Zoo n°64 jan/fév 2018
Zoo n°64 jan/fév 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°64 de jan/fév 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,4 Mo

  • Dans ce numéro : l'homme gribouillé.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 zoom Jamais, de Bruno Duhamel CÊest en sÊinspirant dÊune implacable fatalité géologique – lÊérosion des falaises de Normandie – que Bruno Duhamel tisse son récit  : Jamais, ou lÊhistoire dÊune ténacité, dÊun romantisme fou mais aussi dÊune réalité toute pragmatique. Marguerite, vieille dame aveugle, tient à vivre ses derniers jours dans sa maison perchée du bout du monde, contre lÊarrogance du maire qui veut lÊen expulser. LÊauteur confesse des clins dÊflil à Astérix, comme à Michel Audiard, dans lÊévocation de cette résistance joyeuse. Il ne manque rien dans les décors – de Troumesnil, inspirée de Quiberville, la ville natale de lÊauteur – à la vertigineuse Côte dÊAlbatre, ses embruns et ses mouettes, en passant par lÊintérieur de Marguerite, charriant les souvenirs dÊune vie. Un récit poignant, truculent, dÊune infinie délicatesse. Grand Angle, 64 p.couleurs, 15,90 € JULIE BORDENAVE Oliver & Peter, T.2, de Philippe Pelaez et Cinzia Di Felice Et si Oliver Twist et Peter Pan croisaient Jack lÊéventreur et HG Wells ? CÊest autour de ce pari que se construit cette série publiée en financement participatif. LÊalbum marche sur un fil ténu, magistralement arpenté par Régis Loisel auparavant. Difficile de trouver sa voie face à un tel précédent. Mais le scénario, jouant sur les relations fraternelles, parvient à trouver sa propre identité. Il faut toutefois avoir une petite connaissance des grands classiques de la littérature pour tout appréhender. La dessinatrice Cinzia Di Felice livre une jolie prestation qui demande encore de la maturation, mais promet un beau potentiel pour lÊavenir. Sandawe, 64 p.couleurs, PNC YANECK CHAREYRE Le navire qui tue ses capitaines, de Tillieux et Follet L'occupation nazie de la Belgique entraîne l'interdiction de la traduction d'fluvres anglosaxonnes, ce qui favorise les productions nationales. Officier de marine, le jeune Maurice Tillieux échappe de peu au STO vers les usines allemandes, et rédige un roman publié en 1943. Il concilie son goût pour la mer avec sa passion pour les énigmes et l'aventure, mais Bob Bang, un peu avant Félix, le précurseur de Gil Jourdan, apparaîtront un peu plus tard. C'est la première fois depuis sa parution que ce roman est réimprimé, avec 16 illustrations pleines pages de René Follet, le dessinateur de SOS Bagarreur. Éd. de l'Élan, 112 p.n&b et coul., 29 € JEAN-PHILIPPE RENOUX Benoît Peeters a une vie bien remplie. Étudiant de lÊÉcole Pratique des Hautes Études à Paris, élève de Roland Barthes puis de Christian Metz, il a écrit plusieurs romans, travaillé en librairie, avant de se lancer dans la bande dessinée comme théoricien, auteur et éditeur. SÊil a varié les disciplines et les médias, il a été habité assez tôt par un goût prononcé pour la cuisine, dégustant avec gourmandise celle de grands chefs et préparant avec ferveur des plats élaborés. QUAND PEETERS (SE) CUISINE En parlant de sa passion pour la cuisine, des circonstances qui lÊont faite naître puis croître, de ses différentes manifestations et de ce qui lÊa accompagnée, Benoît Peeters se livre. Il nous ouvre ainsi une partie de sa vie, nous invitant à le suivre au fil de son parcours intellectuel, affectif et culinaire, exposant les pensées et actions qui lÊont animé, permettant de saisir comment elles ont été déterminantes pour sa construction personnelle et pour son art. Si la démarche est sympathique et généreuse, ces pages semblent dÊabord surtout anecdotiques. Cette sensation est accentuée par le dessin ici un peu trop sage dÊAurélia Aurita, celle-ci paraissant intimidée par la tâche qui lui est confiée. Mais au fil des pages et de la description du parcours du scénariste des Cités obscures, le témoignage sÊenrichit, la chronique sÊépaissit et gagne en profondeur. LÊune de ses grandes forces est de rendre visible lÊémotion transmise par la cuisine, par le plaisir de lÊeffectuer comme par celui de la manger. Nous comprenons alors à quel point Peeters attend des mets quÊils soient aussi fins et raffinés que les fluvres intellectuelles et artistiques qui le nourrissent et lÊémeuvent. 011,TuFAiS UN CAKE ! TE ? Eu X G-orfTER. PAIE" ? Actu B d L’ART SE MET À TABLE Avec Comme un chef, Benoît Peeters et Aurélia Aurita mettent en lumière la passion du premier pour l’art culinaire. Après un démarrage un peu long, cet album se révèle passionnant et touchant. Peeters et Aurita/CASTERMAN Gr WIA 151 ft-Drtt4h0), CAjeii" 1,%*- C4-nrer&, LA CUISINE, ÉLOGE DE LA RENCONTRE Parmi les moments les plus impressionnants et touchants de cet ouvrage, la description de repas dans des restaurants fameux ou en passe de le devenir. Il en va ainsi de celui au Vivarois où Claude Peyrot, cuisinier et propriétaire des lieux, fait apporter des plats que Benoît Peeters et sa compagne nÊont pas commandés, les leur offrant car il a constaté que la cuisine les intéressait véritablement. De même, Peeters rencontre à plusieurs reprises Willy Slawinski, chef qui, habituellement, ne sort pas de ses cuisines. Il en résulte une séquence très forte, bouleversante. Enfin, ayant la chance dÊêtre lÊun des derniers clients du restaurant El Bulli avant sa fermeture, Peeters tombe sous le charme de la cuisine de Ferran Adrià. Les pages consacrées à ces trois chefs sont magnifiques et rendent particulièrement palpable lÊensemble du propos  : la cuisine sÊy affirme comme un art majeur, poétique, qui lie instinct et intellect, tripes et cerveau. Comme le scénario, le dessin dÊAurélia Aurita se libère peu à peu et gagne en intensité. LÊune de ses belles trouvailles réside dans la coexistence entre le noir et blanc et la couleur, cette dernière étant principalement réservée aux seuls ingrédients et plats. Enfin, à lÊinstar des films qui, avec brio, immergent le spectateur dans les coulisses de la grande cuisine, Comme un chef ne manque pas dÊéveiller les sens du lecteur et de le mettre en appétit. BORIS HENRY COMME UN CHEF de Benoît Peeters et Aurélia Aurita, Casterman, coll. Écritures, 216 p.couleurs, 18,95 € Peeters et Aurita/CASTERMAN
AUTO-(SCIENCE-)FICTION Appréhender l’œuvre et l’imaginaire d’un maître de la BD peut se tenter à travers la lecture d’un ouvrage biographique. Mais n’estce pas finalement paradoxal de faire appel à des faits rébarbatifs pour rendre compte d’univers basés sur les sensations ? MONDE EXTÉRIEUR Depuis quelques années les hommages à Jack Kirby se multiplient sur les rayonnages et même à la télévision. DÊautres dessinateurs de comics ont droit, eux aussi, à leur biographie déclinée sous de multiples façons. Chacun y va de son analyse, de ses anecdotes et de ses souvenirs, comme si lÊimportant nÊétait pas dÊinstruire mais de faire la démonstration que lÊon sait mieux que nÊimporte qui ; quÊon est héritier testamentaire du trait, de la vie et de la pensée de ces maîtres. La plupart du temps, ces ouvrages se bornent à relater la généalogie de lÊfluvre et de lÊillustrer en passant à côté de lÊessentiel qui lui, se situe davantage dans les impressions. MONDES INTÉRIEURS Dans Memorabilia de Sergio Ponchione, lÊauteur fait état de lÊintimité qui le lie aux narrations de SteveDitko, Jack Kirby, Wallace Wood, Richard Corben et dÊautres. Il invente pour cela des dialogues avec des interlocuteurs à qui il confie quelques clefs propres à ces univers graphiques. Ponchionne évoque lÊivresse créative des uns, la folie des autres ou lÊimperméabilité de leur univers à la réalité. LÊauteur termine par ceux qui, au contraire, sÊappuient sur dÊinfimes détails du quotidien pour broder ou se modeler leur monde et ceux qui les hantent. Cette exploration se fait au gré des styles ou des particularismes des noms cités plus haut, auxquels le dessinateur italien sert en fin de compte de creuset. LÊintelligence de ce dernier consiste à donner des directions au lecteur plutôt que dévoiler les vérités ou les recettes de ces génies de la bande dessinée américaine. On sÊimprègne de mondes, on devine des possibilités ou des manières dÊêtre, sans rien ôter du mystère lié à la création. Et cÊest tant mieux. KAMIL PLEJWALTZSKY MEMORABILIA de Sergio Ponchione, Ici Même, 56 p.couleurs, 19 € Actu B d Sergio Ponchione/ICI MÊME Pub] icfté\ble'Vvee- vo, are-rie ? g CO uticoute et Suivez-nous sur @bdkidseditions erremzeKIDS sur www.bd- A 6 AN5 Retrouvez.vos héros en et au ANGOULÊME F. EST'v ia DESSICE BD KIDS DES 6 ANS 33



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