Zoo n°67 sep/oct 2018
Zoo n°67 sep/oct 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°67 de sep/oct 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 297) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 9,9 Mo

  • Dans ce numéro : cyberfatale...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 ISLANDIA PAR ISTIN, RADIVOJEVIK & EVANGELISTA LE 12 SEPTEMBRE EN LIBRAIRIE En partenariat avec Découvrez la bande-annonce
B ande D essinée L’EAU, SOURCE DU POUVOIR Avec Negalyod, Vincent Perriot s’attaque cette fois à la science-iction, dans un récit où le contrôle de l’eau est synonyme de pouvoir, et où le réseau le plus important est celui des pipelines. Une belle réussite. Dérèglement climatique oblige, l’époque est à la prospective écologico-catastrophe. En bande dessinée aussi. Après The End de Zep (voir Zoo n°65), voici Negalyod, le dernier album de Vincent Perriot, récit de science-iction à la Mad Max, sur une planète à l’agonie où l’eau est un enjeu vital. Aujourd’hui, déjà, en certains points du globe, on se bat pour avoir accès à une source d’eau. Alors imaginez un peu le monde développé par Vincent Perriot, planète rocailleuse et asséchée, où ne s’ébattent que des troupeaux de dinosaures, dont l’un d’eux est conduit par le berger Jarri Tchapalt. Les classes dominantes, proitant de leur pouvoir et de leurs richesses, ont migré vers des cités aériennes, alimentées en eau par un gigantesque réseau de pipelines. D’où viennent ces tuyaux colossaux ? Qui les contrôle vraiment ? Pourquoi une grande partie de la population en est exclue ? Les questions et l’exaspération commencent à grandir au sein des légions de laissés pour compte. Une rébellion s’organise, auprès de laquelle Jarri jouera un rôle décisif. La société que décrit Vincent Perriot est âpre, injuste, cadenassée. Mais est-elle si éloignée de la nôtre ? LUCIDE ET LOUFOQUE Émilie Gleason s’inspire de son frère Asperger pour élaborer aux éditions Atrabile une iction joyeusement dramatique  : Ted, drôle de coco. Il a son propre rythme, Ted. Hop hop hop ! Faut que ça fuse, faut enchaîner. Il semble toujours courir ou danser, les deux en même temps. Il saute dans ses vêtements, engloutit son petit déjeuner puis fonce au travail. Cette course est parfois interrompue par de mystérieux moments de stupeur  : quelque chose le gêne dans la cuvette des toilettes… quelqu’un est assis à sa place dans les transports… Ted vit avec une forme d’autisme nommée syndrome d’Asperger. Ses rapports aux normes sociales et à la communication peuvent ainsi paraître très atypiques. Travaillant dans une bibliothèque municipale, il excelle dans le classement des livres mais ses réponses aux usagers désarçonnent par leur précision. Il a toutefois trouvé ses repères et tout roule à peu près dans sa routine bondissante, jusqu’au jour où des travaux bloquent sa ligne de métro, l’obligeant à faire face à l’inconnu. L’absurdité du monde S’inspirant de son expérience avec son propre frère, Émilie Gleason transforme un sujet grave en un voyage extravagant dans des contrées colorées. Le personnage de Ted, cousin par ses gesticulations des plus grands acteurs du burlesque, s’insinue en nous pour très rapidement nous être extrêmement familier. Si bien que ses réactions nous deviennent parfois plus compréhensibles que celles des personnes qu’il rencontre. Ses observations font parfois ressortir l’absurdité du monde, comme lorsque, entrant par mégarde dans un sex-shop, il s’écrie  : « Je suis entouré de phallus sans corps ! ». Le dessin, par son approche naïve pleine de trouvailles, apporte un constant recul qui conserve une forme de bonne humeur même lorsque l’histoire glisse progressivement vers le dramatique, lorsque la famille désemparée se laisse convaincre d’adopter des solutions médicamenteuses qui s’avèreront Moebius en point de mire Ce mélange d’hypertechnologie et d’artisanat, de scientisme et de superstition, donne au monde de Negalyod une couleur particulière, post-apocalyptique. Les couleurs, justement, réalisées par Florence Breton, appuient cette sensation. Pendant des années, elle a en effet colorisé les albums de Moebius, maître absolu de la science-iction. Le dessin de Vincent Perriot, moins « ligne claire » que celui de son illustre aîné, semble à la fois s’arrondir et se dramatiser au contact des couleurs moebiusiennes. Les grandes cases, absolument splendides, magniient un scénario que ne renierait pas le Jodorowsky de L’Incal. Pari réussi pour le nouveau touche-à-tout de la bande dessinée. ➫ NEGALYOD de Vincent Perriot, Casterman, 25 € inappropriées. Un ton à la fois léger, loufoque et lucide qui se distingue plaisamment parmi l’avalanche de récits de maladie qui semble s’abattre sur la bande dessinée. VLADIMIR LECOINTRE ➫ TED, DRÔLE DE COCO d’Émilie Gleason, Atrabile, 17 € THIERRY LEMAIRE 21



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