Zoo n°68 nov/déc 2018
Zoo n°68 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de nov/déc 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : à la croisée des mondes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 B ande D essinée AU CŒUR DE LA DIPLOMATIE Alors que Spirou vient d’être nommé Défenseur des droits de l’Homme par les Nations Unies, deux BD plongent au coeur de cette organisation complexe. Une saison à l’ONU pousse les portes de cette institution tandis qu’Urgence Niveau 3 détaille les actions de son programme alimentaire. Tandis que le numéro 4200 du journal de Spirou explique les droits de l’Homme promus par l’ONU aux enfants, Urgence niveau 3, agir contre la faim est à mettre entre toutes les mains d’adultes. Scénarisé par Joshua Dysart et Jonathan Dumont, ce comics bouleverse par les atrocités subies et racontées par des familles au Tchad, au Soudan du Sud et en Irak. La mise en image d’Alberto Ponticelli et Pat Masioni évite de montrer le pire des témoignages, rapportés précisément par les équipes du Programme Alimentaire Mondial, déployées dans les zones où la famine fait des ravages. Issues d’endroits où la crise humanitaire est à son plus haut niveau, ces récits sont tous bouleversants  : CE QUE DISSIMULE UN NOM Arnaud Le Gouëfflec et Steven Lejeune brossent le portrait d’Albert Göring, frère du tristement célèbre HermannGöring. Il en résulte une bande dessinée classique, intense et troublante. 9 mai 1945, Autriche. Albert Göring, frère du Reichsmarschall HermannGöring, se livre aux Alliés au centre de commandement de Salzburg. Un long interrogatoire est l’occasion de faire le point sur son existence et, ainsi, de passer en revue l’environnement familial dans lequel il a grandi, l’engagement de son frère auprès des nazis et les distances qu’il a prises avec celuici. Quelques témoins ou commentateurs extérieurs nourrissent ce portrait de leur propre point de vue. QU’EST-CE QU’ÊTRE FRÈRES ? Arnaud Le Gouëfflec nous a habitué à des scénarios singuliers, par leur sujet, leur forme ou leur déroulement, parmi lesquels ceux de J’aurai ta peau, Dominique A ou de La Carte du ciel. S’il s’est déjà aventuré sur le terrain du récit biographique avec Vince Taylor, l’Ange Noir, il restait alors dans le domaine musical qui lui est cher puisqu’il est également musicien et chanteur. Avec Le Frère de Göring, il endosse des habits davantage classiques. Cela peut d’abord surprendre, mais ce parti pris est sans doute le plus approprié pour croquer dans âmes sensibles s’abstenir, même si l’action du programme alimentaire vient contrecarrer ces situations dramatiques dont l’origine est souvent une querelle géopolitique… Du terrain au siège Une saison à l’ONU offre un autre regard narrant les stratégies de pouvoir à l’œuvre au siège de l’institution. Avec un ton beaucoup plus léger mais tout aussi factuel, Karim Lebhour, journaliste pour RFI, nous fait découvrir le fonctionnement de cette organisation mondiale septuagénaire. Mise en cases par Aude Massot, cette grande dame ressemble parfois à la « maison qui rend fou » d’Astérix… Cependant cette BD détaille aussi, parfois avec humour, la mise en place d’actions concrètes  : comment les « petits pays » trouvent-ils le moyen de se faire entendre ? Quel est le rôle du Secrétaire Général de l’ONU ? Elle s’attaque aussi à des problèmes plus épineux comme le veto des grandes puissances empêchant toute avancée en Syrie ? Ces deux descriptions complémentaires de cette le détail et avec justesse l’intensité des faits et des personnages croisés. Si Albert Göring est au centre du récit, son portrait permet de faire également celui de son frère comme, plus largement, de décrire la montée puis l’installation du nazisme. Il en découle une réflexion habile sur la famille, en particulier sur la fraternité, mais également sur la dissociation des êtres quels que soient les liens qui les unissent. Quant au dessin de Steven Lejeune, inégal, il véhicule institution mondiale sont vivement conseillées pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la marche du monde. LOUISA AMARA ➫ URGENCE NIVEAU 3 de Joshua Dysart, Jonathan Dumont, Alberto Ponticelli & Pat Masioni Bliss Comics, 19 € ➫ UNE SAISON À L’ONU de Karim Lebhour & Aude Massot Steinkis, 20 € une certaine fragilité - ce notamment par le recours à de petits traits qui, parfois, accentuent le trouble - collant bien à l’histoire. BORIS HENRY ➫ LE FRÈRE DE GÖRING T.1 d’Arnaud Le Gouëfflec & Steven Lejeune Glénat, 13,90 €
B ande D essinée zoom SWAN, À L’AUBE DE L’IMPRESSIONNISME En dépit d’interdiction formelle, Swan, parce que femme, ne peut intégrer l’école des Beaux-Arts. La fiction captivante de Néjib donne vie à de nombreuses personnalités, historiques et artistiques, rencontrées par ses deux héros américains à Paris, en 1859. Animée d’une vocation artistique dans un monde hostile, Swan profite de son frère venu avec elle d’Amérique, ainsi que des opportunités qu’offre la vie bourgeoise (ou bohème) en cette seconde moitié du XIX e siècle bouillonnant. Elle tentera de réaliser son rêve dans cette troisième BD de Néjib. La seconde, Stupor Mundi, a déjà été couronnée du Prix Révélation 2016 lors du festival Quai des Bulles et nommée dans la catégorie Fauve d’Or à Angoulême en 2017. Première étape d’un récit prometteur Avec Swan, Néjib offre une fiction qui se déroulera sur 3 tomes de 160 pages chacun. Débutant par l’évocation des copistes du Louvre, artistes reproduisant avec minutie les œuvres exposées dans ce musée, le récit expose la volonté, pour certains d’entre eux, de s’élever vers l’excellence au travers d’épreuves. Cette génération d’apprentis artistes, tiraillée entre tradition et influence novatrice de rares précurseurs, se bat pour exister, bousculant le cercle figé de l’académisme. Déroulant toute son action à Paris, Néjib parcourt les musées et les lieux propices aux rencontres émulatrices. À travers le portrait d’une jeunesse bourgeoise et souvent fantaisiste, il laisse entrevoir les ferments de la peinture moderne alors que la photographie va bientôt s’imposer comme « fidèle reflet du réel ». Une simplicité léchée L’auteur dévoile dans son portrait vidéo réalisé par Arte que son trait jeté n’a de spontané que l’apparence. Après de nombreuses relectures et modifications successives, son encrage sera augmenté du plaisir « d’ajouter des décors », de « changer quelque chose dans la mise en scène pour ce ne soit pas juste une exécution d’un story-board ». Rien ne manque, tout est signifié en quelques traits. Le buveur d’absinthe, premier tome du triptyque, tire son nom de l’œuvre de Manet constituant une rupture franche avec son ancien maître. Par sa créativité autant que ses influences, Manet incarne la transition artistique qui s’opère. La série Swan, annonce donc une interrogation subtile sur la norme et la marge, sur l’évolution d’une société et de ses mœurs, nous renvoyant implicitement aux soubresauts de notre société. Passionnant ! SWAN T.1 VINCENT FACÉLINA de Néjib Gallimard, 184 p., couleur, 22 € Intégrale Racontars arctiques de De Bonneval & Tanquerelle d’après Jorn Riel De ses seize années en Arctique dans les années 50, l’auteur danois Jorn Riel nous a offert ses Racontars arctiques. Certains de ces récits hallucinés et burlesques de cette vie dure, exclusivement masculine, froide et noire, aux limites de la folie, ont été adaptés en BD par De Bonneval et Tanquerelle. Trois tomes de 1994 à 2013 qui se voient ici compilés en version intégrale. Entre rire et aliénation, on oscille avec les personnages dans un monde pourtant hostile aux humains ! Comme pour les romans, les chapitres s’adressent aux fans de littérature nordique aimant le fatalisme, et l’humour désenchanté. Sarbacane, 384 p., n&b, 25 € HÉLÈNE BENEY La plus belle femme du monde de William Roy et Sylvain Dorange LA PLUS 13E1.1,E FENIME, W1\1)E Née à Vienne en 1914, Hedy partage avec son père le goût de la science et de l’innovation. Elle est surtout très belle, un atout fabuleux quand on se destine à une carrière d’actrice. De sa fuite de l’Autriche nazie à Hollywood, de ses maris à ses inventions, Hedy Lamarr vivra une vie haute en couleurs, racontée ici. Hedy gardera pourtant comme un jardin secret toutes ses innovations car pour la société de l’époque, celle qu’on nommait « la plus belle femme du monde » ne pouvait pas être aussi la femme la plus intelligente. Un hommage tardif mais nécessaire pour celle qui est à l’origine du Wifi ! La Boîte à Bulle, 176 p., couleur, 23 € HÉLÈNE BENEY 23



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