Zoo n°68 nov/déc 2018
Zoo n°68 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de nov/déc 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : à la croisée des mondes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 B ande D essinée LA GUERRE DE 14 JUSQU’À LA CORDE Extrait Avec le 11 novembre 2018 s’achèvent les commémorations de la Première Guerre mondiale. Après de premières années tonitruantes, l’intérêt du 9 e art pour le sujet semble sérieusement s’essouffler. En bande dessinée, la Première Guerre mondiale fait recette, notamment depuis 2014 et le début des commémorations du centenaire du conflit. Certains auteurs n’ont toutefois pas attendu cette date pour s’intéresser de près à ces quatre années tragiques. Et en premier lieu Tardi, qui dès 1972 avec Adieu Brindavoine, place nombre de ses intrigues au cœur de la Grande Guerre. Dénonçant les atrocités et l’aberration de cette boucherie, Tardi multiplie les albums sur le sujet, gagnant ainsi une place centrale dans le 9 e art. Hugo Pratt (les premières aventures de Corto Maltese se déroulent entre 1914 et 1918), Comès (L’Ombre du Corbeau, 1976), Attilio Micheluzzi (Petra chérie, 1977-1982), Pat Mills Extrait des Godillots, T.5 et Joe Colquhoun (La Grande Guerre de Charlie, 1979-1988), Robbie Morrison et Charlie Adlard (La Mort blanche, 1998), David B. (La Lecture des ruines, 2001), David Vandermeulen (Fritz Haber, depuis 2005), Xavier Dorison et Enrique Brescia (Les Sentinelles, depuis 2008), Kris et Maël (Notre Mère la guerre, 2009-2012), offrent au lecteur de petits bijoux d’inventivité et de sensibilité, à des moments où la Première Guerre mondiale ne passionne guère que les spécialistes. Quand le temps des centenaires apparaît, la médiatisation de l’événement donne des idées aux éditeurs et les albums fleurissent, à la manière des bouquets plantés au bout du fusil des soldats partant à la guerre avec le sourire. Inclination pour les tranchées Les bandes dessinées qui déferlent dans les librairies laissent alors l’impression d’un effet d’aubaine, plus ou moins bien mené. Les sorties suivent le calendrier des batailles et des commémorations. La plupart se concentrent sur les tranchées de Notre Mère la Guerre, T.1 et le front franco-allemand, qui ne concernent qu’une partie, certes emblématique, des combats. Des séries s’inscrivent également dans la durée, en suivant des personnages sur l’ensemble du conflit, comme La Guerre des Lulus (Hautière, Hardoc), 14-18 (Corbeyran, Le Roux), L’Ambulance 13 (Ordas, Cothias, Mounier) ou Les Godillots (Olier, Marko). D’autres encore sortent du lot, comme Mauvais genre (Cruchaudet), Au revoir làhaut (De Metter), Le Chant du cygne (Babouche, Dorison, Herzet) ou encore Les Folies Bergère (Zidrou, Porcel). Mais la fréquence des publications, qui s’accélère énormément à partir de 2014, confine à l’indigestion, dont le contrecoup est une soudaine désaffection du sujet de la part des éditeurs. Même la date du 11 novembre ne soulève pas les foules. Le fruit a été suffisamment pressé. Pas sûr que l’année 1919, pourtant passionnante (Conférence de paix de Paris, traité de Versailles, front d’Orient), ne passe pas à la trappe. THIERRY LEMAIRE
LES CARNETS DE GUERRE DE LOUIS BARTHAS de Fredman, La Découverte, 288 p., couleur, 24,90 € Rumeurs de veuves, d'orphelins, Bourdonnantes, comme un essaim, Sur ces pauvres corps déteints. Avec la terre Leurs corps célèbrent des noces Sanglantes. Adapter en bande dessinée les carnets de Louis Barthas tient de la performance tant le texte de ce tonnelier, incorporé dès l’entrée en guerre et libéré après 54 mois de service, est dense. Les 1732 pages originelles racontent en effet le quotidien du troufion, avec l’œil du militant socialiste et antimilitariste. On peut presque regretter que Louis Barthas ait repris ses notes en 1919 pour mettre en forme ses souvenirs. Parler des premières semaines de la guerre en connaissant le déroulement des quatre années suivantes biaise le discours. Cela n’affaiblit cependant pas la force d’un témoignage saisissant. On pourra aussi regretter que Fredman ait fait le choix d’une bande dessinée quasi muette, ponctuée par un récitatif omniprésent, tiré du texte de Barthas. Mais la pesanteur du procédé s’efface vite devant la mise en images très expressive, qui donne un ouvrage fort réussi. THIERRY LEMAIRE B ande D essinée UNE GUERRE, 3 POINTS DE VUE Extrait d’Impénétrables empreintes, de Riff Reb’s il Le. carne. de puera'  : LOniU Barthes,. « -19111'1 i TRACES DE LA GRANDE GUERRE Collectif, On a marché sur la bulle, 152 p., couleur, 22 € Projet franco-britannique porté par l’association amiénoise On a marché sur la Bulle et le Lakes International Comic Art Festival, Traces de la Grande Guerre est un ouvrage collectif qui contient 18 récits, écrits des deux côtés de la Manche et de bien plus loin. Les points de vue sont très différents, mais le point de départ est le même  : quelle trace a laissé la Première Guerre mondiale dans l’esprit des auteurs ? Les réponses sont multiples, liées au présent, aux leçons tirées (ou pas), au passé, à l’invraisemblable absurdité du conflit, aux conséquences de la guerre, à des souvenirs, des sensations. Charlie Adlard, Riff Reb’s, Jean-David Morvan, Maël, Kris, Juan Diaz Canales, Aurélien Ducoudray, Efa, Sean Phillips, Marguerite Abouet, Dave McKean, Edmond Baudoin, Bryan Talbot, Régis Hautière, Denis Lapière, Aude Samama, entre autres, livrent leur vision de ce qui subsiste aujourd’hui de cette boucherie. C BLACK DOG de Dave McKean, Glénat, 120 p., couleur, 25 € THIERRY LEMAIRE Bel objet grand format, dessins somptueux, on n’en attendait pas moins de la part de Dave McKean. Mais on est presque surpris de la qualité et de l’inventivité de l’album pour un travail de commande. Très inspiré, McKean répond à la demande du programme 14-18 NOW, en s’emparant de la vie de Paul Nash, peintre britannique bien connu outre-Manche. Engagé en 1914, celui-ci témoigne avec son dessin du quotidien des Tommies, avant d’être nommé en 1917 artiste de guerre officiel et de subir après-guerre des troubles de stress post-traumatique. S’inspirant de son trait, McKean en fait le narrateur de son album, racontant entre rêve et hallucination les horreurs de la guerre. Une fresque épique. THIERRY LEMAIRE 7



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