Zoo n°64 jan/fév 2018
Zoo n°64 jan/fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de jan/fév 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'homme gribouillé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 zoom Journal dÊun enfant de Lune, de Joris Chamblain et Anne-Lise Nalin Du haut de ses 16 ans, Morgane est bousculée en ces vacances estivales  : elle rechigne à quitter ses copines pour déménager, sÊoccuper de son petit frère et participer à la vie familiale. Mais quand elle tombe sur un journal intime abandonné dans sa nouvelle chambre par le précédent locataire, son été prend une autre tournure. ¤ travers les mots du mystérieux Maxime, elle découvre un ado romantique, tourmenté par un mal qui entrave son quotidien  : le Xeroderma Pigmentosum lui interdit de sÊexposer à la lumière du soleil. La quête pour retrouver cet inconnu fera mûrir dÊun coup la jeune fille. Une belle histoire didactique prônant la résilience, réalisée en partenariat avec lÊassociation Enfants de la lune, qui aide les familles à apprivoiser les multiples bouleversements engendrés par cette maladie génétique. Kennes, 56 p.couleurs, 14,95 € JULIE BORDENAVE Rio, T.3, Carnaval sauvage, de Louise Garcia et Corentin Rouge Alors que le carnaval de Rio est imminent, les événements sÊaccélèrent dans cette tragédie musclée. Autour de Rubeus, le métisse albinos né dans la favela mais adopté et élevé par de riches yankees, les destins se dénouent au rythme de la samba et du claquement des mitraillettes. Des rois sont déchus tandis que dÊautres sÊavancent, comme portés par une énergie maléfique. CÊest avec souffrance que nous voyons le héros se faire manipuler, malgré toute sa farouche volonté dÊindépendance. Avec son dessin spectaculaire et ses personnages très reconnaissables, Corentin Rouge sÊest hissé parmi les meilleurs tenants du réalisme post-Giraud. Et, avec 202 planches livrées en moins de deux ans, il est un des plus efficaces ! Glénat, 80 p.couleurs, 17,50 € VLADIMIR LECOINTRE Les Fous, T.2, de Marc Chalvin Marc Chalvin nous gâte dÊune nouvelle fournée de strips des Fous. Ces deux compères hilares et lunaires internés en hôpital psychiatrique sÊamusent encore et toujours à rendre chèvre leur infirmier préféré, bouc émissaire en série, et bravent sans mal toutes les lois physiques censées régir ce monde. Dessinateur attitré de la série de livres ÿ pour les nuls Ÿ, Marc Chalvin joue avec les codes de la bande dessinée et le polymorphisme de ses deux insaisissables héros, saupoudrant le tout de poésie rigolarde afin dÊôter systématiquement queue et tête à toute situation. Comicstrip !, 88 p.couleurs, 9 € MAJESTIC GÉRARD Cosey/LE LOMBARD Nous y retrouvons un personnage posé, enjoué, qui reçoit ces honneurs avec une certaine fierté, mais aussi avec une parfaite lucidité face à cette Angoulême 2 018 COSEY  : un lecteur président du Festival d’Angoulême C’est symbolique. Le Grand Prix 2017 d’Angoulême nous reçoit dans la cafétéria du Musée Guimet à Paris, le musée national des arts asiatiques, un espace zen comme un album de Jonathan… Il est sur le chemin d’Angoulême où une grande exposition rétrospective d’une centaine d’œuvres et documents l’attend dans les vénérables caves de l’Hôtel Saint-Simon. ¤ LA RECHERCHE DE PETER PAN récente écume médiatique. Sa plus grande satisfaction ? Celle dÊavoir été distingué par ses pairs. Et aussi, à 67 ans, dÊavoir lÊimpression de rester encore innovant, de pouvoir se donner des défis, comme il le prouve dans son dernier album, Calypso (éditions Futuropolis), où il arpente le noir et blanc sur des sommets inégalés. Il parle peu, brièvement, jamais enivré de ses mots, tout simplement parce quÊentre le Tibet et la Suisse, il connaît la beauté du silence. Dans la vie comme dans ses dessins, Cosey aime la musique, pas le bruit. Rencontre. En raison de votre Grand Prix, le Festival dÊAngoulême vous offre une grande exposition. Rétrospectivement, quel regard portez-vous sur votre parcours ? Cosey  : LÊexposition montre quelquesunes de ces planches que jÊai réalisées avant même dÊêtre publié. Honnêtement, si jÊavais vu à mes débuts les albums que jÊai réalisés aujourdÊhui, cela paraît prétentieux de dire cela, jÊaurais été épaté dÊen être arrivé là, je ne lÊaurais jamais cru. ¤ quel moment vous êtes-vous dit  : ÿ - Ça y est, jÊai trouvé mon style ! Ÿ ? Au moment où jÊai compris quÊil fallait que jÊapporte quelque chose que les autres – y compris ceux qui dessinaient beaucoup mieux que moi – ne savaient pas faire. Ça a été le tournant.
Cosey/FUTUROPOLIS Il y a un élément qui est commun à tous vos ouvrages, cÊest le voyage. Il y a toujours quelque chose dÊinitiatique⁄ Oui, il y a le refus dÊêtre enfermé tout de suite dans les stéréotypes, et le voyage, peut-être, est un moyen de faire des découvertes, dÊaiguiser le regard. On peut aiguiser son regard en restant au même endroit, mais cÊest plus facile en voyageant. En 40 ans, il nÊy a pas que vous qui avez évolué. La bande dessinée aussi⁄ Vous êtes passé dÊune bande CALYPSO Angoulême 2 018 Didier Pasamonik - novembre 2017 dessinée formatée, commerciale, avec des héros, à des ouvrages plus ambitieux. Vous étiez un de ces hérauts qui voulaient faire tout bouger ? Non, je nÊai jamais souffert de cet environnement. Je me sentais parfois un peu isolé dans le journal Tintin, jÊavais lÊimpression que je faisais quelque chose dÊun peu différent des autres, mais je nÊen ai pas souffert non plus. On me demandait parfois de changer lÊune ou lÊautre petite chose, mais ils mÊont incroyablement fichu la paix après quelques albums. Le passage chez Dupuis a été une façon de tourner le dos à cette bande dessinée ultra-classique qui accompagnait vos débuts ? Plus que Dupuis  : Aire Libre. CÊétait une collection lancée par Philippe Vandooren. CÊétaient les premiers romans graphiques de cet éditeur. JÊai été content dÊinaugurer cette nouvelle collection. CÊétait une nouvelle façon de raconter, plus contemplative. On voit bien dÊoù cela vient  : de Pratt⁄ Oh oui ! Et puis aussi Derib qui faisait pareil, Claude Auclair, Mflbius, Druillet qui faisait éclater les pages. Je vais en oublier⁄ CÊétait un mouvement général auquel jÊai participé un peu timidement depuis ma Suisse natale, avec ce que je ressentais. Nous étions un peu isolés, nous avions du recul par rapport aux vagues, au côté branché de Paris ou de Bruxelles. On vous sent très connaisseur de la production contemporaine de la bande dessinée, dÊauteurs comme Davodeau, Larcenet, LÊAssociation dont vous avez été un observateur passionné apparemment⁄ Tout à fait. On pourrait aussi citer Chris Ware, chacun dans son style⁄ Parce que je reste un lecteur, je suis passionné par cela, et puis cela mÊinspire, comme quand jÊai découvert Pratt à 15 ans. En voyant un Larcenet, je vois que tout est encore possible, on peut encore révolutionner⁄ Au point de se sentir dépassé par cette nouvelle génération ? Dépassé ? Non. Ils font leur truc, moi le mien. Chacun dÊeux  : ce nÊest pas une génération, ce sont des individus. Et je suis un autre individu, inspiré par eux. Comment sÊest fait Calypso, votre dernier album ? Pourquoi chez Futuropolis ? JÊai pensé que cÊétait lÊéditeur idéal pour un album en noir et blanc. Au Lombard, cela aurait eu lÊallure dÊun album qui coûte moins cher parce quÊil nÊy aurait pas la couleur. Or, ce nÊétait pas du tout cela, il y avait vraiment lÊenvie de travailler le noir et blanc. JÊai retrouvé Claude Gendrot et Sébastien Gnaedig avec qui jÊavais travaillé chez Dupuis pour Aire Libre. Et puis, ce qui me plaît chez un éditeur, ce sont les autres auteurs présents au catalogue. Chez Futuropolis, je JONATHAN retrouvais Jean-Claude Denis, Baru, Gibrat, Muñoz⁄ je vais en oublier, cÊest terrible ! Est-ce que vous vous considérez comme un auteur littéraire ? Non, car jÊaime la bande dessinée et je veux être un auteur de BD. La bande dessinée peut avoir des qualités littéraires mais jÊessaie de ne me référer ni au cinéma, ni à la littérature, ni à la peinture parce que je trouve que la BD a sa valeur propre. Sa spécificité, cÊest la narration par les images, vous le savez bien. Et pourtant là, dans votre dernier album, Calypso, la référence au cinéma est patente⁄ Je ne cherche pas à faire du cinéma, je fais de la bande dessinée. On peut sans doute en tirer des films, mais je ne cherche pas cela. CÊest une histoire qui se passe en Suisse alors que vous avez tant fait voyager vos personnages. Vos personnages ont un certain âge... Il y a un peu plus de vous dans cet album-là ? Tous mes albums, tous mes personnages ne parlent que de moi, cÊest terrible, mais je me soigne, rassurezvous. Eh bien, oui, jÊai plus de 60 ans, il est normal que jÊaborde ces choses-là⁄ La star déchue, cÊest vous ? Ça non, je nÊai jamais été ni star, ni femme, ni déchu. Comme toujours, ce sont des éléments, les pièces dÊun puzzle que je recompose. Dans Calypso, cÊest un ami dÊenfance qui a toujours été mon premier lecteur qui mÊa donné lÊidée de base  : une ancienne star, déchue, addict, qui découvre quÊelle se fait escroquer et qui imagine, pour récupérer son argent, organiser un faux kidnapping. Elle demande à son ex-petit copain de faire cela. Mon ami imaginait placer cette histoire aux États-Unis. Mais les stations-service perdues dans le désert avec un bar, on en a vu tellement au cinéma. Il y en a plein en bande dessinée et en littérature. Et puis jÊavais dessiné Orchidea dans ce décor-là. JÊai trouvé que ce serait plus amusant de situer cette histoire en Suisse. Et puis pourquoi pas en noir et blanc pour la distinguer de ¤ la recherche de Peter Pan⁄ Nous nous trouvons dans le Musée Guimet. Cet endroit vous parle particulièrement ? Ce qui me plaît dans lÊart asiatique, cÊest la simplicité et surtout la stylisation. Chaque muscle, chaque drapé est stylisé, jÊadore cela. Simplicité, stylisation⁄ On a lÊimpression que vous parlez de votre dessin⁄ JÊaimerais bien que vous disiez vrai ! PROPOS RECUEILLIS PAR DIDIER PASAMONIK COSEY, UNE QU¯TE DE LÊÉPURE exposition visible du 25 au 28 janvier 2018 à lÊHôtel Saint-Simon, Angoulême Cosey/LE LOMBARD 7



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