Zoo n°68 nov/déc 2018
Zoo n°68 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de nov/déc 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : à la croisée des mondes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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46 zoom artbook Dragon Quest Illustrations d’Akira Toriyama (AKIRA DRAGON Q sr La saga mythique de jeux de rôles japonais Dragon Quest célèbre cette année son 30 e anniversaire en grande pompe avec la parution de ce beau livre rassemblant plus de 500 illustrations, artworks, dessins préparatoires réalisés de la main d’Akira Toriyama. L’intérêt de se plonger dans cet ouvrage est double. Premièrement, elle permet de prendre conscience de la richesse et de la complexité de cette saga, véritable institution au Japon. Deuxièmement, ce condensé de l’œuvre de Toriyama démontre que sa collaboration a permis à l’artiste de faire évoluer son style, initialement rondelet, vers un character design plus anguleux et anatomique. En somme, Dragon Quest se révèle être le trait d’union qui a permis à Dragon Ball de muter en Dragon Ball Z. Mana Books, 240 p., couleur, 39,90 € JULIEN FOUSSEREAU Art of Mana Collectif Qui associe Square Enix et jeux de rôles pense immédiatement à Final Fantasy. Ce serait pourtant oublier combien la saga des Mana dont Secret of Mana paru sur Super Nintendo est devenu instantanément culte avant d’entrer dans la postérité pour son système de combats en temps réel et la force de sa musique ainsi que son opposition entre la nature et la technologie. Si Art of Mana remplit son contrat en recueillant une foultitude d’informations et de secrets de fabrication, la précision et la qualité des reproductions des jaquettes et autres dessins conceptuels du regretté Hiroo Isono subjuguent tant leur beauté sylvestre et post-impressionniste enflamme la rétine. Mana Books, 207 p., couleur, 29,90 € JULIEN FOUSSEREAU NANA TO KAORU by Ryuta AMAZUME Ryuta AMAZUME 2008/Hakusensha Inc. LE BON ÂGE POUR LE BONDAGE Attache-moi, la comédie romantique BDSM de Pika, est en passe de se conclure. Quoi d’autre se conclura avec elle ? L’histoire d’amour naissante des candides protagonistes, espérons-le. Kaoru et Nana sont à la fois voisins et amis d’enfance, parfait mélange pour une idylle au long cours qui éclaterait soudainement au détour d’un événement scolaire aléatoire. Malheureusement, Kaoru, petit bonhomme quelconque aux penchants secrets très pointus, ne voit pas Nana, belle étudiante modèle à la renommée éclatante, comme un objet d’amour romantique. Il fantasme plutôt à l’idée de l’encorder ou de jouer avec ses désirs charnels à coup de baillons et de tenues de cuir. Il laisse voguer son imagination en vain jusqu’au jour où Nana, en vadrouille dans sa chambre, tombe sur une de ses tenues toutes particulières et… décide de la porter. Difficile pour elle d’assumer le plaisir qu’elle y prend, jusqu’au moment où l’envie de recommencer se fait trop forte. Commence alors un jeu de découverte de soi, de découverte de pratiques différentes, de laisser-aller, d’acceptation de son corps et de ses envies dans la confiance sans faille (mais pas sans pudeur à dépasser) d’une profonde amitié. Cuir moustache Attache-moi est un étrange mélange. Il a tout de l’histoire d’amour pudique, lente et candide. Les personnages se tournent autour, prennent conscience de leurs sentiments, n’osent pas les avouer, évitent tout contact extérieur, jusqu’à des explosions de niaiserie M anga totale. De l’autre côté, le récit bascule vers le manga adulte profondément sexué, enchaînant lèvres mordillées, rougeurs et bave, parangons des signes visuels de désir corporel. La représentation du corps en émoi prédomine alors, tout en laissant la part belle à une étude extrêmement didactique de ce domaine du sexe et de la relation à l’autre qu’est le BDSM (« bondage, discipline, sado-masochisme »). Le manga s’organise alors en scènes courtes d’utilisations d’accessoires et de situations dominantdominé entrecoupées de moments de la vie au quotidien, propices aux remises en question et à la réflexion. Baillons ensemble Attache-moi ne va toutefois pas chercher vraiment plus loin. C’est un mélange de série masturbatoire, de point d’entrée étonnant vers un univers souvent mal considéré, presque sous forme de catalogue des possibilités qu’offre ce domaine, et d’une historiette amoureuse à rendre jalouses les séries à l’eau de rose. L’ensemble en fait un mélange détonnant et efficace mais fragile. Il faut surtout éviter d’en extraire un pan narratif pour l’ériger en symbole de la série tout entière car celle-ci en pâlirait fatalement. Plus l’histoire progresse et plus les pratiques sont poussées, allant même jusqu’à une représentation devant un public d’amateurs. Attache-moi en profite pour éviter cette peinture habituelle graveleuse peuplée de vieux cochons décadents crado, replaçant femmes et passionnés lambdas au cœur de son univers. In dominé patris Après un long tome d’atermoiements et de flash-back sur fond de show en public, Attache-moi conclut de manière très brutale neuf ans de production, en abordant pour la première fois une autre version du BDSM, une version froide et violente, qui contrevient viscéralement à ce qui a été transmis tout au long des dix-huit tomes de la série. Une version qu’il faut affronter et surmonter pour se détacher une bonne fois pour toute des vieux clichés. Une version qui permet enfin aux personnages de s’assumer. Au final, Attache-moi est une plongée rafraîchissante dans le monde du sado-masochisme qui ne renie ni ses racines hentai ni ses petits délires de comédie romantique. Une série qui aura alors plu à un panel de lecteur étonnamment varié, allant des curieux aux amateurs de genre. ALEX MÉTAIS ATTACHE-MOI VOL.18 de Ryuta Amazume Pika, 196 p., n&b, 8,05 €
SHINIGIWA 2016 by Kentaro Fukuda/SHUEISHA Inc. M anga DESTINATION FINALE In One’s Last Moment, tiré d’un magazine japonais Shonen Jump Giga habitué aux histoires courtes, sort chez Soleil manga. Un des rares mangas one-shot réussis parus en France ? Mamoru Kaname mène une existence triste et solitaire. Rejeté à cause d’une réputation d’aimant à décès, il trouve soudain un réconfort inattendu chez Kana Shiraishi, une camarade de classe avenante qui lui tend, littéralement, la main. Malheureusement, son image extérieure n’est pas si usurpée  : Mamoru dispose de la faculté de et puisque la mort ne veut pas lâcher le morceau, il va falloir persévérer, quitte à jeter sa propre vie et celle des autres aux orties. Tu ne le sais pas… Difficile d’en dire plus sans rien révéler de crucial. L’histoire est dense, bien minutée, si bien qu’elle n’aurait aucunement bénéficié de chapitres supplémentaires édulcorants. L’auteur, Kentaro Fukuda, y enchaîne à grande vitesse effets de préparation, de surprise et de développement. D’ailleurs, impossible de se pencher sur les aspirations de l’auteur tant il détruit rapidement le postulat classique de redresseur de torts paranormal. Fukuda multiplie les incursions dans divers genres pour les évincer presque aussitôt, s’en servant pour assoir plus efficacement sa prochaine surprise. …mais tu es déjà mort. L’album n’est pas sans faille, bien entendu. On ne peut s’empêcher de noter la présence d’une parfaite princesse à sauver, assez inactive dans une danse mortelle déséquilibrée, un personnage principal qui refuse de céder sa place un seul instant et une tendance très marquée aux larmoiements. In One’s Last Moment s’avère donc assez théâtral mais compense certains extrêmes faciles par de puissantes crises morales psychotiques qui rattrapent le tout. ALEX MÉTAIS ➫ IN ONE’S LAST MOMENT de Kentaro Fukuda Soleil Manga, 7,99 € LA FAIM JUSTIFIE LES MOYENS Pour la sortie du deuxième volume de Starving Anonymous chez Pika, retour en force d’un régime protéinique très particulier  : la dégustation d’êtres humains. Une dégustation d’ailleurs très brutale. Pas de cuisson à point, pas de raffinement mais des usines d’engraissement forcé à coup de drogues hypercaloriques, des chaînes de congélation humaines et des monstres aussi gigantesques que voraces. Pas de chance pour Iye qui se fait kidnapper puis enfermer dans cet élevage secret glauque à souhait. Une lueur apparaît bien vite dans son malheur  : deux autres survivants à l’air bien débrouillard. Si ceux-ci ne sont pas parfaits, cédant souvent à leurs pulsions (qu’elles soient purement morbides ou nobles), ils semblent disposer à eux deux des ressources physiques et mentales pour s’échapper. Bien entendu, rien ne sera moins simple tant le complexe dans lequel ils ont atterri est tortueux et semé d’embuches mortelles. Un filet moins mignon Rien ne saurait préparer le lecteur à ce qu’il s’apprête à découvrir. La série se prête pour l’instant au jeu des révélations en rafales, n’oubliant aucune donnée initiale importante et choisissant de ne rien cacher longtemps. Ici, pas de suspense à long percevoir le moment de la mort de son entourage par le toucher. Son expérience lui a cependant douloureusement appris que l’on n’échappe jamais à son destin. Lorsque son premier contact avec cette jeune fille se solde par une vision de mort imminente, il décide de bousculer ce paradigme. Tenter d’éviter un si funeste destin n’est pas sans conséquences terme. Une fois la situation bien établie, c’est à qui arrivera à tout faire sauter en beauté. Starving Anonymous ne nous épargne aucune infamie liée à l’élevage de masse. Par extension, la série n’innove donc pas spécialement mais au contraire, utilise très efficacement les données simples qui découlent logiquement de son postulat de base, faisant des prémices de l’action un condensé très bien élaboré. Un lecteur choisissant une position de recul ne devrait s’étonner de rien mais celui qui se laisse porter par l’histoire y trouvera un déroulement sensé et percutant. À l’image de ses monstres, Starving Anonymous est un manga glouton, avide de choc, sans pitié envers son lecteur qui pourra constater avec effarement ce que donnerait l’enfant impie de Men in Black et de Gantz. ALEX MÉTAIS ➫ STARVING ANONYMOUS VOL.2 de Yû Kuraishi & Inabe Kazu Pika, 7,50 € Starving Anonymous Yû Kuraishi, Kazu Inabe, Kengo Mizutani/Kodansha Ltd. 47



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