Zoo n°67 sep/oct 2018
Zoo n°67 sep/oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de sep/oct 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : cyberfatale...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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SONT GRAPHIQUES ! LES GRANDS PA CES Catherine MEURISSE « Les filles, la campagne sera votre chance » ont dit les parents. Alors Catherine Meurisse a grandi à la campagne. Avec l’humour qu’on lui connaît, elle raconte les lieux de son enfance et l’imaginaire qui s’y déploie. Les Grands Espaces, comme La Légèreté, son précédent album, l’atteste  : la nature et l’art - tout ce qui pousse, tout ce qui vit envers et contre tout, seront une chance. Le 21 septembre }%.,1111,11} 00e NA relie M LAT A semao ca pe Julie BIRMANT et Clément OUBRERIE La jeune et célèbre romancière Renée Stone se rend en 1930 au couronnement de l’Empereur d’Éthiopie à Addis-Abeba. Elle y fait la connaissance de John Malowan, un étrange jeune homme, et se retrouve bientôt mêlée avec lui à une sombre affaire qui les entraînera aux confins du Moyen-Orient… En librairie Pierre-Henry GOMONT Coureur, menteur, buveur, noceur… Gabriel Lesaffre a toutes les qualités. Un jour, il tombe amoureux. Coup de foudre, mariage, trois enfants… Gabriel s’ennuie vite. Il plaque tout, disparaît durant cinq ans. De retour, il emmène avec lui ses deux aînés en Afrique équatoriale. Pour eux, une nouvelle vie bigarrée et frivole commence… Le 14 septembre Thomas GILBERT Elle s’appelle Abigail Hobbs et elle a 17 ans. Elle habite Salem. Demain elle sera morte, pendue avec 20 autres jeunes femmes de sa ville pour sorcellerie. Une plongée passionnante et terrifiante dans l’univers étriqué et oppressant de cette tristement célèbre colonie de Nouvelle-Angleterre, au XVII e siècle. Le 21 septembre Did, APPOLLO et TEHEM 1941, île de La Réunion. Au lycée Leconte de Lisle que fréquente la bourgeoisie coloniale, une grande amitié naît entre Charles et Lucien, un nouvel élève. En une année scolaire, les deux copains se laissent emporter par les fulgurances de l’adolescence et les soubresauts de l’histoire en marche. En librairie DAR GAU D www.dargaud.com 0 ci D Dargaud - Dargaud Benelux 2018 Appollo - Tehem/Dargaud 2018
B ande D essinée DE L’OR DANS LES DOIGTS Avec L’Âge d’or, première partie d’un diptyque, Roxanne Moreil et Cyril Pedrosa proposent un conte médiéval qui mêle féérie et réalité historique, tout en abordant certaines problématiques actuelles. Absolument éblouissant. Comment évoquer un ouvrage aussi riche, gorgé de références, de morceaux de bravoure et de thèmes de rélexion ? Peut-être en commençant par décrire le dessin, somptueux, qui donne la première impression lorsqu’on feuillette l’album. Le trait et les couleurs de Cyril Pedrosa annoncent ou accompagnent un récit qui se place dans un Moyen Âge à la fois réaliste et fantasmé. Un XV e siècle à la Perrault Les vêtements, les coupes de cheveux, les armes et les bâtiments rappellent plus ou moins confusément le XV e siècle. S’inscrivant à la fois dans l’imaginaire d’un conte de Perrault et dans un univers à la Walt Disney, période Merlin l’enchanteur, L’Âge d’or happe le lecteur par sa beauté visuelle. L’absence de traits noirs – les contours sont tous mis en couleurs a posteriori par ordinateur – n’y est certainement pas étrangère. Les motifs, comme ceux d’une broderie, qui sont plaqués sur certains aplats colorés – notamment les vêtements – non plus. Signe d’un sacré savoir-faire, l’effet est fascinant tout en restant discret. Quant à la palette des couleurs, elle prolonge subtilement la sensation d’un monde pas tout à fait réel, en choisissant des teintes un peu décalées qui évoquent parfois les grandes tapisseries médiévales aux couleurs passées. Tout est donc absolument cohérent dans ces choix graphiques. Jusqu’à certaines compositions, qui placent plusieurs fois le même personnage dans une case pour exprimer, par exemple, un déplacement. Un procédé narratif bien connu des peintres et enlumineurs de la in du Moyen Âge (et inspiré à Cyril Pedrosa par les tableaux du Flamand Pieter Brueghel l’Ancien, pour le coup légèrement postérieurs à la période médiévale). On le voit à l’énumération de ces nombreuses qualités, le dessin de L’Âge d’or sublime un scénario d’une richesse rare. Un conte pour hier et aujourd’hui Le scénario justement, entraîne le lecteur dans une intrigue assez classique dans l’histoire politique médiévale  : l’héritier d’une principauté est évincé du pouvoir à la mort de son père. En l’occurrence, l’héritier en question est ici une héritière, prénommée Tilda, éloignée du pouvoir au proit de son frère cadet, dans un complot ourdi par ses proches. Tout le sel de ce récit en deux tomes sera de savoir si la jeune femme, exilée par les siens, pourra reconquérir le trône qui lui était dévolu. Parallèlement, la promesse d’un retour à un âge d’or – rêve d’égalité pour l’humanité – transmise par un livre légendaire, irrigue l’intrigue. Il y a donc un peu de conte de Perrault dans L’Âge d’or, mais aussi de romans courtois, de mythe arthurien et d’épopée de Jeanne d’Arc. Tout un arrière-plan fantastique et inquiétant, sombre et féérique, qui s’entremêle à des considérations et des événements en écho avec la réalité historique du Moyen Âge. Les questionnements du bas peuple par exemple, pressuré par les impôts et exaspéré par les privi- lèges de la noblesse, entraînent une vague de révoltes paysannes, phénomène médiéval récurrent, bien avant l’embrasement inal de la Révolution. La communauté de femmes, organisée en totale indépendance, qui recueille Tilda un moment renvoie aux béguinages lamands. Les alliances entre principautés, les manigances de courtisans, la tour d’ivoire de la noblesse, les utopies médiévales, l’idée même d’âge d’or reprise par des auteurs médiévaux sont autant d’éléments réels qui nourrissent activement l’intrigue. Cerise sur le gâteau, L’Âge d’or entre également en résonance avec des problématiques actuelles, ajoutant une couche supplémentaire pleine de sens à la lecture, contribuant un peu plus à faire de cette bande dessinée l’une des plus réussies de l’année. L’ÂGE D’OR T.1 THIERRY LEMAIRE de Roxanne Moreil & Cyril Pedrosa Dupuis, 232 p., couleur, 32 € 23



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