Zoo n°68 nov/déc 2018
Zoo n°68 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de nov/déc 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : à la croisée des mondes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 B ande D essinée THORGAL ET L’APRÈS ROSINSKI, RETOUR AUX FONDAMENTAUX Rosinski passe le relais à Fred Vignaux. Le tome 36 de Thorgal, Aniel, est le dernier du dessinateur qui a créé la série mythique avec Van Hamme. Yannest désormais au scénario. Retour vers le futur avec les acteurs de cette évolution et pas révolution. Émotion garantie avec la fin d’une époque. Avec près de 15 millions d’albums vendus, dire que Thorgal est le poids lourd du Lombard, c’est un euphémisme. Gauthier Van Meerbeeck, directeur éditorial, confirme  : « Thorgal est notre best-seller, un enjeu majeur. Le tome 36 est tiré à 150 000 exemplaires. Des lecteurs seront sûrement déçus par le départ de Rosinski. Il faut l’accepter mais ils découvriront le travail de Fred Vignaux. On va retrouver de la régularité, un titre par an. » On se recentre sur Thorgal, la série mère, même si deux albums de La Jeunesse de Thorgal, scénarisés aussi par Yann, sont encore au programme. Le reliquat des Mondes de Thorgal qui s’arrêtent  : on revient aux fondamentaux comme promis. Thorgal est rentré à la maison et se fait raser la barbe par Aaricia dans le tome 36. Il a retrouvé son fils Aniel moribond et il l’a retapé. L’ado va vouloir vivre sa vie et annonce la couleur. Yanna des projets pour l’avenir d’Aniel  : « Je vais développer son personnage. Il va s’émanciper. Thorgal, c’est la série de Van Hamme que je préfère. Il y a de l’émotion, des sentiments, de l’amour, des tragédies. Aniel est le fils de Thorgal et de la méchante Kriss. C’est génial. Imaginez Blake et Mortimer avoir un enfant avec Olrik ! (rires) » Pour l’éditeur, comme pour Yann, « on revient à l’ADN de Thorgal avec des oneshot. Une histoire, un album. Le scénario du prochain est écrit pour parution dans un an. » Son titre provisoire est L’Ermite de Skellingar. Une forme de traumatisme L’arrêt du dessin par Rosinski a été un choc. « La fin d’une histoire et un événement majeur pour nous. On a pu le préparer, se projeter. » ajoute Gauthier Van Meerbeeck « C’est une forme de traumatisme même si Rosinski avait en tête cette évolution depuis longtemps. Thorgal n’avait pas pour vocation de disparaître. Il était évident qu’on chercherait un repreneur. L’enjeu était de le trouver. » Et Fred Vignaux s’est imposé. Il a signé deux épisodes de Kriss de Valnor dont le dernier, Le Maître de justice. Fred se souvient de son premier contact avec Grzegorz Rosinski pour Kriss de Valnor  : « Je lui ai demandé pourquoi moi. Il m’a dit « parce que tu n’as pas de style ». Je suis resté abasourdi. Il a ajouté « oui, comme moi, tu n’es pas calibré. C’est que j’aime dans ton dessin. » Et j’ai compris qu’on ne sentait pas chez moi d’influences extérieures. » Pour Thorgal, même combat. Rosinski voulait, dixit Gauthier Van Meerbeeck, « un très bon dessinateur, qu’il puisse admirer, à la personnalité affirmée, qui sache faire du Thorgal avec une narration assez classique, sans que ce soit une redite de son travail. » Pas question d’un simple copié-collé, ce qui a, semblet-il, desservi Roman Surzhenko au trait à la proximité trop évidente avec celui de Rosinski. Heureux Vignaux, élu parmi les élus, mais conscient du défi  : « C’est une immense joie de dessiner Thorgal, mais on revient vite à la réalité face à la responsabilité. Thorgal, il n’y a que Rosinski qui l’ait dessiné, ce qui implique pour moi un challenge graphique avec un cahier des charges et une mise en page assez normée. Je n’oublie pas que Thorgal, c’est le grand œuvre de Rosinski. » Pas faux. Au fil des années et de la valse des scénaristes, malgré leurs qualités, Thorgal était parti un peu dans tous les sens. On resserre les boulons en souhaitant que la nouvelle alchimie fonctionne. Rosinski reste le gardien du temple. Il signera les couvertures et on ne peut que le remercier pour tout le bonheur que son dessin, ses couleurs nous ont donné. JEAN-LAURENT TRUC 11111111IL An leiQ. R051N5KI - YANN. THORGAL T.36 de Rosinski & YannLe Lombard, 48 p., couleur, 12,45 €
UNE BRETONNE À PARIS Avec ce premier tome du Sang des cerises, François Bourgeon débute un troisième cycle de sa série mythique, Les Passagers du vent. Situé sur plusieurs années, ce huitième tome, inégal mais passionnant, est hanté par l’expérience de la Commune. edàmrà.401. dg% gr" 0 01 tI21 eget me s...1 ; 1.'011(1'11: : !!! !!! toug  : uslàlette ; B ande D essinée ONIRISME À LA CARTE Les Humanoïdes Associés poursuivent leur projet de réédition de l’œuvre de Moebius en grand format. Quatrième volume de cette belle collection, Les vacances du Major est un joyau à découvrir. À l’instar des titres précédents (Le garage hermétique, L’hommes est-il bon ? et L’homme du Ciguri), Les vacances du Major réunit plusieurs Le 16 février 1885, Klervi, jeune bretonne, arrive à Paris. Elle se retrouve dans la foule qui accompagne Jules Vallès à sa dernière demeure. Rapidement, elle est tirée d’embarras par Clara. Cette dernière n’est autre que Zabo, personnage au centre du diptyque précédent et arrière-petite-fille de l’inoubliable Isa, héroïne des cinq premiers tomes de la série. Si Klervi et Clara se perdent rapidement de vue, elles se recroisent une poignée d’années plus tard  : la plus jeune a alors forgé son caractère et elle trouve auprès de son aînée exigence, fermeté et bienveillance. Cause commune Le contexte historique et ses enjeux, comme le fait de continuer à dérouler les événements du point de vue histoires indépendantes de Moebius, parues dans Métal Hurlant évidemment, mais aussi dans France-Soir ou Fluide Glacial. Au menu de cet ouvrage, on de personnages féminins est passionnant. Au cœur de l’histoire, la Commune, les espoirs qu’elle a suscités, l’impitoyable répression qui y a mis fin et les empreintes indélébiles que tout cela a gravé dans la mémoire des protagonistes encore en vie. Toujours bien ciselés, les dialogues font la part belle à la langue bretonne ou à l’argot parisien. Comme dans bien des histoires situées à cette époque, nous croisons Lautrec, Renoir, Bruant… Il en résulte un petit côté catalogue, mais cela ne nuit guère au récit. Ce dernier gagne en unité, chaleur et humanité au fil de sa progression. Le dessin alterne moments de grâce et d’autres où il pourrait être plus souple ; quant à la composition des pages, elle manque parfois de relief. Cela est accentué par l’écriture des textes et par le contour des bulles, visiblement effectués par notera en particulier Escale sur Pharagonescia, qui suit les frasques de J. D. Foster, terrien en permission sur Pharagonescia alors que la fête des mutations bat son plein, les planches décrivant les particularités de la flore de Paradis 9, et La chasse au français en vacances, mettant en scène l’inénarrable Major Grubert. Une histoire de styles Outre l’aspect patrimonial de ce volume, qui permet de (re)découvrir des histoires moins connues de Moebius, Les vacances du Major nous donnent également l’occasion d’observer l’évolution du trait de l’auteur. Super-héros de l’âge d’or américain, réalisme franco-belge, cartoon, BD à gros nez  : la plume de Moebius semble capable de tout. Ce don est complété par son talent de conteur. Si le ton est globalement ordinateur. Si François Bourgeon avait déjà recours à cette technique dans les deux précédents tomes, ici, cela perturbe parfois la lecture. ➫ LES PASSAGERS DU VENT T.8 de François Bourgeon Delcourt, 17,95 € potache, chaque histoire est également empreinte d’onirisme. Moebius raconte ses obsessions (l’Amérique, le désert, le space opera) et nous plonge dans des univers inconnus. Certaines saynètes se concluent aussi brutalement qu’elles ont commencé, nous laissant dans une incompréhension agréable. Comme des rêves, ces différentes histoires existent d’abord pour nous faire voyager, avant d’appeler à une éventuelle interprétation… Tiré à seulement 999 exemplaires numérotés, cette bande dessinée sera le cadeau idéal pour tout bédéphile qui se respecte. THOMAS HAJDUKOWICZ ➫ LES VACANCES DU MAJOR de Moebius Les Humanoïdes Associés 49,99 € BORIS HENRY 29



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