Zoo n°66 jui/aoû 2018
Zoo n°66 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°66 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 8 Mo

  • Dans ce numéro : la fuite ou la vie.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 2004 by Obata Takeshi and Ohba Tsugumi/SHUEISHA Inc. Intrigues et persos torturés... FOCUS SUR L’ESCAPE MANGA La violence dans le manga est un sujet polémique. Comme il ne sera pas question de faire du Ségolène Royal, nous allons questionner une tendance très en vogue actuellement dans la production japonaise  : l’association entre la violence physique et la confrontation intellectuelle, quand les personnages doivent sauver leur peau face à un antagoniste manifestement retors. Petit tour d’horizon de ces mangas qui torturent autant le cerveau du lecteur que les corps des héros. LES RÈGLES DU JEU Comment reconnaît-on un manga qui correspond à cette nouvelle famille que nous essayons dÊidentifier ? Il nous faut dÊabord un grand ordonnateur. Cet antagoniste qui maîtrise les lieux, qui possède un plan et qui sÊavère un adversaire de choix pour le ou les héros qui vont devoir lÊaffronter. Parfois même, il nÊest pas celui qui exerce la violence, tel Le Boss dans Prison Lab chez Panini Manga. Il nous faut bien entendu un enjeu mortel. Le héros, sÊil ne parvient pas à résoudre les difficultés posées par lÊordonnateur, doit risquer dÊy laisser sa peau, destin probable des héros de The Promised Neverland, publié chez Kazé (voir Zoon o 65). Il nous faut aussi une confrontation mentale. LÊidée que lÊadversaire sait que lÊopposant sait quÊil y a un piège dans la surprise du traquenard constitué. Bref, du retournement de cerveau pour les personnages comme pour les lecteurs. Qui a lu le tome 13 de Death Note voit de quoi il est question. Enfin, on va souvent retenir la notion de huis-clos, ou de lieu unique. Que ce soit lÊîle de LÊ˝le de Hozuki chez Ki-oon ou le monde virtuel de Dédale chez Doki-Doki. CÊest pour cela que nous laissons de côté les mangas qui ne sont quÊune pure question de survie, comme Battle Royale, auquel il manque la vraie dimension de bataille psychologique. DEATH NOTE RÉALISME, RÉALITÉ, FANTASTIQUE, SCIENCE-FICTION ? Le cadre global posé, parcourons les propositions qui nous sont faites. ¤ tout seigneur, tout honneur, Death Note est sans doute la référence la plus évidente, celle qui coche le plus de règles énoncées. LÊaffrontement entre Light et L puis N, fait partie des moments culte du manga. Tsugumi Oba, le scénariste, a su créer une tension toute particulière dans lÊaffrontement, à sÊarracher les cheveux pour les lecteurs. Il a su aussi, en utilisant le caractère ÿ magique Ÿ du Death Note, fournir un excellent catalyseur dÊexactions humaines. Autre manga sÊappuyant sur une dimension fantastique, The Promised Neverland. CÊest presque comme si on passait dans lÊarrière-cuisine de Ryuk, le démon de Death Note. Après plusieurs chapitres semblant nous plonger dans le réel, Kaiu Shirai et Posuka Demizu donnent à voir les ennemis et ça fait peur. Mais sans doute moins que le réalisme froid de Maman, qui risque fort de rester dans les annales des méchants de manga. CÊest de science-fiction quÊil est question dans Dédale de Takamichi. DÊun univers virtuel dans lequel deux salariées de lÊindustrie vidéo-ludique se retrouvent piégées. La réalité est partout autour dÊelle mais sonne faux tout le temps. En deux tomes passionnants, cette histoire montre quÊon peut aussi piéger des personnages et créer de la menace sans énormes effusions de sang. Takamichi met en avant lÊintelligence, lÊastuce et le non-conformisme dans un ensemble très positif. Bien moins positifs, les sentiments mis en scène dans Prison Lab. Quand une victime de harcèlement scolaire obtient la permission de torturer son bourreau, on nÊa rien de positif ni chez lÊun ni chez lÊautre. Chiho Minase en revient au quotidien le plus banal pour montrer que lÊhorreur et la manipulation peuvent sÊy cacher tout autant. Quant à LÊ˝le de Hozuki de Kei Sanbe, cette série cultive le réalisme de considérations sociales glaçantes, mais conjugué à un perpétuel questionnement sur la réalité des événements, le point de vue des enfants pouvant être soumis à quelques doutes. LÊhorreur et lÊadversité, cela peut aussi être une construction psychique personnelle. UNE INFLUENCE OCCIDENTALE SUR LE JAPON ? Lorsque lÊon sÊattarde sur la question du grand méchant à lÊfluvre dans chacun de ces mangas, on ne peut que faire un lien avec la figure du dieu courroucé, du dieu vengeur, frappant et punissant ceux qui ont dévié. Light Yagami, dans Death Note, en est lÊincarnation parfaite. Kirah, dieu de la mort, frappe pour punir les criminels et ramener les brebis égarées dans le troupeau. Cette image est nettement plus véhiculée par les religions monothéistes que par le bouddhisme ou le shintoïsme. Alors, ce pan du manga serait-il le témoin dÊune acculturation japonaise ? DÊune réaction aux cultures occidentales judéo-chrétiennes ? On peut sÊinterroger au regard du succès de ces fluvres dans nos contrées, qui semble prouver une adéquation entre ces séries et le public européen. Mais peut-être est-ce juste là un phénomène de fascination française sur une façon dÊexprimer et donner à voir la violence qui nÊexiste presque pas en local. Le slash movie, la BD gore, tout cela occupe une niche très restreinte dans la production culturelle nationale, pour laquelle un tel déchaînement de mauvais sentiments ne saurait être donné à voir. Pourtant, cÊest se priver dÊune véritable remise en question sociétale que de nombreux mangas de type survival/escape mettent savamment en scène. Prison Lab vient télescoper violemment lÊobligation de réussite qui pesa pendant longtemps sur le Japon et qui commence à sÊeffriter peu à peu. Aito Eyama incarne cet échec scolaire qui doit être écrasé par ceux qui réussissent. LÊ˝le de Hozuki vient clairement questionner la notion de classe sociale au Japon et la façon dont sont considérés les ÿ pauvres Ÿ.
by MINASE Chiho/Futabasha ¤ la manière dÊun Georges Romero qui critiquait de manière virulente la société de consommation dans ses films de zombies, la violence exacerbée de toutes ces fluvres nÊest pas exempte de fond, pour qui se donne la peine de le chercher. ESCAPE GAME ET MANGA Tâcher de se sortir des griffes dÊune figure omnisciente, ce nÊest pas réservé quÊau manga. Depuis quelques années, la France voit fleurir un nouveau concept ludique, lÊescape game. Ces espaces à thèmes placent les joueurs dans des pièces fermées qui vont soumettre leur logique à rude épreuve sÊils veulent sortir à temps. Pas de violence, mais une fois C'EST LIN JEU AUQUEL LES NOBLES Dü seIZIÈME SIÈCLE AIMAIENT.TOUER. de plus, cette figure omnisciente qui contrôle la vie des participants. Le manga sÊest emparé de cette nouvelle façon de sÊamuser de deux façons. DÊabord, en proposant des salles à thèmes. En 2017, le ÿ Heroes Dead End Program Ÿ voyait des fans de My Hero Academia se mettre dans une telle situation pour une animation ponctuelle. I am a Hero ou Detective Conan avaient connu le même traitement. Ce qui ouvre une seconde voie au manga pour suivre ce nouveau créneau  : parler dÊescape game en livre. Detective Conan a vu deux épisodes se dérouler dans la salle en question. Les éditions Glénat sont même allées plus loin en LE JEL-I 131 ! 5E- OS. PRISON LAB THE PROMISED NEVERLAND proposant depuis le 30 mai un ÿ escape book Ÿ consacré à Chi le chat ! Une forme de livre dont vous êtes le héros qui invite le joueur/lecteur à vivre une aventure avec Chi, dont il sera bien entendu lÊacteur. Si vous vous sentez prêts à lire des affrontements sanglants et psychologiques, vous voilà déjà avec une petite liste de lecture. ¤ réserver à des publics avertis. Car comme Ken le survivant dans le Club Dorothée, chaque produit culturel a son audience spécifique. Il suffit juste de ne pas se tromper au moment de choisir ses lectures. YANECK CHAREYRE LISTE DE LECTURE THE PROMISED NEVERLAND de Kaiu Shirai et Posuka Demizu, 2 tomes parus chez Kazé (en cours) DEATH NOTE de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, 13 tomes parus chez Kana (série terminée) DÉDALE de Takamichi, 2 tomes parus chez Doki-Doki (série terminée) PRISON LAB de Kantetsu et Chiho Minase, 2 tomes parus chez Panini (en cours) LÊ˝LE DE HłZUKI de Kei Sanbe, 4 tomes parus chez Ki-oon (série terminée) YAKUSOKU NO NEVERLAND 2016 by Kaiu Shirai, Posuka Demizu/SHUEISHA Inc. en bref Expo Peyo à Paris Pierre Culliford commence très tôt dans le dessin animé, mais il lui faudra plus de temps pour rejoindre les pages du journal Spirou. Il admire Hergé et les studios Disney, son travail concilie l'efficacité d'une narration sans temps mort à une grande lisibilité du dessin. Ce sont les gentils petits Schtroumpfs, créés par hasard, qui vont susciter l'enthousiasme mondial du public, au point d'éclipser les pourtant remarquables Johan et Pirlouit ainsi que Benoît Brisefer. Des toys, des dessins publicitaires, des dessins animés Hanna-Barbera, un studio formé avec de nombreux jeunes auteurs de talent (Gos, Walthéry, Wasterlain) qui prendront plus tard leur autonomie. Grâce à de nombreux originaux, l'expo rend compte de cet itinéraire exceptionnel. Centre Wallonie-Bruxelles (127- 129 rue Saint-Martin, 75004 Paris). JusquÊau 28 octobre 2018 ; 5 € JEAN-PHILIPPE RENOUX Artbook Laurent Lefeuvre Premier palier, assurant la réalisation du projet, atteint en 24h ! Ainsi a débuté la campagne Ulule de Komics Initiative afin dÊéditer un artbook consacré à Laurent Lefeuvre. LÊouvrage, disponible en juillet à un prix modique, comportera 200 pages, dimensions comic prestige, couverture cartonnée, dos toilé. Scénariste inventif et dessinateur assumant ses références américaines, Lefeuvre, depuis lÊalbum Tom et William publié chez Aire Libre, a créé ÿ un univers Ÿ auquel désormais Fox Boy se rattache. Le tome 3 sortira en 2019... Ses travaux personnels, les étapes de la création, les commandes passées par des fans, tout sera présent dans cet ouvrage ! Atelier/Workshop Laurent Lefeuvre, Komiks Initiative, 35 € VINCENT FACÉLINA Tonnerre de bulles ! n o 17 Cette publication demi-format continue ses longs entretiens avec des auteurs confirmés. Pas de rédactionnel inutile, la parole est donnée à ceux qui font les livres, ce qui permet de mieux comprendre les aléas de carrières parfois longues. Ainsi le copieux entretien avec Alain Dodier permet d'en apprendre beaucoup sur sa série Jérôme K. Jérôme Bloche. Le reste du numéro est consacré à Cordoba et à l'excellent dessinateur genevois Tom Tirabosco, qui explique sa technique du monotype (outils indispensables  : encre de linogravure, rouleau et sous-main). Yannick Bonnant présente sa revue sur de nombreux festivals BD. Les Petits Sapristains, 60 p.n&b, 6,50 € JEAN-PHILIPPE RENOUX Peyo - 2018 - Licensed through I.M.P.S. (Brussels) 5



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