de « Big Apple » avec la même fascination, le même soin pour les décors comme pour les véhicules qui sillonnaient les avenues de la mégapole de cette première moitié du XX e siècle. Ses perspectives de rues, ses vues plongeantes, sont impressionnantes dans leurs dominantes virant du sépia à l’ocre ou au vert selon les séquences. Au détour d’une vignette, on peut déceler un bel hommage à Will Eisner qui célébra sa ville de naissance tout au long de sa prestigieuse carrière. Notons encore qu’à l’instar des deux volets de Giant, l’illustration de la couverture de Blackboot est très belle, et celle du tome suivant, comme en atteste la reproduction figurant au dos de cet album, tout aussi réussie. Cerise sur le gâteau  : un très beau cahier graphique de huit pages, réservé à la première édition, permet à Mikaël de signer quelques illustrations pleine page de toute beauté. SERGE BUCH BOOTBLACK T.1 de Mikaël Dargaud, 64 p., couleur, 14 €
ÉCHEC À LA MORT ? Alexis Bacci représente la mort sous les traits d'une tueuse impitoyable et il la place au centre d'un récit de science-fiction inspiré, dynamique et gentiment corrosif. Jubilatoire ! La mort parcourt l'espace à la recherche des planètes à détruire et des habitants à supprimer. L'une de ses dernières missions a été de régler son compte à la Terre, mais contrairement à d'habitude il y a eu des survivants. La camarde a donc pour objectif de retrouver ces derniers et de finir le travail. Cela s'annonçait simple… ça ne le sera pas ! La mort pour décrire les vivants Ce Captain Death est une bonne surprise. Par ses partis formels, Alexis Bacci (co-auteur avec Bastien Vivès de Lastman Stories - Soir de match) élabore un hommage aux films de série B comme à un certain type de comics. S'il accorde une grande importance aux textes descriptifs détaillant lieux, ambiances ou tâches à accomplir, le ton, souvent quelque peu distant, apporte un décalage. Les pages contiennent une poignée de cases, fréquemment assez larges. Le dessin retravaille la science-fiction un peu à B ande D essinée la manière d'un Daniel Torres ou d'un Brüno et recourt à peu de couleurs. Maîtrisant extrêmement bien la narration, l'auteur maintient la tension, parsemant les 240 pages de son album d'accélérations et de retournements de situation. Cette course-poursuite permanente s’avère fort agréable et ludique. Elle vaut d'autant plus le détour que, sans avoir l'air d'y toucher, Alexis Bacci brosse un portrait détaillé et précis de l'être humain comme de la vie en société. Ainsi, la légèreté affichée de cette partie de cache-cache avec la mort ne masque pas une réflexion vive sur l'humanité, ses qualités et ses défauts. Alors, comme le chante Hubert-Félix Thiéfaine dans Alligators 427  : « Moi je vous dis bravo et vive la mort ! » BORIS HENRY ➫ CAPTAIN DEATH d'Alexis Bacci Casterman, 242 p., couleur, 14 € HERGÉ une vie, une œuvre AU CHÂTEAU DE MALBROUCK 30 MARS 30 NOVEMBRE 2019 EXPOSITION PROPOSÉE PAR LE DÉPARTEMENT DE LA MOSELLE MOSELLE.FR QUALITÉ MOSELLE 13



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