Zoo n°68 nov/déc 2018
Zoo n°68 nov/déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°68 de nov/déc 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 17 Mo

  • Dans ce numéro : à la croisée des mondes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 forum des images G Carrefour du cinéma d’animation 16 e édition 12 → 16 décembre 2018 forumdesimages.fr B ande D essinée Design graphique  : ABM Studio – Crédits photos  : Tea Time Institut Sainte Geneviève/Sans Gravité Rubika/Virus Tropical Timbo Estudio MYSTÈRE CHEZ LES GUACAMO LTÈQUES Imaginez que vous puissiez accéder à l’univers fascinant du 9 e Art de l’après-guerre pour goûter au plaisir de lire pour la première fois un Tintin, un Blake et Mortimer ou un Spirou. C’est le pari réussi de Régric dont le Musée de l’étrange s’approprie en finesse les règles scénaristiques et graphiques délicieusement rétros. Au milieu des années 50, le magnat de l’automobile Henri Penaud crée le Musée de l’étrange, espace culturel dédié à quelques mystères de l’Histoire. Afin de s’assurer d’une ouverture sensationnelle, Penaud, accompagné de ses deux archivistes et d’un robot improbable, monte une expédition pour l’hypothétique Guacamola, à la recherche d’une civilisation de géants disparus… D’Hergé à Régric… L’évocation de la bande dessinée traditionnelle franco-belge d’aprèsguerre se rapporte toujours aux incontournables Jacobs, Martin, Graton ou l’inévitable Hergé. Leurs productions se construisaient autour de codes scénaristiques, littéraires et visuels très reconnaissables  : des personnages qui surjouent, un humour omniprésent, des onomatopées exacerbées et des histoires mélangeant réalisme et fiction. Voilà exactement ce que nous propose Régric, plus d’un demi-siècle plus tard, avec son Musée de l’étrange. Du dessin au découpage en passant par le rythme et les dialogues, chaque ingrédient de cet album étonnant nous rappelle tout l’intérêt de ces incontournables de la BD qui bercèrent nos jeunesses et celles de nos parents. Si le livre laisse échapper quelques menus défauts de perspectives ou d’échelle, son atout principal est dans l’ambiance qu’il restitue parfaitement. N’y cherchez ni performances techniques ni originalité de genre. Au contraire, son classicisme léché mais revigorant offrira aux amateurs nostalgiques d’une BD old school un très grand plaisir. ➫ LE MUSÉE DE L’ÉTRANGE de Régric Éditions du Long Bec, 14,50 € NICOLAS ADOLPHI
B ande D essinée VOIR UNE ŒUVRE SE FAIRE JOUR Thierry Murat n’est pas l’auteur le plus connu du catalogue Futuropolis. Pourtant, pour qui suivrait sa production régulière en bande dessinée, Animabilis représente une forme de révélation  : son grand œuvre est en cours de création. Une production cohérente, qui n’en finit pas d’explorer le même sillon sous différentes approches et emporte son lecteur une fois de plus. Au cœur du XIX e siècle, un journaliste mène l’enquête sur de mystérieux décès d’animaux dans la campagne anglaise. Entre peur du diable et décès de moutons, Victor de Nelville doit faire le tri et rapporter la réalité des faits. Du moins, tel est le prétexte invoqué par Thierry Murat. En réalité, Animabilis est un long questionnement sur l’homme, son rapport à la femme, à l’art, à la solitude, comme pour les précédents albums qu’il a publié. En grand artiste, Thierry Murat revient aux sujets qui semblent l’obséder. Comme s’il cherchait toujours à comprendre, comme si sa matière lui échappait sans cesse, de sorte qu’il lui faille l’étudier encore et toujours sous de nouveaux aspects. Un photographe captant l’âme des nations indiennes. Un vieux pêcheur pris dans une course-poursuite avec la nature. Un ex-taulard en quête d’une mystérieuse femme. Et pour Animabilis, le poète journaliste qui ne sait comment poser des mots sur le mystère de la femme… Un auteur qui se livre et qui touche Toujours cet homme seul, dans la force de l’âge. Toujours ces personnages qui donnent à voir le réel. Toujours ces hommes qui aiment une femme mais demeurent inféodés à l’objet de leur amour. Toujours cette force de la nature incarnée par une femme, appelée ici sorcière car elle incarne une pulsion de vie répondant à des codes que le patriarcat réprouve. Thierry Murat n’est pas le plus bavard des auteurs, sur les réseaux sociaux, mais pour qui suit les mots qu’il y sème, il fait peu de doute qu’une fois encore, c’est lui qui est en scène. Que ce sont ses doutes, ses questions, ses passions et ses amours, qui sont illustrés. C’est en cela qu’il est artiste. Parce que d’un questionnement individuel, il fait des enjeux généraux, des mots qui frappent notre inconscient. Glorifiant la poésie et le pouvoir du verbe au fil des pages, chacune des flèches qu’il décoche ne fait pas forcément sens immédiatement. Mais pourtant, le lecteur sait qu’il est touché. Il sait que les mots du poète Murat ont porté. Des mots qui, selon le narrateur, écrivent leur vérité « pour dire au monde d’essayer de trouver lui-même la sienne ». L’artiste, maître du temps qui passe Et puis il y a le temps qui passe  : la narration. Murat est de ces bédéastes qui obligent à prendre le temps, dont les cases mêmes ralentissent de sorte à vous imposer leur rythme. Ce qui aurait pu se transformer en de la rigidité, devient une clé de compréhension. Le lecteur de BD est censé garder la maîtrise du rythme, Murat démontre qu’il n’en est rien. Le lecteur devra s’arracher de lui-même, s’il veut reprendre le contrôle. Mais il préfère entrer dans la peau de Victor de Nelville, entrer dans la tête de Thierry Murat. Le contrôle viendra après, une fois le livre refermé. Quand on se retrouvera seul, avec les émotions et les questions accumulées au fil des pages. Quand on laissera alors libre cours à nos propres pensées. Ce temps de silence en soi, une fois l’album refermé, c’est encore du Thierry Murat. Voilà donc un ouvrage passionnant, qui met en exergue le travail d’un artiste, qui met en lumière l’Œuvre qui entre en cohérence et en existence. Que Murat bénéficie du temps pour le faire, montre qu’il est soutenu par un éditeur qui a très bien compris qui il accompagnait. ANIMABILIS YANECK CHAREYRE de Thierry Murat Futuropolis, 160 p., couleur, 23 € 17



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