Zoo n°68 nov/déc 2018
Zoo n°68 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de nov/déc 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : à la croisée des mondes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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36 C omics ANCIENS ET NOUVEAUX DIEUX Deux adaptations d’American Gods, le fameux roman de Neil Gaiman, sont toujours en cours, en série TV et en comics. Nous découvrons avec délectation aujourd’hui le premier volume de cette version en bande dessinée... En 1992, Neil Gaiman quitte la Grande-Bretagne pour aller vivre aux États-Unis, dans la campagne du Wisconsin, afin de se rapprocher de sa belle-famille. Le contraste entre sa première vie sur le vieux continent et cette nouvelle existence aux États-Unis va profondément l’interloquer. Peu après son arrivée, il va parcourir le territoire américain pendant près d’un an afin de mieux comprendre l’essence même de cette nation d’accueil, plus comme explorateur sociologique qu’en tant que touriste. En effet, outre certains lieux emblématiques des USA, il va emprunter des routes secondaires, s’arrêter dans des bourgades, des drive-in, visiter des attractions en bord de route et autres endroits typiques, collectant documents et témoignages afin de dresser une sorte de portrait de fond de l’Amérique. Il va tirer de ce road trip tout personnel une réflexion sur ce pays qui depuis sa naissance semble engloutir les croyances ancestrales des étrangers qui viennent y vivre pour les remplacer par d’autres « divinités » inhérentes à ce nouveau monde, avec comme paroxysme notre ère moderne où la technologie, le divertissement et le consumérisme supplantent la spiritualité. Ce postulat servira de base à son roman American Gods, paru en 2001. In Go(l)d we trust ? American Gods a pour protagoniste un dénommé Ombre. Alors qu’il sort de prison, il apprend que sa femme est morte dans un accident de voiture. Dans l’avion qui le ramène au bercail, il rencontre Voyageur, un individu étrange qui semble tout savoir de lui et veut absolument l’embaucher comme homme de confiance. Ombre va finir par accepter, mais qui est vraiment Voyageur ? Un arnaqueur mythomane, ou bien le dieu nordique Odin qui cherche à rameuter les troupes afin de faire la guerre à ces nouveaux dieux américains que sont internet, médias, entertainment... et de retrouver une légitimité dans le monde humain ? Mais les autres divinités, qu’elles soient antiques, mythologiques ou folkloriques, semblent avoir baissé les bras et accepté la défaite. À l’instar de son propre road trip des années plus tôt, Gaiman a choisi de faire voyager Ombre à travers l’Amérique pour exprimer ce combat sous-jacent, dévoilant l’enjeu au fur et à mesure des rencontres au lieu d’aborder frontalement cette guerre entre anciens et nouveaux dieux. Il est plutôt question de savoir ce qui constitue l’appartenance à l’Amérique à travers différents portraits, ainsi que dans des interludes revenant sur diverses périodes historiques de l’immigration ou des croyances. L’Art d’adapter Pour réussir l’adaptation d’un roman aussi fou et complexe, il fallait bien quelqu’un de la trempe de P.Craig Russell, collaborateur de longue date de Neil Gaiman dont il avait déjà adapté Murder Mysteries et Coraline. Russella littéralement mis en scène cette adaptation plutôt que de l’aborder en simple scénariste, comme lorsqu’Ombre téléphone à sa femme et qu’on la voit telle qu’il l’imagine, ou quand il parle avec Voyageur en voiture sous une tempête de neige et que le lecteur voit la même chose qu’eux à travers le parebrise (dixit Russell lui-même). Toujours selon Russell, son expérience des opéras adaptés en comics lui a beaucoup apporté pour ce projet où il a utilisé des métaphores visuelles. Son travail a été élaboré en étroite collaboration avec Scott Hampton dont le talent de peintre est ici extrêmement bien amené, complétant étonnamment un trait assez pur et ascétique dans le traité des personnages. Ce croisement entre style linéaire et peinture engendre une ambiance qui exprime bien les dualités qui sont en jeu dans la narration... CECIL MCKINLEY 4. AMERICAN GODS T.1 de Neil Gaiman, P.Craig Russell & Scott Hampton Urban Comics, 272 p., couleur, 22,50 €
C omics 2 DE CHANCE POUR LE JOKER ! Voici l’album Batman le plus attendu des fans français de cette année 2018. Histoire hors continuité, elle permet à Sean Murphy, auteur de Punck Rock Jesus, de donner sa vision du concept même de Batman, entre fiction et réalité. Première chose à savoir, Batman White Knight n’est pas canon, c’est à dire qu’il ne fait pas partie de l’histoire officielle du personnage. Sean Murphy profite de l’occasion pour jouer avec les concepts et tordre quelque peu l’Histoire du personnage. Jason Todd est le premier Robin et Harley Quinn… n’est pas tout à fait celle que vous croyez. Cela permet à Murphy d’explorer la relation Batman-Joker de manière très directe, comme rarement des auteurs l’auront fait. Les deux personnages se disent des choses que tous les analystes de l’univers Batman expriment depuis des années, mais qui prennent sens dans ce cadre unique. Quand le « vilain » met le doigt sur la faille Le Joker est-il le vilain ou bien Batman l’est-il tout autant ? C’est la question centrale de la série. Jack Napier, alias possible du Joker, va mettre en exergue tout le problème que poserait un Batman dans la vraie vie  : aucun contrôle apparent de ses actes, une action en dehors de toute légalité. Et surtout, une action égoïste. Napier déclare que si Batman avait voulu arrêter le crime, il aurait doté la police de Gotham des technologies de pointe dont lui seul dispose. D’une certaine façon, Napier incarne ici ce populisme de gauche, anti-élite, tel que le représente le mouvement américain « We are the 99% ». Face à cette légalité et au gain de légitimité qui en découle, Batman s’enfonce dans la paranoïa et la violence, persuadé de faire face à un nouveau plan du Joker. A-t-il raison ? Réponse dans cet album qui pose la question  : le vigilantisme est-il réellement compatible avec la démocratie ? Sean Murphy nous démontre qu’il est encore possible de parler de politique avec le personnage de Batman, chez DC Comics. Et qu’il y a encore beaucoup à dire avec personnage, déjà vieux de 80 années. ➫ BATMAN WHITE KNIGHT de Sean Murphy Urban Comics, 29 € YANECK CHAREYRE uR, ÉDITI ONS DeLc"1" A R ENN's PECQUEUR DENYS C Y B E R W A R ÉDITIONS DELCOURT 1. D ? ONE 1. DAY ONE C Y B E R W A R LES ÉTATS—UNIS ÉTATS-UNIS SONT LA CIBLE D'UNE D’UNE CYBERATTAQUE SANS PRÉCÉDENT... LA NOUVELLE SÉRIE D’ANTICIPATION DE DANIEL PECQUEUR (XIII MYSTERY, ARCTICA, GOLDEN CITY...) TOME 1 DISPONIBLE EN LIBRAIRIE DELCOURT 37



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