Zoo n°67 sep/oct 2018
Zoo n°67 sep/oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de sep/oct 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : cyberfatale...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 48 - 49  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
48 49
48 2014 Yoshimurakana/SQUARE ENIX I WILL SURVIVE Vega, petit nouveau de la scène éditoriale manga, a déjà de grandes ambitions. Entre Deep Sea Aquarium Magmell, Peleliu et Survivant, le roster de départ, très varié, semble déjà tenir la route. Survivant, notamment, dénote le plus de la volonté de placement très afirmée de la jeune structure. Reprise d’une série marquante de Takao Saito parue dans les années 80 au Japon, la série réveille le délicat sujet des réinterprétations. L’histoire d’origine, publiée par Milan en son temps, est depuis bien longtemps indisponible. Est-il plus futé de se laisser aller aux attraits du reboot au lieu d’envisager la réédition ? Le co-éditeur, Stéphane Ferrand, justiie son choix dans une interview donnée à BoDoï.info 1 en mettant en avant une présentation visuelle (dessin, narration) encore meilleure que celle de son aïeule. Exit l’ambiance stylistique léchée résolument 80’s, place aux gimmicks modernes et aux solutions résolument actuelles. At first i was afraid… Et il en faudra des solutions à Satoru pour affronter la solitude, son environnement sauvage et l’ensemble de ses besoins naturels suite au naufrage du Japon tout entier. Coincé au sommet d’une montagne après un séisme particulièrement violent, il lui faudra subsister sans aucun talent spéciique, en comptant sur son instinct citadin émoussé et sur quelques souvenirs dangereusement vagues. Erreurs et balbutiements compteront autant que chance et moral d’acier car, à tout juste 14 ans, il ne pourra compter que sur lui-même. Ici pas de sombre complot ni de plan à grande échelle, seul compte l’après coup de la catastrophe. Qu’importe que quelqu’un ait provoqué la in du M anga monde si l’on meure avant la in de l’hiver. Survivant n’est pas un guide. Au mieux, les déboires de Satoru vous permettront de savoir à peu près quoi éviter, sans réelle garantie autre que celle de l’expérience péniblement engrangée par le pauvre gamin. Survivant est une épopée. Celle d’un jeune homme livré à un monde qui reprend sa liberté et qui ne lui fera pas de cadeaux. MURCIELAGO GO GO ! Aussi inquiétant que la chauve-souris à laquelle elle doit son titre, aussi impétueux que la Lamborghini du même nom, Murcielago sévit chez Ototo pour la rentrée. Après quelques balbutiements dans les années 2010, Ototo s’afirme et propose dorénavant un catalogue fort qui oscille entre séries phares issues de romans (les fameux light novels japonais) et anti-héros radicaux. L’éditeur a pris ses marques et enclenche la seconde avec cette nouvelle aventure assez… disruptive. Car Murcielago tranche sévèrement. Dans notre petite conception de la justice, dans les codes du genre, dans nos attentes aussi. Comme les deux sombres faces de la même pièce rouillée, la série enchaine violence et sexe dans un maelström de perversions. Si de nombreux stéréotypes sont utilisés au cours de la série, prodigalité libidinale et techniques mortelles notamment, tous nient la nécessité d’un homme, celui-ci étant relégué en igure d’aide ou d’opposition secondaire. Dans une parodie eniévrée des groupes féminins de chocs à la Gunsmith Cats, cette clique d’intervention musclée va bien plus loin que les séries policées du passé, uniquement destinées à faire rêver sur de la femme forte et des gambettes. No redemption Kuroko, tueuse en série reconvertie en exécutrice oficielle, travaille de concert avec Hinako, conductrice improbable, pour punir pour le compte de la police les pires criminels du Japon. Pour les monstres surdimensionnés et assassins insidieux, la seule justice qui reste semble être celle de l’extermination sanglante sans retenue ni remords. Malgré ALEX MÉTAIS. < e tout, et s’en tenant pourtant à des archétypes, Murcielago arrive à rendre attachantes des personnalités étranges, équilibrant la donne en surjouant des points psychologiques pourtant irritants. Le personnage principal ne pense qu’aux délices de la chair et au meurtre sanglant, son acolyte régresse rapidement au stade de la femme-enfant quasiment en couche-culotte mais le tout, porté par un rythme aussi endiablé que surprenamment quotidien, roule sacrément bien. ➫ MURCIELAGO de Kana Yoshimura Ototo, 7,99 € 1 Interview de Rémi I.  : http://www.bodoi.info/qui-est-veganouveau-venu-sur-le-manga/➫ SURVIVANT VOL.1 de Takao Saito & Akira Miyagawa Vega, 8 € ALEX MÉTAIS SURVIVAL SHONEN S NO KIROKU Akira Miyagawa/Takao Saito 2014 Yoshimurakana/SQUARE ENIX
M anga URASAWA S’OFFRE UN VERMEER Le grand Naoki Urasawa dans la collection BD du musée du Louvre, voila une très bonne nouvelle ! Avec Le Signe des rêves, le mangaka initie un diptyque où se mêlent thriller et fantastique. Une première partie prometteuse. Les mangakas commencent à occuper une place de choix dans la collection de bandes dessinées coéditées par Futuropolis et le Louvre, qui a pour sujet le plus vaste musée du monde. Après Hirohiko Araki, Jiro Taniguchi et Taiyo Matsumoto, c’est au tour de Naoki Urasawa de s’atteler à une œuvre de commande pas forcément évidente. Mais l’auteur de Monster, 20 th Century Boys ou Billy Bat offre sufisamment de garanties pour espérer un récit passionnant, complexe et bien construit. Urasawa n’est pas homme à s’engager à la légère. Contacté par le musée du Louvre il y a quelques années, il accepte le projet, en précisant toutefois qu’il ne pourra y travailler avant trois ans, pris qu’il est par la in de Billy Bat. Homme de parole, il se lance à l’échéance dans l’écriture du Signe des rêves. Mais par quel bout prendre une intrigue sur le Louvre, alors qu’une petite quinzaine de bédéastes a déjà planché sur le sujet ? D’autant plus que le mangaka, au moment où il commence sa rélexion, n’a pas du tout envie de venir en France pour faire des recherches. Lui vient alors l’idée d’utiliser un personnage né dans un manga comique des années 1960. Iyami, escroc invétéré, prétend être Français et en contact régulier avec l’Hexagone, alors qu’il est en réalité Japonais et juste francophile. Urasawa en fait le directeur d’un étrange Institut de France situé à Tokyo. Il en fait surtout l’interlocuteur de Takashi Kamoda, chef d’entreprise très naïf et perclus de dettes qui se laisse embobiner. Clichés et originalités Le vol – ou plutôt l’emprunt – de La Dentellière de Vermeer, conduit Takashi et sa fille à Paris. L’arrivée dans la capitale française clôt un premier volume regorgeant de clichés, voulus ou pas. La France est le pays de l’élégance, du café au lait, des croissants, de Sylvie Vartan et Paris se résume aux Champs Elysées, au Sacré-Cœur, à la Tour Eiffel et bien sûr, au Louvre. Mais ces passages obligés sont contrebalancés par la visite très instructive des coulisses du Louvre (entre temps, le mangaka est inalement venu à Paris pour étoffer sa documentation) et le choix d’un Vermeer pour fil rouge. Comme à son habitude, Urasawa excelle dans l’exposition, avec des personnages hauts en couleurs et des enjeux à la fois forts, plausibles et extravagants. L’intrigue est bien en place, on attend le dénouement avec gourmandise. THIERRY LEMAIRE LE SIGNE DES RÊVES VOL.1 de Naoki Urasawa Futuropolis, 144 p., couleur, 20 € URASAWA Naoki - N Wood Studio avec Fujio Pro/Futuropolis – Musée du Louvre éditions, 2018. zoom We Never LearnVol. 1 de Taishi Tsutsui Nariyuki est un lycéen exceptionnel, avec un bulletin sans tache. Pourtant, il est toujours devancé par Fumino en japonais et par Rizu en maths. Ces deux adolescentes, coqueluches du lycée, sont de véritables génies dans leurs disciplines de prédilection. Cela n’empêche pas Nariyuki de viser la bourse dont il a besoin pour entrer à l’université. Pour pouvoir la toucher, son proviseur exige qu’il serve de tuteur à Fumino et Rizu qui, sorties de leurs matières favorites, sont de véritables cancres. We Never Learnne révolutionne pas le manga de comédie romantique. Cependant, son auteur, Taishi Tsutsui, parvient à insufler de la fraîcheur grâce à un dessin moderne et sympathique. À surveiller. Kazé, 192 p., n&b, 6,79 € THOMAS HAJDUKOWICZ Le Maître des livres Vol. 15 d’Umiharu Shinohara Après 15 délicieux tomes, la bibliothèque La Rose trémière cesse inalement de nous accueillir. D’une passion à la candeur ininie, ses bouillonnants bibliothécaires ne cessent pourtant pas leur chemin ; nous ne pourrons seulement plus en proiter. Il nous faudra alors nous réhabituer à une vie sans les conseils avisés de l’impassible tenancier à coiffure de champignon, les lectures touchantes des écrivains en herbe qui peuplent ses rayonnages ou les problèmes cruciaux des tumultueux enfants environnants. Doux fantasme d’une vie dans les livres, la série se referme, encapsulant ce rêve que lecteurs et acteurs du monde du livre souhaitent se transmettre le plus longtemps possible. Komikku Éditions, n&b, 8,50 € ALEX MÉTAIS 49



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :