Zoo n°71 mai/jun 2019
Zoo n°71 mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°71 de mai/jun 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 66,1 Mo

  • Dans ce numéro : un putain de salopard.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
28 ALGUES VERTES L'HISTOIRE INTERDITE NallppOr.I LA BD AU CRIBLE DE L'HISTOIRE "EReeed:Iger zoom Algues vertes, l’histoire interdite d’Inès Léraud et Pierre-Gilles Van Hove Depuis les années 1980, des tonnes d’algues vertes apparaissent sur les plages bretonnes. C’est un sérieux problème de santé publique, surtout depuis que trois hommes, un cheval et trente-six sangliers en sont morts. Conflits d’intérêts, manque d’intelligence de certains scientifiques, de professionnalisme de procureurs et préfets successifs ont rendu ce sujet tabou. On reconnaît enfin aujourd’hui que les algues vertes sont la conséquence directe de l’agriculture productiviste et intensive. C’est ce scandale que raconte Inès Léraud dans son remarquable travail d’investigation. La ligne claire de Pierre-Gilles Van Hove et les couleurs discrètes de Mathilda y apportent encore plus de crédibilité. Delcourt/La Revue dessinée, 144 p., couleur, 18,95 € PIERRE FONTANIER La BD au crible de l’Histoire de Philippe Delisle Philippe Delisle, auteur prolifique d’ouvrages sur la bande dessinée, rassemble ici un certain nombre de textes, originaux ou repris de précédentes publications mais approfondis, un peu hétéroclites. Ils sont classés de manière chronologique par rapport à leur sujet et en quatre chapitres où le catholicisme et le colonialisme ont la part belle. Cela ne remet pas en cause l’intérêt des articles, et notamment ceux qui analysent l’influence des milieux catholiques et notamment jésuites chez Tintin et dans Spirou, des années 1930 aux années 1960. La facette colonialiste concerne Le Bâton du féticheur, un Tintin au Congo flamand, et Tiger Joe de Charlier et Hubinon. L’ouvrage renferme une mine d’informations pour approfondir ses connaissances du 9 e art. Karthala, 200 p., 18 € THIERRY LEMAIRE ALORS VOUS ÊTES UN PE CES TRENTE-SIX MOIS ? AUTANT DIRE UN ESCLAVE. JE PENSAIS QUE PLUS PERSONNE NE S'ENGAGEAITCE N'EST PAS UNE VIE FACILE QUE VOUS VOUS PROMETTEZ, VOUS LE SAVEZ B ande D essinée RAOUT DU RHUM Sur le modèle des Maîtres de l’orge, Rhum Héritage est une épopée familiale et historique qui raconte la création du rhum aux Antilles françaises, sous le règne de Louis XIV. 1691. Le Royaume de France veut du sucre, toujours plus de sucre ! Charge aux colonies de la Dominique, Guadeloupe et de Martinique de le lui fournir. Mais entre les autochtones indomptables qui préfèrent se suicider et les esclaves africains trop peu nombreux, la main d’œuvre manque pour travailler dans les exploitations de canne à sucre. Philippe d’Audouin de Foucault de la Rochefleurie (une accumulation de particules inversement proportionnelle à l’importance de son domaine martiniquais) avertit Versailles  : pas de bras, pas de sucre ! Parallèlement à l’intensification du commerce triangulaire, qui importe des esclaves africains aux Antilles, une campagne de recrutement est lancée en métropole. Quiconque accepte de travailler comme « trente-six mois » dans ce qu’on appelle encore les Indes obtiendra « appointements et salaires raisonnables » et, au bout de trois ans, des terres. Cette promesse conduit Jean Rouen, fils d’un verrier normand ruiné, à tenter cette rude aventure. Pendant la traversée, notre homme sympathise avec le père Labat, un ecclésiastique féru de botanique, en route vers les îles pour inspecter et rétablir les finances catastrophiques de son ordre. Son atout secret, un alambique grâce à quoi il espère distiller une boisson plus noble que l’imbuvable tafia qu’on extrait des mouts de canne à sucre  : du rhum ! Yo-ho-ho ! Rhum héritage veut être au rhum ce que Les Maîtres de l’orge est à la bière, ce que Châteaux Bordeaux est au vin  : une saga familiale et historique, un feuilleton palpitant où l’aventure s’accompagne d’une documentation solide, peut-être même liquide dans le cas présent. On découvrira les secrets de la transformation de la canne à sucre en sucre puis du sucre en alcool, et les destins de Jean Rouen et du père Labat, ALLEZ À LA BouFFermice. TOUT Le MONDE ! VOLIS AVEZ QUINZE MINUTES l’inventeur mythique de cette eau-devie qui a conquis le monde. Également au menu de ce premier tome  : politique, bataille navale, poursuite d’esclaves marrons, référence rare aux peuples indigènes des Antilles, mais aussi de la romance, de la gnôle, des moustiques et d’autres créatures nuisibles. Si le recours un peu trop fréquent à des résolutions chanceuses pour dénouer les scènes est un bémol, le récit brille par son personnage féminin, la troublante Iya, ambiguë à souhait et dont on attend beaucoup pour les prochains volumes ! JÉRÔME BRIOT RHUM HÉRITAGE T.1 de Mateo Guerrero et Tristan Roulot Robinson, 56 p., couleur, 14,95 €
LA DOUBLE PEAU DU CANIDÉ Il y a trois ans, Adrien Demont avait rendu un bel hommage au peintre Theodor Kittelsen et plus largement aux légendes nordiques avec Buck, la nuit des trolls. Il reprend son personnage pour une histoire plus personnelle s’éloignant du folklore scandinave. Que le dessinateur ait souhaité réemployer son personnage dans une nouvelle série n’est pas si étonnant car Buck possède une silhouette que l’on n’oublie pas  : ce canidé fortement poilu est comme fusionné avec sa niche en bois qui, telle la carapace de la tortue, le protège et l’accompagne en permanence. Davantage que perdu, on découvre que ce Buck-ci fut un chiot abandonné. Guettant le retour de ses géniteurs, au fil des années, son habitacle fut son seul compagnon et réconfort. Il serait peut-être resté à jamais dans son enclos d’origine à observer la fuite des nuages, si une tempête, comme celle qu’on trouve dans le Magicien d’Oz, ne les avait emportés, lui et sa niche, vers d’autres horizons. Paréidolie et agoraphobie Délicat, le dessin d’Adrien Demont ménage suffisamment de flou vaporeux pour laisser libre cours à son inclination pour la paréidolie. Maisons, buissons, nuages, tout peut ici se muer en créature. Mais ce B ande D essinée foisonnement souvent inquiétant ne serait-il pas le fruit de l’imagination de Buck, chien trop agoraphobe pour sortir de la coquille protectrice de sa niche ? Au cours de ce récit, dans un moment de frustration, il s’arrachera pourtant à sa seconde peau… En sera-t-il plus heureux pour autant ? Le Chien perdu sollicite beaucoup l’imagination des lecteurs, quel que soit leur âge, par ses mystères et non-dits. Succession de vignettes totalement muettes, l’album est riche d’interprétations psychanalytiques potentielles. L’inconfort visuel permanent provoqué par la collusion de la chair et du bois est un aiguillon qui maintient alerte l’esprit du lecteur. VLADIMIR LECOINTRE ➫ BUCK T.1 d’Adrien Demont Soleil, 68 p., bichromie, 13,95 € NewImages Festival Création numérique & monde virtuels 6% 6, 14 PliOtu *`4114 tionbiḅiz 19 → 23 juin 2019 newimagesfestival.fr Design graphique  : ABM Studio – Visuel  : Anamorphine Artifact 5, Ahmet Misirligul Shutterstock, Ready Player One Collection Christophel 29



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :