Zoo n°70 mar/avr 2019
Zoo n°70 mar/avr 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°70 de mar/avr 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 53 Mo

  • Dans ce numéro : 40 ans de sagas culte.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 38 - 39  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
38 39
38 2 ! zoom Tito et les oiseaux de Gustavo Steinberg, Gabriel Bitar et André Catoto Dans un monde en proie à une pandémie où la peur engendre des mutations corporelles à l’échelle planétaire, Tito, 11 ans, réalise que décoder le chant des oiseaux pourrait être la clé pour sauver l’humanité. Par sa direction artistique mélangeant gaillardement peinture à la gouache, dessins numériques et animation traditionnelle, Tito et les oiseaux incendie la rétine à force de trouvailles visuelles et de jeux de perspective. Mais, surtout, sa dénonciation fine des chaînes d’info en continu alimentant la paranoïa et le populisme se révèle plus que salutaire. Pourvu que le Brésil continue de produire des merveilles d’animation de cet acabit alors qu’il vient d’entrer dans des territoires politiques plus que nauséabonds. Film d’animation, 1h13, sortie le 3 avril 2019 JULIEN FOUSSEREAU Time and Tide de Tsui Hark Enfin, Time & Tide connaît une édition digne de ce nom, à la hauteur de la maestria visuelle qu’il déploie. Sorti en 2001, Time & Tide marque le retour en forme de Tsui Hark après sa période hollywoodienne calamiteuse. Le maître formel utilise le véhicule du polar hongkongais en reprenant les motifs aperçus dans The Killer et Le Syndicat du crime de John Woo tels que la dualité. Sauf qu’il joue constamment avec une narration elliptique pour viser l’impact visuel maximum. Ne reste que des trouées humanistes dans un ballet visuel et pétaradant. Près de deux décennies plus tard, la fusillade monumentale dans l’HLM des quartiers populaires laisse bouche bée. Au même titre que la restauration du film qui s’imposait. Disponible en DVD et Blu-Ray aux éditions Carlotta JULIEN FOUSSEREAU simple journée à sept décennies, le D’une temps dans Wardi jongle entre l’infiniment court et une vie entière. Celle de Sidi, nonagénaire à la santé déclinante, s’articule autour d’« Al-Nakba », « la catastrophe », cette journée du 15 mai 1948 qui a vu la naissance de l’État d’Israël. Les deux tiers de la population palestinienne étaient expulsés pour être placés dans des camps frontaliers. Sidi se retrouva parqué dans celui de Burj el-Barajneh au sud de Beyrouth. Du provisoire, pensat-il… Mais les années ont passé, les taules des cabanes de bidonvilles ont laissé place à des étages bétonnés qui s’empilent, à chaque nouvelle génération. Aujourd’hui, Wardi, son arrière-petite-fille de 11 ans, aussi intelligente qu’insouciante, reçoit des mains de son aïeul la clé toujours suspendue à son cou. Il a le regard las. Elle s’en inquiète. La vérité testimoniale À travers l’animation, Mats Grorud a trouvé un moyen d’expression original et inattendu pour mettre en forme de fiction les tranches de vies racontées par sa mère, infirmière C inéma LES TOURS APATRIDES DE PALESTINE Sans tomber dans une logique partisane et déployant des trésors de poésie, Wardi raconte avec émotion, humour et justesse la tragédie de tout un peuple apatride à travers les yeux d’une enfant. Salutaire. sur le front du Liban dans les années 1980, ainsi que ses propres souvenirs des années dans le camp de Burj el- Barajneh en tant que travailleur social pour une ONG. Avec ce premier film présenté au Festival d’Annecy l’année dernière, le Norvégien avait envie « …de faire quelque chose de différent, qui ne soit ne pas juste un énième documentaire sur les réfugiés palestiniens des camps, mais un film qui essaye à la fois de toucher un nouveau public et de toucher le public d’une nouvelle manière. » Humains avant tout Grorud alterne ainsi entre un passé, illustré en animation traditionnelle, évoquant les phases d’humiliations, de révoltes et de résignations de la descendance de Sidi, et un présent en stop-motion concentré sur l’ascension mouvementé de Wardi dans sa tour de guingois pour remonter son arbre généalogique. Si la direction artistique ne sera pas forcément du goût de tous, on ne peut que louer la finesse d’écriture à la fois poétique et délicate de Wardi. Fuyant le misérabilisme, Grorud préfère se concentrer sur la dignité du quotidien de ces survivants à l’avenir incertain et à la mémoire collective toujours un peu plus amenuisée. De fait, la noblesse de Wardi réside moins dans un engagement propagandiste que dans un plaidoyer universel pour l’humanité de ces prisonniers à ciel ouvert et le respect de leurs droits les plus élémentaires. JULIEN FOUSSEREAU WARDI de Mats Grorud Animation, 1h17 Sortie le 27 février 2019
J eu V idéo AU ROYAUME DES CŒURS, LA CONFUSION RÈGNE Attendu depuis 13 ans, Kingdom Hearts III est censé conclure une épopée démarrée en 2002. Si, visuellement, le mastodonte de Square Enix est un feu d’artifice, le bouquet final est, hélas, gâché par un sac de nœuds indémêlables en guise de narration. Tout aurait démarré dans l’ascenseur d’un immeuble tokyoïte. Shinji Hashimoto, le producteur des Final Fantasy se serait retrouvé avec une huile de la maison Mickey. Une simple conversation aurait débouché sur un projet dingue d’action RPG où Donald et Dingo se battraient aux côtés d’un cousin de Cloud ou Sephiroth. Kingdom Hearts naissait quelques années plus tard  : une idée de crossover qui n’aurait jamais dû fonctionner tant les deux univers sont aux antipodes thématiquement comme formellement. Ce fut, contre toute attente, une réussite commerciale et critique parce que cette association contre-nature tirait sa beauté d’une relative simplicité  : une lutte entre le bien et le mal, avec tout le manichéisme propre au genre, dans laquelle la grande famille Disney apportait une certaine légèreté. L’enfer du dédale narratif Le problème est que les choses se sont méchamment compliquées au fil des sorties. Et c’est un doux euphémisme. Si Kingdom Hearts III clôt une trilogie canonique, le succès de la franchise a poussé Square Enix à produire huit autres déclinaisons démultipliant les arcs narratifs. Kingdom Hearts III entend tous les conclure, trop souvent contre son propre bien. Lorsque le jeu démarre, il fait le strict minimum en termes de piqûres de rappel. Les nouveaux venus et ceux à la mémoire courte déchanteront face à ce tsunami de sous-intrigues absconses, pas aidées par des dialogues franchement tartes par endroits. Lorsque Woody de Toy Story hurle qu’il ne comprend rien, on ne peut que compatir. L’irradiante beauté mutante Pourtant, on est constamment émerveillé par l’enveloppe audiovisuelle somptueuse de Kingdom Hearts III. Le moteur graphique rutilant déploie un décorum tétanisant de magnificence mimétique avec les univers visités, de Raiponce à Pirates des Caraïbes en passant par La Reine des neiges. Le concept souterrain de touriste dans un parc d’attraction virtuel n’a jamais été aussi développé que dans cet opus avec ses variations de gameplay fréquentes, à même de compenser une difficulté revue à la baisse. Pas forcément un mal une fois que l’on a pris note des caprices de la caméra... S’il sera difficile d’absoudre totalement Kingdom Hearts III pour ses manquements et son accessibilité, on ne peut que conseiller d’accepter de ne pas tout comprendre et de se laisser porter pour profiter au maximum de ce feu d’artifice incontestablement beau. JULIEN FOUSSEREAU KINGDOM HEARTS III Square Enix Action RPG, Disponible sur PlayStation 4 et Xbox One zoom Mario et Luigi  : Voyage au centre de Bowser Nintendo Par un concours de circonstances complètement farfelu comme seul le Royaume Champignon en a le secret, Mario et Luigi se retrouvent dans le corps de Bowser, leur ennemi juré… Troisième épisode de la saga Mario et Luigi… transposant ses codes dans un jeu de Japan RPG aux combats au tour par tour, il fut considéré comme l’accomplissement de la formule lors de sa sortie, il y a 10 ans sur Nintendo DS. Cela explique sa ressortie aujourd’hui sur 3DS avec un toilettage léger. Toujours aussi remarquable de simplicité avec son système de combat à la manière du « pierre-feuilleciseaux » et de drôlerie avec ses dialogues décalés, …Voyage au centre de Bowser demeure par essence une introduction idéale au JRPG. Exclusivement sur Nintendo 3DS JULIEN FOUSSEREAU Travis Strikes Again  : No More Heroes Marvelous Parce que No More Heroes et sa suite Desperate Struggle demeurent encore les grands succès de Goichi Suda, auteur punk et prolifique, il était naturel qu’il revienne avec un spin-off dans cet univers après quelques déconvenues. Travis, le tueur à gages iconique de la série, est cette fois en phase avec un prototype de console abandonnée quoiqu’assassine. À lui de rentrer dans les jeux pour tirer cela au clair. Pour peu que l’on soit réceptif à l’humour particulièrement gratiné et déviant dans les textes, Travis Strikes Again saura nous contenter malgré des mini-jeux répétitifs. Et si Suda prend visiblement plaisir à rendre hommage aux jeux qu’il a tant aimés, on souhaite vivement qu’il retrouve son inspiration tant il commence à tourner en rond. Un No More Heroes 3, par exemple ? Exclusivement sur Nintendo Switch JULIEN FOUSSEREAU 39



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :