Zoo n°69 jan/fév 2019
Zoo n°69 jan/fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°69 de jan/fév 2019

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 60

  • Taille du fichier PDF : 49,2 Mo

  • Dans ce numéro : la paix ou le chaos.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 zoom La Grande Aventure de la bande dessinée T.1 de Christian Staebler Les livres qui racontent l’histoire de la bande dessinée ne sont pas si nombreux que ça, finalement. Celui-ci, divisé en trois tomes, possède l’intérêt de ne pas être écrit par un universitaire. Il présente donc un point de vue (et un ton) différent des ouvrages habituels. Son propos est subjectif, puisque l’auteur annonce dès la préface qu’il veut montrer l’émancipation du medium, passé de lecture pour enfant et/ou analphabète à art adulte. Pour autant, le contenu ne manque pas de rigueur pour décrire une période qui court du début du XIX e siècle à l’année 1966. À noter les illustrations parodiques qui parsèment l’ouvrage et reprennent en clin d’œil le style des grands maîtres du 9 e art. Savoureux. PLG, 180 p., n&b, 15 € THIERRY LEMAIRE Le Meilleur album de BD de tous les temps de Mo/CDM Voilà une BD d’humour dont le titre ne ment pas ! C’est un peu surpris que le héros dessinateur qui présente son travail à un éditeur se voit couvrir de ce genre de louanges dithyrambiques. Même la secrétaire n’a jamais rien lu d’aussi bon. Oui, ce qu’il leur montre est sans aucun doute le meilleur album de gags de tous les temps… et à nous de découvrir les planches désopilantes de cet album de Mo/CDM, qui mord gentiment le mollet des chasseurs, des politiques, des capitalistes, des gens, bref de tout le monde. Récit autobiographique ? Le doute est permis même si, comme on rit franchement d’un bout à l’autre de cet album réussi, on ne peut que cautionner le manque de modestie du titre. Fluide Glacial, 48 p., couleur, 10,95 € HÉLÈNE BENEY B ande D essinée LUCIANO, MAFIEU AMOUREUX D’AGATA Lucky Luciano, patron de la mafia en 1930, était un truand arriviste. Olivier Berlion l’a choisi comme héros de sa nouvelle série, Agata. Mais un mafieu peut aussi être un sentimental. Olivier Berlion avait Agata en réserve. L’Art du crime, sa série avec Omeyer l’accaparait complétement. Le dernier tome bouclé, Berlion pouvait se lancer sur les traces sanglantes de Luciano et de la douce Agata  : « Au départ, je voulais écrire un scénario sur les années 30, l’histoire d’une femme immigrée polonaise. J’ai eu l’idée de lui faire croiser la route de Luciano. » Le truand se glisse dans le récit. « Agata arrive aux États-Unis à cause d’un avortement passible de prison en Pologne. Elle rencontre Luciano sans que je sache, à ce moment, quel destin lui réserver. » avoue Berlion. Il aura le déclic  : « Dans sa biographie, Luciano dit que s’il avait « réussi » dans les affaires, c’est qu’il ne s’était jamais laissé freiner par une relation amoureuse. Je me suis dit qu’il avait quand même rencontré au moins une femme à laquelle il aurait pu s’attacher. » Avant d’en arriver à Luciano amoureux, Berlion reprend par le détail la montée en puissance du mafieu, dans ce premier tome d’une série qui en comportera quatre. Luciano est un second couteau intelligent. Il fait le ménage dans la mafia new-yorkaise. « Dans Agata, il est à mi-chemin du succès. Il travaille pour deux parrains à New York et se tire d’une balade mortelle, d’où le surnom de Lucky. » BONJOUR, MAM'ZELLE, VOUE MS LA NIÈCE asey ? Des truands respectables Comment le parrain Luciano va-til croiser la route d’Agata ? « Par hasard. J’ai tenu à coller à la vérité historique. Luciano veut des truands respectables qui investissent dans des affaires saines, tout en conservant leurs moyens de pression illicites. Des cimenteries polonaises obtiennent le marché d’une digue et refusent de se laisser racketter. Comme Agata est polonaise… » La suite, on la découvre dans l’album aux fortes influences cinématographiques. Polar, passion, Agata c’est aussi un double destin croisé. À croire que la mafia a marqué Olivier Berlion, puisqu’il a aussi un nouveau projet dans la lignée d’Agata dont il ne fera que le dessin, sur fond de French Connection. Autre actualité, le neuvième tome et dernier de sa série L’Art du Crime. On y découvre le dénouement d’une intrigue machiavélique basée sur des crimes qui ont les arts pour thème. « J’ai réécrit tout ce tome 9 avec Marc Omeyer. Il est lisible seul mais il vaut mieux avoir lu tous les albums pour en profiter pleinement. » Une série exigeante, qui a un peu perdu les lecteurs selon Berlion « par sa longueur ». JEAN-LAURENT TRUC ➫ AGATA T.1 d’Olivier Berlion Glénat, 88 p., couleur, 15,50 € ➫ L’ART DU CRIME T.9 de Marc Omeyer & Olivier Berlion Glénat, 48 p., couleur, 13,90 € Visuel provisoire
\`+r Flask 1 I B ande D essinée DANS LES ÉTOILES, UN NOUVEL ESPOIR ? Toujours concerné par la science et le monde contemporain, Robin Cousin fournit chez Flblb un troisième ouvrage aussi remarquable que les précédents. Dans Des milliards de miroirs, il est question de la fin de la civilisation et de la vie extraterrestre. La création d’un « hypertélescope » permet la découverte de signaux venus d’une très lointaine planète qui sembleraient indiquer la présence d’une civilisation extraterrestre. Source d’espoir, de crainte ou d’indifférence ? À travers de nombreux personnages, pour la plupart issus de la communauté scientifique, Robin Cousin observe les conséquences de cette découverte dans un monde à l’agonie  : l’eau potable n’y coule plus à flots et les protéines qu’on y mange proviennent des insectes, les derniers mammifères ne survivent plus que dans une arche tâchant de recréer leurs environnements disparus. Dans la seconde partie du vingtième siècle le pessimisme en science-fiction pouvait apparaître Un réseau de tackes lumineuses identique à nos villes vues de l'espace comme imprécatoire plutôt que prophétique. Désormais nous sommes devant le gouffre et c’est presque avec l’espoir d’une solution que l’on consomme cette bande dessinée. Un monde à l’agonie Il est d’ailleurs pertinent de la comparer avec L’Appel de l’espace, que Will Eisner avait écrit en 1983, en pleine guerre froide, sur le même sujet. Chez l’Américain, le thème était le prétexte à une satire féroce des travers des sociétés humaines  : soif de pouvoir et avidité. Mais la question écologique n’apparaissait alors jamais. Chez Robin Cousin, la satire sociologique est bien là, mais l’approche est plus celle d’un observateur scientifique que celle d’un moraliste. Avec son dessin très synthétique et extrêmement limpide, Robin Cousin produit des livres d’une intelligence rare. Sous l’apparence du divertissement, il fournit à ses lecteurs l’occasion d’une réflexion unique sur le monde contemporain. VLADIMIR LECOINTRE ➫ DES MILLIARDS DE MIROIRS de Robin Cousin Flblb, 248 p., 23 € UN ÉTÉ À CHASSER LES FANTÔMES Un été sans maman, ce n’est jamais simple, surtout quand c’est le premier. Avec beaucoup de sensibilité, Grégory Panaccione décrit les vacances incroyables d’une fillette, heurtées de plein fouet par le souvenir d’un drame ancien. Pas facile de passer pour la première fois ses vacances d’été sans sa maman. Encore moins dans un pays dont on connaît bien mal la langue. C’est ce qui arrive à Lucie, dans ce récit en noir et blanc quasiment sans paroles. Et arriver sous la pluie dans ce coin perdu de l’Italie n’arrange pas les choses. Mais le cafard de la petite fille disparaît bien vite une fois le soleil revenu. Car le cadre de son séjour est idyllique. Des hôtes aux petits soins, un chien adorable, une maison les pieds dans la Méditerranée, les montagnes d’un côté, une île mystérieuse en face, tout est là pour passer des vacances mémorables. Elles le seront. Avec l’aide d’un garçon de l’âge de Lucie et d’une étrange petite créature. À circonstances exceptionnelles, événements exceptionnels. Entre rêve et réalité Grégory Panaccione ne cache pas que ses influences majeures sont Moebius et Hayao Miyazaki. Outre les clins d’œil graphiques à ces deux géants, l’onirisme qui les caractérise transparaît clairement dans l’album. Le rêve et la réalité semblent se confondre lorsque Lucie et son ami se trouvent confrontés au fil rouge du récit, une tragédie vieille de plus de 70 ans. Il y a des étés initiatiques qui font grandir plus vite. Nul doute que le lecteur sera happé par le silence des cases. Et que l’aficionado de Panaccione aura le plaisir de reconnaître quelques visages et la furieuse envie de faire des gratouilles à l’inénarrable Toby. Nul doute que l’auteur, français aux origines italiennes, aura mis beaucoup de luimême dans cette chronique estivale. Le drame évoqué, bien réel, ajoutant à la fiction un supplément d’âme. Expert des récits muets, Grégory Panaccione réalise encore une fois un album qui laisse sans voix, de délectation. THIERRY LEMAIRE ➫ UN ÉTÉ SANS MAMAN De Grégory Panaccione Delcourt, 272 p., 19,99 € 17



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