Zoo n°63H6 nov/déc 2017
Zoo n°63H6 nov/déc 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°63H6 de nov/déc 2017

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Arcadia Media

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,7 Mo

  • Dans ce numéro : se barre à Zanzibar.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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44 Mieux vaut éviter de sortir sous la pluie ces temps-ci. Primo, vous nÊavez pas vos bottes et vous risquez de glisser, secundo un tueur en série porteur dÊun énigmatique masque de grenouille pourrait vous transformer en amas sanguinolent sibyllin. Sacré casse-tête pour la police japonaise qui retrouve régulièrement des corps mutilés avec une cruauté somme toute très inventive. Les autorités sont aux abois mais le modus operandi de lÊassassin leur échappe totalement. Il fait pourtant preuve de gentillesse en leur laissant systématiquement un petit mot. Nishino et Sawamura, les deux enquêteurs sur le coup, devront se contenter de ces maigres indices pour mettre fin à la boucherie. IL PLEUT IL MOUILLE… Museum reprend jouissivement la recette de Seven, le long métrage de David Fincher sorti en 1996. Un tueur insaisissable et mystérieux, des meurtres porteurs de sens (du moins dans la tête du criminel) et une mise en scène du châtiment qui fait tout le sel de ce thriller rapide et efficace. Bouclé en trois tomes, ce récit ne se limite pas à ce schéma dÊexhumation morbide quÊil met en place uniquement pour le dévier. Si les meurtres sont en effet un - I M angas & A sie LES AUTRES Publié à la fois en grand format dans la collection Pika graphic et en petit format plus classique, l’enquête endiablée de Museum, killing in the rain, par Ryosuke Tomoe se conclut déjà. Le lecteur y trouvera-t-il son compte ? Oui. MUSEUM Ryosuke TOMOE/Kodansha Ltd. Une collection PAS COMME point de départ marquant, ils laissent ensuite place à la déchéance dÊun flic trop impliqué pour tourner enfin vers une torture psychologique diabolique et, avouons-le, très plaisante. LÊesprit définitivement mal tourné du meurtrier est un moteur dÊapothéoses diverses distillées tout au long de lÊintrigue. ¤ lÊinverse, lÊauteur enrobe la psyché simpliste de son personnage principal dÊune patine érosive à effet accéléré. Le chevalier blanc sÊeffondre à vitesse grand V. SÊécartant du sacro-saint ÿ droit chemin Ÿ, il représentera pour lÊoccasion toute la précarité humaine, abandonnant lÊidéal de justice pour sÊengouffrer à corps perdu dans celui de la vengeance. I’M KILLING IN THE RAIN, JUST KILLING IN THE RAIN Ryosuke Tomoe a très bien digéré les ficelles du thriller et mélange ses influences en étapes délibérément distinctes, un tome amenant invariablement un éclairage différent. Le choix dÊun graphisme clair, presque lumineux, lisse mais précis, qui destine le crasseux et le glauque visuel aux événements réellement impactants, ajoute au malaise final. LÊenvironnement immédiat de Sawamura est propice à déliquescence, annonciateur de sa descente aux enfers. Sa vision du monde sÊaltère, dans une tourmente psychologique qui lui reste propre, cachée au lecteur, sans autre effet stylistique que son laisser-aller physique. LÊauteur trifouille dans les tréfonds et utilise la mort comme une excuse, cherchant à travailler la fragilité. LÊenquêteur, parangon idéalisé du Bien est rabaissé au rang dÊhomme du commun, puis à lÊétat de bête instinctive. Il lui faudra surmonter cet état pour finalement triompher, si triomphe il y a. De la bureaucratie à la vendetta intime, le point de vue se rétrécit à mesure que la capacité de réflexion de Sawamura sÊétiole. Tout le propos de cette série sera alors de découvrir si lÊHomme peut dépasser sa condition de bête, état toujours latent, camouflé, étouffé par le substrat social. PAS D’ÉCLAIRCIE À PRÉVOIR On retrouve dans ce récit tous les éléments du tueur dÊexception, dont le portrait rappelle allègrement les plus sombres fantasmes meurtriers dépeints dans une foultitude de séries américaines. Si la révélation de lÊidentité de lÊassassin est une péripétie attendue qui ne peut fatalement se résoudre sans lÊintervention des personnages principaux, libre au lecteur dÊenvisager les motivations et spécificités du meurtrier en cours de route. DÊailleurs, il est conseillé au dit lecteur de garder un flil ouvert et un esprit alerte. Qui sait ce que lui réserve le récit. Un peu de curiosité sera quoi quÊil en soit bien récompensée. ALEX MÉTAIS MUSEUM, T. 3 de Ryôsuke Tomoe, Pika, 240 p.n&b, 8,05 € MUSEUM Ryosuke TOMOE/Kodansha Ltd.
7717 M angas & A sie zoom DOUCEUR FANTASTIQUE üN PARFAIT PETIT FAMILIER DE SOFZCIEFilE. AHREGARDE, ELLE Fer LA Fi IDE. ELLE EST GÉNIALE, Dis DONC-. Avec l’essoufflement du marché du manga en France et les licences des blockbusters de plus en plus compliquées à acquérir, les éditeurs français se tournent aujourd’hui vers des genres plus variés, pour le plus grand bonheur des lecteurs. C’est donc vers le style « tranche de vie » que nobi nobi ! s’est tourné avec Flying Witch, dont le volume 4 est sorti le 4 octobre. ÀlÊâge de 15 ans, les sorcières sont considérées comme majeures et doivent donc quitter le foyer familial pour parfaire leur apprentissage et découvrir le monde. Makoto nÊéchappe pas à cette règle. Cependant, comme elle fait encore parfois preuve dÊimmaturité, ses parents ont choisi de lÊenvoyer chez ses cousins, Kei et Chinatsu. Elle arrive donc à Aomori, dans la région du Tohoku, au nord-est du Japon, en fin dÊhiver. Car Flying Witch ne prend pas place dans un univers de fantasy, mais bien dans ÿ notre Ÿ monde. Dans cette région où la nature est encore largement préservée, Makoto va développer ses compétences en botanique, sorts dÊapparition et archéologie magique, tout en allant au lycée du coin et en faisant des trucs de jeune femme standard, comme sortir se balader avec ses amis, aller au café ou apprendre à cuisiner. Car si le fantastique est omniprésent – ne serait-ce que parce que Makoto est une sorcière – Flying Witch reste un manga ÿ tranche de vie Ÿ. Les protagonistes font donc face à des situations relativement ordinaires. LA MAGIE AU QUOTIDIEN Il sÊagit du tout premier manga de Chihiro Ishizuka. Et cÊest une réussite  : lÊauteur parvient à équilibrer quotidien banal et sorcellerie de manière cohérente. Plus que le récit au jour le jour de la vie dÊune apprentie sorcière, Flying Witch est un manga sur une adolescente japonaise qui se trouve posséder des pouvoirs magiques. DÊun point de vue graphique, Ishizuka a opté pour un trait simple et agréable, qui sied bien à lÊhistoire quÊelle nous raconte. LÊutilisation limitée des tramages – qui rendraient le dessin plus dense et compliqué à lire – renforce le sentiment de quiétude de ce quotidien magique. Surtout, lÊauteur rend hommage à Aomori, en retranscrivant les paysages luxuriants de la région. En somme, Flying Witch évoque à de nombreux égards le manga Yotsuba& – toute dimension magique mise à part, évidemment. On recommandera donc chaudement cette série à toute personne voulant faire une pause divertissante plus contemplative, entre deux mangas dÊaction. THOMAS HAJDUKOWICZ FLYING WITCH, T.4 de Chihiro Ishizuka, nobi nobi !, 192 p.n&b, 6,95 € Flying Witch Chihiro Ishizuka/Kodansha Ltd. Pygmalion, T.3, de Chihiro Watanabe LÊannée nous a bien gâtés en séries courtes et efficaces. Komikku en remet une couche avec Pygmalion. LÊune des nombreuses lubies du Japon, les mascottes toutes mignonnes, ouvre la porte à un massacre à lÊéchelle du pays lorsque celles-ci, génétiquement modifiées pour en faire une nouvelle forme de vie, décident de sÊadonner à leurs pires pulsions. Le chaos ambiant inhérent au déchaînement de violence initié par toute invasion de bestioles immortelles et surpuissantes se lie ici à une intrigue express dans un mélange bien équilibré. LÊauteur aurait pu diluer la vinaigrette dans une tripotée de tomes. Il préfère la conclure en triptyque et ça fait un bien fou. Komikku, 208 p.n&b, 7,90 € ALEX MÉTAIS Château Narumi, T.2, de Tomomi Satô Alors que Les Gouttes de Dieu se perdent en spin-off et en fantasmes dÊimprobables dégustations, Château Narumi nous remet un peu les pieds sur terre, ou plutôt dans la gadoue du vignoble. Exit les grands crus inatteignables, cÊest à la réalité du travail de la vigne que la très (trop ?) courte série sÊattaque. Quand on affronte des éléments dont la moindre variation peut tout gâcher ou des bêtes dont la survie passe par la dégradation de votre travail, il faut être prosaïque. Que demande un bon vin ? Comment le produire ? Quelles sont les contraintes des petits producteurs ? Rappelonsnous que, derrière cette passion parfois dévorante, il y a un dur labeur. Komikku, 192 p.n&b, 8,50 € AM La Fillette au drapeau blanc, de Saya Miyauchi La guerre, cÊest terrible. Le savoir est une chose, lÊexpérimenter, une toute autre. Saya Miyauchi nous fait vivre par procuration la vie des habitants dÊOkinawa durant la conquête de lÊîle par les Américains durant la Seconde Guerre mondiale. Il le fait par lÊentremise dÊune réelle survivante, une enfant prise en photo par un soldat américain lorsquÊelle fut retrouvée seule. LÊauteur raconte tout ce qui sÊest passé avant. La leçon est terrible de violence mais pourtant emplie dÊune ode à la vie qui fait beaucoup de bien. Rien ne nous est épargné des massacres, il est important de ne jamais oublier ce quÊest la guerre. Un manga coup de poing, mais un manga référence. Akata, 192 p.n&b, 7,95 € YANECK CHAREYRE 45



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