Zoo n°67 sep/oct 2018
Zoo n°67 sep/oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de sep/oct 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : cyberfatale...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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34 C omics JOE-EL  : AU NOM DE JOE Il était grand temps qu’un comic book rende hommage et justice aux créateurs de Superman, victimes d’un terrible système éditorial. C’est enin le cas avec ce magniique Joe Shuster de Voloj et Campi. Hiver 1975, New York. Un policier voit un vieil homme affamé et transi de froid sur le banc d’un parc et l’accompagne dans un diner pour lui payer un bol de soupe chaude. Le « clochard » dit à son bienfaiteur qu’il est le dessinateur co-créateur de Superman, et raconte son histoire... Si Superman connut le succès dès le n°1 d’Action Comics en avril 1938, l’industrie du comic book n’en était à l’époque qu’à ses balbutiements et Siegel et Shuster ne touchèrent que 130 dollars, signant un contrat qui stipulait que National Allied Publications (futur DC Comics) achetait leur œuvre et qu’eux lui cédaient tous les droits de reproduction et d’exploitation du personnage. Voyant le succès public et financier grandissant de Superman, ils essayèrent de faire modifier leur contrat, mais l’éditeur refusa, leur cédant inalement 100 000 $ en 1947 afin de se débarrasser d’eux, sans royalties. Mais ni Siegel ni Shuster ne réussirent à remonter la pente, se retrouvant de plus en plus dans la misère à mesure que Superman rapportait de plus en plus d’argent, avec comme acmé le fameux ilm de 1978 qui rapporta des millions à DC pendant qu’eux se retrouvaient à la soupe populaire. Jerry Siegel it alors un communiqué de presse qui révéla leur situation, et grâce à l’engagement de la profession, ils purent – bien tard – vivre plus décemment en tant que créateurs de Superman. Nécessaire « C’est une histoire qu’il était nécessaire de raconter en bande dessinée depuis bien longtemps déjà », écrit Julian Vovolj dans la postface de cet album. Effectivement, personne n’avait encore osé aborder la destinée tragique des deux créateurs de Superman, Jerry Siegel et Joe Shuster, dans le médium même de cette injustice notoire – non pas un article ou un livre, mais bel et bien un comic book, à l’endroit même où Superman naquit. C’est justement parce que cette histoire de créateurs lésés du fruit de leur travail touche à la fondation même du super-héros originel devenu iconique, le plus célèbre d’entre tous, ainsi qu’à son exploitation, que pareil projet est resté tabou durant des décennies. C’est comme une tache indélébile, un épisode noir de l’histoire éditoriale de DC Comics. Il était donc d’autant plus important que ce soit chez cet éditeur que ce travail de mémoire soit aussi réalisé en bande dessinée, faisant preuve de résilience, de responsabilité, de reconnaissance envers les pères fondateurs du mythe qui a permis à DC de devenir ce qu’il est. Important aussi que cela soit bien fait, avec cœur, talent et intelligence. On ne pouvait pas rêver mieux que ce qu’ont réalisé Julian Vovolj et Thomas Campi dans cet album touchant et passionnant. Poignant En effet, cet album – même s’il dépeint impeccablement la chronologie et la nature du sujet – a été réalisé avec une grande sensibilité, sans verser dans le misérabilisme ou l’emphase et accordant une vraie place à la dimension humaine. Car c’est après avoir été bouleversé par la lecture de lettres de Shuster décrivant ses dificultés à vivre (frais médicaux impayés, peurs d’expulsion ou poignante découverte de Shuster mentionnant sur ses lettres de recherches d’emploi dans les années 60 qu’il était le dessinateur-créateur de Superman) que Voloj a décidé d’écrire sur l’histoire de Joe et Jerry. Cerise sur le gâteau  : le dessinateur. Heureusement, le choix de Voloj ne s’est pas porté sur un dessinateur au style « comics » mais sur Thomas Campi, artiste italien qui a superbement répondu au souhait du scénariste en s’inscrivant dans un traité peint rappelant celui d’Edward Hopper, réalisme intime idéal pour ce genre de biographie. JOE SHUSTER CECIL MCKINLEY de Julian Voloj & Thomas Campi Urban Comics, 184 p., couleur, 17,50 €
C omics AYEZ FOI EN L’UNIVERS VALIANT ! Personnage charismatique de l’écurie Valiant Comics, Faith peut à elle seule rassembler l’intégralité de l’univers de l’éditeur américain. Preuve en est faite avec Faith et la Future Force, à recommander aux habitués, se lit très bien grâce à son dynamisme et son intelligence. Faith Herbert est la superhéroïne Zéphyr. C’est une psiotique, dotée de pouvoirs hors-normes. Quand elle est sollicitée par la Marcheuse Temporelle pour sauver le monde, elle n’hésite pas un instant. Sans savoir que le temps joue contre elles et que l’en- ment pensée pour présenter Valiant tant dans les concepts que dans les dessins. Barry Kitson, Stephen Segovia, Cary Nord ou Diego Bernard sont tous des artistes régulièrement employés par l’éditeur. Mais cette diversité ne gêne pas la lecture. Les épisodes s’enchaînent sans qu’on ne distingue de grands écarts visuels. Pour qui veut profiter à plein du soufle positif de Zéphyr, Faith et la Future Force est un choix approprié. ➫ FAITH ET LA FUTURE FORCE Collectif Bliss Comics, 17 € YANECK CHAREYRE GRAVE  : DOUBLE CORBEN Grave, les contes du cimetière/Denaeus est un double album en quinconce de Richard Corben qui nous propose les récents travaux du maître américain. Un bel hommage à un certain âge d’or de l’horreur... Extrait de Grave nemi va s’avérer particulièrement coriace à vaincre. Jody Houser, scénariste habituelle de Faith, met en avant le charisme du personnage qui va convoquer les principaux personnages de l’univers Valiant, permettant d’en appréhender la diversité thématique. Les Renégats En 1970, Richard Corben commença à travailler pour Warren Publishing, notamment dans les revues Eerie et Creepy qui étaient fort inspirées des titres d’EC Comics des années 50. Contre toute attente, près d’un demi-siècle après, Corben continue de rendre hommage à ces pionniers des comics d’horreur des fifties avec cette anthologie de récits courts en noir et blanc (ou plutôt en grisé) qui leur fait frontalement écho ; la traditionnelle et fameuse Vieille Sorcière est remplacée ici par l’hideuse Mag la Mégère qui introduit et conclut chaque récit avec ironie. Ces histoires contiennent tout le folklore abordé par EC puis Warren  : marionnettes infernales, trans- et le statut des psiotiques, les frères Ani-Pada et leur immortalité, X-O Manowar et la lutte contre les aliens. Présents que pour un épisode, les personnages n’y sont évidemment pas creusés mais il faut quand même maîtriser son sujet pour apprécier la lecture. Amis néophytes, ne commencez pas ici. Cet effet d’empilement de personnages ne nuit pas parce qu’il est intégré à une construction scénaristique qui prend par surprise. La conclusion, inattendue et maline, a aussi le mérite de se nicher au cœur des intrigues de la série Faith et de ses enjeux. Galerie de personnages et d’artistes Quatre épisodes, quatre dessinateurs ! Ça fait quand même pas mal de monde, comme si la série était vrai- formations monstrueuses, mortsvivants (et même un vivant-mort !) , marais inquiétants, malédictions, clown criminel, île envoûtée, miroir fantastique, magie, créatures horrifiques ou surnaturelles, pièges et vengeances machiavéliques, crypte hantée, monstres et goules en tous genres. Grave. D’un livre à l’autre En retournant l’album, ô surprise, un autre album  : Denaeus. Toujours du Corben récent en beau grisé, avec cette fois-ci un récit à épisodes se présentant comme une parodie de tragédie grecque. Tout comme dans Grave pour l’horreur, Corben exhume ici le péplum pour le réinventer tout en honorant un pan fondamental de cette « culture bis » qui est de plus en plus considérée comme inluente et importante pour la « culture oficielle ». Denaeus est évidemment une version antique du plus célèbre personnage de Corben  : Den. Ici, la grande mythologie antique est tournée en ridicule par l’action même des protagonistes qui vont provoquer pire que ce que l’oracle de sorciers aveugles annonçait. Le décorum du péplum offre à Corben de belles occasions de fantastique et de déformations physiques, au-delà du mémorable cyclope. ➫ GRAVE, LES CONTES DU CIMETIÈRE/DENAEUS de Richard Corben Delirium, 28 € CECIL MCKINLEY 35



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