Zoo n°69 jan/fév 2019
Zoo n°69 jan/fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de jan/fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 49,2 Mo

  • Dans ce numéro : la paix ou le chaos.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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48 zoom Les Vieux Fourneaux de Christophe Duthuron L’œuvre originale du MANU CE PRIME CNIERLUONOEI duo Lupano et Cauuet n’est pas sans charme dans sa manière de réveiller les pulsions anars par son argot que ne renierait pas un Michel Audiard. Mais l’imaginer transposée sur grand écran laissait présager de la nécessité de privilégier la dimension nostalgique à la farce bouffonne. Or, Christophe Duthuron ficèle mal son histoire, dirige mal Pierre Richard pris en flagrant délit de cabotinage tout en nous assommant par sa réalisation banale et sa musique lourdingue. Dans la catégorie vieillesse hédoniste réalisé par un artiste autant à l’aise sur ses planches que derrière la caméra, on recommandera largement Les Petits ruisseaux de Pascal Rabaté, autrement plus fin et juste. Disponible en DVD et Blu-ray JULIEN FOUSSEREAU Paris, Le Guide des 1000 lieux cultes de Nicolas Albert et Régis Schneider Encore un guide sur la Ville Lumière ? Oui, mais avec un regard éditorial peu commun  : celui de nommer précisément et placer géographiquement tous ces décors parisiens de rêve aperçus dans nos films, séries, bandes dessinées et romans préférés. C’est ainsi que l’on apprend que la séquence des valises situé dans la gare Grand Central Station à New York dans Il était une fois en Amérique de Sergio Leone avait en fait été tournée à la Gare du Nord. Par ses trois modes de consultation (quartiers, thèmes et œuvres) redécouvrez notre belle capitale comme terreau fictionnel et artistique intense. Fantrippers, 448 p., couleur, 19,90 € JULIEN FOUSSEREAU C inéma PACIFIER LA JALOUSIE FRATERNELLE Dans son dernier film, Mirai, ma petite sœur, Mamoru Hosoda inscrit toujours un peu plus ses obsessions sur la famille dans le quotidien. Si son talent visuel n’est plus à prouver, son écriture décousue porte parfois préjudice à son message de transmission générationnelle apaisée. Aussi bien débordant d’innocence que sujet aux pulsions les plus irritantes, l’enfant est l’être en devenir par excellence. Et, du haut de ses quatre ans, Kun voit son monde chamboulé avec l’arrivée de Mirai, sa petite sœur. L’émerveillement initial laisse rapidement place à la frustration teintée de jalousie et de cruauté face à ce nourrisson accaparant toute l’attention de ses parents. Jusqu’au jour où, errant dans le jardin, il découvre une porte vers un autre monde où passé et futur de sa lignée familiale se chevauchent et se croisent… Trajectoires familiales La famille, qu’elle soit littérale ou d’adoption, n’a jamais quitté le cinéma de Mamoru Hosoda. En cela, il confirme qu’il est moins le fils spirituel d’un Hayao Miyazaki que celui du regretté Isao Takahata tant Mirai, ma petite sœur pourrait s’apparenter à un cousin de Souvenirs goutte à goutte. La maitrise narrative en moins. Si l’on salue ici une durée sensiblement réduite par rapport à ses précédentes productions, Mamoru Hosoda peine une fois encore à atteindre la limpidité d’écriture des deux grands maîtres de l’animation japonaise précités. Sa construction épisodique tient debout mais la conduite de son récit est affaiblie par un rythme décousu. En outre, l’enrobage de bons sentiments fait un peu passer Mirai, ma petite sœur pour un plaidoyer trop évident et simpliste en faveur de la natalité au sein d’un Archipel en manque de naissances. Magie du mouvement Heureusement, Mamoru Hosoda peut compter sur le talent reconnu de son équipe d’animateurs. Réputées pour leur sens quasi maladif du détail dans leur portrait de la vie quotidienne de la classe moyenne japonaise, les petites mains du Studio Chizu se surpassent encore pour réinventer la grammaire naturaliste du cinéma d’animation tout en sachant alterner avec des séquences épiques d’une beauté ahurissante. Qu’il s’agisse des feuillages balayés par les vents, l’illusion de gravité physique donnée à ses personnages ou encore le tumulte d’une gigantesque gare tokyoïte devenu un carrefour d’âmes égarées, Mirai, ma petite sœur démontre au besoin que Hosoda est un des plus grands expérimentateurs de l’animation japonaise actuelle. Pourvu que son sens du récit atteigne un jour la perfection de ses images animées. JULIEN FOUSSEREAU UN HYMNE À L'IMAGINAIRE ET À LA FAMILLE ET LA BÊTE [T LES EHrANTS LOUPS. Ame aLaa MIRAI, MA PETITE SŒUR de Mamoru Hosoda Animation, 1h38 Actuellement en salles
C inéma L’ANIMATION À LA RESCOUSSE DES OUBLIÉS DE L’INDÉPENDANCE ANGOLAISE Raul de la Fuente et Damian Nenow signent avec Another Day of Life une œuvre hybride fascinante sur l’indépendance chaotique de l’Angola dans laquelle l’intensité dramatique des souvenirs épouse sans accroc l’authenticité testimoniale du présent. La question de l’indépendance de l’Angola reste méconnue. On retient trop souvent la guerre civile qui aura déchiré pendant 27 interminables années cette ancienne colonie portugaise. Résultat, des hommes et des femmes ont été injustement oubliés par le tourbillon de l’Histoire. Le reporter de guerre polonais Ryszard Kapuściński a lutté contre cela par la force de sa plume. Aujourd’hui, Another Day of Life prend le relai en voulant partager au plus grand nombre la trace que le journaliste et les combattants qu’il a côtoyés ont laissée dans la marche de l’Histoire africaine. En cela, le film de Raul de la Fuente et Damian Nenow n’a pas volé son acclamation cannoise en mai dernier. De passage à Paris, Raul de la Fuente nous a parlé du poids du temps et de la force terrible de l’oubli qui ont toujours motivé l’écriture de Kapuściński, son héros. Comment en êtes-vous venu à faire ce film ? Ryszard Kapuściński, est entré très tôt dans ma vie car je suis tombé amoureux de sa littérature. J’ai lu tous ses livres dont je me suis imprégné au cours de mes différents voyages en Afrique pour mes documentaires. En 2008, ma co-scénariste et productrice Amaia Remirez et moi nous sommes arrêtés sur D’une guerre à l’autre parce que c’était son œuvre la plus célèbre et chargée en action dans un contexte captivant de guerre froide. L’affrontement entre Occident et U.R.S.S pour la mainmise de l’Angola en 1975 était une mine d’or avec ses mercenaires, ses enfants-soldats, Henry Kissinger, Fidel Castro… Enfin le style littéraire extrêmement puissant de Kapuściński était le terrain de jeu idéal pour des expérimentations visuelles en animation. Lorsque j’ai découvert Paths of Hate, le court métrage de Damian Nenow, j’ai tout de suite eu un déclic car il a su mettre des images, une ambiance sur ce que j’avais toujours visualisé dans un coin de ma tête. Vous aviez donc déjà le processus d’animation en tête au moment d’écrire ? J’ai toujours imaginé la prose de Kapuściński à la manière d’images animées avec un look de bandes dessinées. De plus, on voulait vraiment donner à Kapuściński une aura légendaire. Le défi était de superposer les protagonistes d’Another Day of Life avec ce qu’ils étaient devenus 40 ans plus tard en prises de vues réelles. On est donc parti à leur recherche en Angola afin d’arriver à ce résultat mélangeant animation et images documentaires. Avec son rendu chaleureux, l’animation était le meilleur moyen de véhiculer l’utopie égalitaire de la décolonisation tandis que les séquences documentaires contemporaines appuyaient la désillusion qui a suivi. En rendant hommage à ces combattants de la liberté comme Carlotta ou Farrusco, on tenait vraiment à les réinsérer dans une Histoire qui les a oubliés. Qu’apporte l’animation dans la diffusion de votre message ? Elle met de la distance avec les horreurs de la guerre tout en la faisant ressentir. À travers les séquences oniriques, elle transmet les dilemmes moraux de Kapuściński, pris entre son devoir de journalisme et sa conscience citoyenne. Car Another Day of Life est un hommage à l’importance du journalisme dont il était un des meilleurs représentants même si, sur le terrain, il a peu à peu cassé ses codes éthiques afin de devenir un activiste et sauver des vies. Quelles ont été vos sources d’inspiration ? Another Day of Life est l’histoire d’un journaliste pistant un révolutionnaire au beau milieu des lignes ennemies dans le Sud de l’Angola. De fait, j’ai beaucoup pensé à Apocalypse Now de Francis Ford Coppola pendant toute la production, à cette volonté de plonger toujours plus loin au cœur des ténèbres. La Horde sauvage de Sam Peckinpah m’a beaucoup marqué. D’ailleurs une des séquences d’Another Day of Life est un hommage direct à l’ouverture du film. ANOTHER DAy 4.1Nret.n..'g OF JULIEN FOUSSEREAU LiFE D'après la vie et l'oeuvre se RYStARD KAPUSCWISKI WILIO11110 111111111111111.1.01011. _... ANOTHER DAY OF LIFE de Raul de la Fuente & Damian Nenow Animation/Documentaire, 1h26 Sortie le 23 janvier 2019 49



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